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Remplacement du français par l’anglais à l’université

La fausse bonne idée de Tayeb Bouzid

Il est inimaginable pour quiconque que l’on puisse balayer aussi aisément l’ancrage de la langue française de notre société.

La question n’en finit pas de donner matière à controverse! Gommer les traces de Molière pour poser l’empreinte de Shakespeare dans les facultés algériennes, tel est le projet tant inopiné qu’improbable du ministre de l’Enseignement supérieur, Tayeb Bouzid !
Une idée discutable à tous les niveaux, qui plus est, clairement influencée par des milieux tout aussi douteux. Il est inimaginable pour quiconque que l’on puisse balayer aussi aisément l’ancrage de la langue française de notre société. Ceci est un fait que nul ne peut contester. N’est-ce pas ce «butin de guerre» qui a donné naissance aux plumes les plus incisives de la littérature algérienne et leur a permis de rendre les plus vibrants hommages à l’Algérie, depuis la guerre de Libération nationale à ce jour ? N’est-ce pas grâce à des chefs-d’œuvre littéraires algériens que des Français ont pu saisir l’impact de la guerre d’Algérie et ses visées? D’autant plus que culturellement, nous sommes plus proches du français que de l’anglais. Nous interagissons quotidiennement en français sur des sujets qui concernent notre pays.
Les médias francophones composent une grande partie du paysage médiatique, les documents d’état civil et officiels sont en partie rédigés en français et ce, depuis toujours !! Apprendre une nouvelle langue ne doit nullement impliquer le rejet d’une autre.
Un tel geste serait perçu comme un rejet du savoir. Comme il est de notoriété publique, parler plusieurs langues améliore les capacités cognitives de l’être humain. Introduire l’anglais dans le cursus scolaire des élèves algériens serait salutaire, mais pourquoi cette obsession de supprimer le français à tout prix, sous prétexte qu’elle est le «stigmate» du colonialisme. Voici d’ailleurs, une «belle» manière, usée habilement par ce ministre dans le but de rallier le plus de monde à sa cause. Cause perdue d’avance comme l’ont fait observer de nombreux observateurs. L’on se demande par ailleurs, quelle légitimité s’accorde un ministre qui détient une responsabilité «éphémère» à la tête de ce département, d’entreprendre une initiative de ce type. Car, les conséquences n’en seront que plus préjudiciables au sein des facultés du pays. Notons que Tayeb Bouzid est titulaire d’un diplôme obtenu à l’université de Washington (Etats-Unis), ce qui a sans doute fait naître en lui ce désir de «révolutionner» l’université algérienne. Mais a-t-il pensé une seule seconde aux difficultés auxquelles devront se confronter les étudiants si l’on venait à introduire l’anglais dont la majorité n’a que de vagues notions ? Tout ça, pour compenser une espèce de vieux «complexe» vis-à-vis de ce que représente le français. Dans un contexte pareil, l’urgence réside-t-elle dans le changement de la langue d’enseignement à l’université ? Tayeb Bouzid a-t-il des propositions plus pertinentes à soumettre pour remédier aux graves défaillances qui marquent les facultés algériennes, depuis des années maintenant ? En attendant, le processus de substitution du français par l’anglais dans le cursus universitaire algérien est engagé.
Le responsable du secteur, décidé à mener à bien son dessein, a ordonné aux responsables, l’usage de l’arabe et de l’anglais dans les en-têtes de tous les documents officiels (diplômes, relevés de notes, affichages, courriers).
Les réserves exprimées par les universitaires eux-mêmes quant à la faisabilité de la chose, n’ont manifestement pas influencé les promoteurs de ce projet, dans leur décision.
Pour nombre de professeurs à l’université, ce n’est pas le fait de vouloir introduire l’anglais qui est problématique.
D’après eux, une démarche du genre doit reposer sur des normes spécifiques, comme par exemple le lancement d’un projet pilote permettant de mesurer la viabilité de cette idée. Et, si oui, un travail sur le long terme devra par la suite, être engagé.
Pour rappel, Tayeb Bouzid, avait lancé un sondage en ligne pour avoir l’avis des étudiants sur la faisabilité de la chose.
Commentant les résultats dudit sondage, ce dernier avait affirmé sur sa page Facebook officielle qu’un « échantillon de 33.000 personnes a été sondé, avec une réponse favorable représentant 95,2% des voix exprimées, alors que seulement 4,8% des étudiants participants à cette consultation se disent opposés à ce changement ». Soulignons que les normes de ce sondage demeurent ambiguës et donc pas très fiables.

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