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Rentrée sociale sous haute tension

Le «chaudron» de la contestation

Si toutes les rentrées sociales ont constitué une épreuve somme toute normale, celle que s’apprête à vivre l’Algérie aura un goût tout particulier.

Le secteur de L’éducation nationale constituera sans doute le baromètre de cette fièvre qui couve depuis plusieurs mois. La rentrée des classes fixée au 4 septembre
livrera les premiers échos, sinon soubresauts de la contestation qui l’a secouée de façon cyclique. Il est en effet très probable que les revendications des enseignants concernant, notamment leurs salaires, primes de zone, de rendement et de leurs conditions de travail en général reviennent au-devant de la scène, comme chaque année maintenant et de façon cyclique. La crise qui secoue l’école algérienne sur tous les plans, la surcharge des classes, le type de modèle d’enseignement, le choix des langues étrangères, le conflit ouvert qui oppose les défenseurs d’une école moderne ouverte sur le monde et les conservateurs qui veulent en faire un terreau du fondamentalisme, montrent à quel point la fracture est ouverte.
Un terreau
L’école algérienne est otage d’une idéologie conservatrice et en fait les frais sous le regard impuissant, parfois passif des pouvoirs publics. Les revendications beaucoup plus terre à terre ne peuvent occulter cette particularité qui fait courir l’école algérienne vers toutes les dérives. Ce ne sera en tout cas certainement pas la priorité des préoccupations des travailleurs de l’Education nationale qui auront beaucoup plus à cœur de défendre leur pouvoir d’achat sérieusement malmené par les récentes flambées généralisées des prix des produits de consommation. Celle qui a marqué le mois sacré du Ramadhan est encore dans toutes les mémoires. Les petites bourses ont été laminées, alors que les classes moyennes jusque-là plus ou moins épargnées en ont ressenti le poids. C’est dans cette ambiance que les syndicats fourbissent leurs armes. Les derniers échos en font état. Le Snapap, Syndicat national autonome des personnels de l’administration semble avoir pris une longueur d’avance. Il a fait des salaires son leitmotiv. Ils sont jugés trop bas. « Les travailleurs relevant du secteur public économique sont bien payés en comparaison avec ceux de la Fonction publique », a fait remarquer le chargé de communication du Snapap, Djilali Hamrani qui a assuré que le «dossier des salaires sera de nouveau rouvert avec force dès la rentrée sociale prochaine».
Un dénominateur commun pour toutes les corporations (travailleurs de la santé, de l’éducation, communaux, salariés des travaux publics, du bâtiment…). La dégradation du pouvoir d’achat, celle du cadre de vie seront inscrites sur le front social. Un front social qui s’est mis en ébullition et qui a annoncé la couleur cet été avec la fermeture de routes, après que certains citoyens ont vu leurs robinets à sec durant cet été, un des plus torrides qu’ait connu le pays.
Le bâtiment
Si toutes les rentrées sociales ont constitué une épreuve somme toute normale pour la majorité des pays, celle que s’apprête à vivre l’Algérie aura un goût tout particulier. Elle sera marquée par un mouvement de protestation qui dure depuis le 22 février. Un Hirak qui bat le pavé tous les vendredis avec comme fer de lance un mouvement estudiantin inépuisable qui lui fait écho tous les mardis. Un contexte qui a provoqué la démission de l’ex-président de la République sur fond de crise financière, héritée, certes, de l’ancien gouvernement, mais qui s’est exacerbée avec l’emprisonnement de patrons d’entreprises poursuivis pour corruption. Celles du secteur du bâtiment en souffrent terriblement. Certaines ont vu leurs comptes gelés, d’autres risquent l’asphyxie en raison de l’arrêt de leurs chantiers et de la baisse d’activité de leurs secteurs. Conséquence : 36 500 entreprises dans le secteur du Btph risquent de disparaître. Durement frappée par cette conjoncture, l’industrie de fabrication des matériaux de construction a vu sa production reculer de près de 80%. Résultat : 175 000 ouvriers du Btph sont «menacés de se retrouver sans emploi et ce, à la veille de la rentrée sociale», a mis en garde l’Association générale des travailleurs algériens. Désemparée l’Agea lance un «SOS». «Les portes du siège de l’Agea demeurent grandement ouvertes au comité de dialogue qu’est le panel de dialogue et de médiation, ainsi qu’à l’ensemble de nos partenaires publics ou privés. Il est temps de se rassembler pour l’intérêt suprême du pays», estime l’Agea. Un cri de détresse qui donne le ton d’une rentrée sociale, de tous les dangers. 

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