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Nadia Chouitem, membre de la direction du PT, députée démissionnaire, à L’Expression

«La révolution triomphera»

Elle considère que la consécration de la souveraineté populaire est le seul moyen de sortie de crise. Dans cet entretien qu’elle a accordé à L’Expression, cette députée démissionnaire estime que, faire croire que ce système puisse se réformer c’est tenter de tromper les masses populaires.

L’Expression : Le Mouvement populaire entame son cinquième mois de manifestations, quel constat tirez- vous? Allons-nous passer l’été dans la rue?
Nadia Chouitem: Nous sommes dans un authentique processus révolutionnaire et populaire. La mobilisation est ininterrompue et nul ne sait combien ça durera. Nous pensons, au Parti des travailleurs que ça ira jusqu’à la réalisation de l’objectif principal posé par l’immense majorité, à savoir le départ définitif du système et la matérialisation de la souveraineté populaire. Jamais depuis l’indépendance, la question du pouvoir et de la souveraineté populaire n’a été posée avec une telle puissance.

Le président de l’APN vient de démissionner, peut-on considérer que c’est une victoire du Mouvement populaire?
C’est un non- événement en réalité et les citoyens demandent le départ de toutes les institutions du système: dissolution du Parlement et démission du gouvernement et du chef de l’Etat.

Y a-t-il un danger sur le Mouvement populaire avec la multiplication des arrestations ?
Le 9 mai dernier, nous avons déclaré que la détention de Louisa Hanoune, secrétaire générale du parti, était un tournant et ouvrait une nouvelle étape. Elle est en prison pour son action politique. Il s’agit de criminalisation de l’action politique. Ça a été le pas gravissime. Et depuis, des dizaines de manifestants sont jetés en prison pour avoir manifesté ou brandi l’emblème de tamazight et parfois juste pour avoir mis un pin’s. L’arrestation de l’un des chefs historiques de la guerre de Libération nationale, Lakhdar Bourregaâ pour ses opinions est également inadmissible. Tout cela avec une escalade répressive, fermeture de l’accès à Alger les vendredis, fermeture des médias aux voix libres, tentatives de diviser les rangs en jouant sur la question identitaire... etc. cela n’a fait que renforcer l’unité du peuple et sa détermination, le caractère pacifique est préservé. Ces pratiques n’ont servi finalement qu’à démontrer la nature répressive du pouvoir, à discréditer ses appels au dialogue et à approfondir la volonté populaire de rompre définitivement avec tout le système.
Quelle lecture faites-vous du discours du chef de l’Etat? A votre avis il a été convaincant?
Le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah s’est adressé à la nation à la veille de la célébration de la 57ème année après l’indépendance en ignorant totalement nos revendications. Il n’a proposé aucune mesure d’apaisement: ni libération des détenus ni levée de la fermeture médiatique... etc. Sa seule proposition se résume à l’imposition de l’élection présidentielle comme seule solution envisageable, c’est-à-dire le maintien du système, ignorant ainsi toutes les revendications populaires, à savoir son départ et le départ de tout le système au pouvoir. Le dialogue auquel il a appelé se réduit aux modalités d’organisation de cette élection.

Les forces démocratiques plaident pour un changement hors du système, est-ce possible? Si c’est oui, comment?
Le pacte des forces, pour une alternative démocratique est basé sur deux points essentiels: solution en dehors du système et souveraineté populaire. Et cela traduit justement les revendications fondamentales de l’immense majorité. Oui, c’est réalisable et c’est la mobilisation révolutionnaire qui le rend réalisable. Faire croire que ce système puisse se réformer c’est tenter de tromper les masses populaires.
D’abord, le rôle des partis politiques et des organisations est de formuler des propositions à même de traduire les revendications révolutionnaires et de militer pour que la parole revienne au peuple. Et il appartient à ce dernier de trancher démocratiquement et en toute souveraineté. Au PT, nous pensons que l’auto-organisation par la constitution de comités citoyens est un moyen pour débattre et formuler toutes les revendications. Ce processus aidera à dégager une Assemblée constituante comme le niveau le plus élevé en matière de démocratie représentative. Les délégués seront révocables et auront comme mandat de traduire toutes les revendications politiques, sociales, économiques et culturelles en texte fondamental, la Constitution pour jeter les bases d’un nouveau système qui reflétera la souveraineté populaire et les choix de l’immense majorité.

Peut - on croire à un changement sans l’institution militaire sachant quelle a toujours été le vrai décideur?
L’un des changements que les millions de citoyens revendiquent est justement la non- implication de l’armée dans la décision et la vie politique et la juste conformité à la Constitution en vigueur en la matière. Les citoyens le disent clairement: l’armée est au peuple, nous voulons un Etat civil et non militaire.

Les initiatives de sortie de crise se multiplient dans le fond et dans la forme, ne pensez- vous pas qu’il relève de l’impossible de parvenir à un consensus?
Il est tout à fait naturel qu’il y ait plusieurs initiatives, cela reflète le multipartisme. S’il y a consensus sur les questions liées aux intérêts suprêmes de la nation, il est normal qu’il ne puisse exister concernant la proposition de sortie de crise car tout simplement nous sommes en situation révolutionnaire où les intérêts de la majorité du peuple et d’une minorité s’affrontent. Toutefois, chaque initiative a le droit de s’exprimer et au PT nous défendons le multipartisme et la diversité mais le dernier mot revient à la majorité. Concernant la proposition d’aller directement vers la présidentielle, nous considérons au PT que cela ne servira qu’à maintenir le système et à le sauver par une manœuvre pseudo-démocratique.

Les forces démocratiques ont boycotté la rencontre du 6 juillet, peut-on connaître les raisons?
Les forces pour l’alternative démocratique ne participent pas à cette rencontre car tout simplement l’ordre du jour de cette dernière est le débat autour de l’élection présidentielle.

La scrétaire générale du parti, Louisa Hanoune, est incarcérée depuis deux mois, avez-vous des nouvelles sur son état de santé? Où en est son affaire?
Son état de santé va bien, selon ses avocats et son moral est comme d’habitude, un moral de militante, résistante et optimiste. La secrétaire générale du parti a été mise en prison pour son action politique d’ailleurs même les chefs d’inculpation le démontrent. Elle est accusée de vouloir changer le régime au moment où des millions d’Algériens exigent le changement radical du système. Quant à l’issue du processus en cours, la 2ème demande de libération a été rejetée par le tribunal militaire et la campagne pour sa libération se poursuit à l’échelle nationale et internationale. une campagne de solidarité est menée dans 80 pays par des centaines d’organisations, partis politiques, syndicats, associations, députés, élus, intellectuels, étudiants, citoyens et travailleurs.

Un dernier mot ?
Cette grandiose mobilisation du 5 juillet et du 20, vendredi, reflète la volonté du peuple algérien de parachever le processus d’indépendance nationale. C’est profond, la force est puisée de l’Histoire. Un tel mouvement puissant ne peut que triompher. Vive la révolution du 22 février.

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