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Suite au mandat d’arrêt international lancé par le tribunal militaire de Blida

Le «clan nezzar» démasqué

L’ancien ministre de la Défense vient donc de faire un faux pas qui lui a coûté cher.

Khaled Nezzar a mal calculé son coup. Il s’est fait prendre à son propre piège. Le général a cru pouvoir se tirer d’affaire et tirer, du coup, son fils avec lui, en brossant dans le sens du poil. Mais son opération de «séduction» lancée, en avril dernier, en direction du commandement de l’Armée nationale n’a pas eu l’effet tant escompté. L’ancien ministre de la Défense nationale et ex-chef d’état-major fait l’objet, depuis hier, d’un mandat d’arrêt international. Son fils, Lotfi, gérant de la société Smart Link Com (SLC) et une troisième personne, Farid Benhamdine, président de la Société algérienne de pharmacie, sont également visés par des mandats d’arrêt, émis par le tribunal militaire de Blida. Les trois hommes sont accusés notamment de «complot» et d’«atteinte à l’ordre public». Des faits punis par les articles 77 et 78 du Code pénal et par l’article 284 du Code de justice militaire. Les peines encourues vont de la réclusion à temps jusqu’à la peine de mort.
Nezzar vient donc de faire un faux pas qui lui a coûté cher. L’homme qui, durant toute sa vie, a réussi à se faufiler à travers les mailles de la justice, naviguait à vue depuis l’éclatement de la révolte du 22 février dernier. Redoutant les retombées des dénonciations pour escroqueries, crimes et cyberattaques contre la révolution populaire, dont son fils et lui feront l’objet sur les réseaux sociaux dès les premières semaines du soulèvement, Khaled Nezzar va tout d’abord opter pour le retrait en annonçant la fermeture de son site «Algériepatriotique». Il pensait, dans un premier temps, éviter la colère de la hiérarchie militaire qu’il avait malmenée, trois ans auparavant, en réagissant au débat sur le projet de loi sur l’obligation de réserve des militaires. La stratégie du général va changer quelques jours après et il décide de se lancer dans une opération de charme envers l’ANP et son commandement en révélant sur son site, ressuscité dans la précipitation, les auteurs du «complot», dénoncés depuis le début par le chef d’état-major. Sous le titre «Saïd Bouteflika, Chakib Khelil, Nicolas Beau : Khaled Nezzar s’exprime et révèle», le général va raconter sa rencontre avec Saïd Bouteflika, frère de l’ex-président de la République, qui lui aurait demandé des conseils pour mettre fin au soulèvement populaire. Il lui aurait également fait l’aveu de son intention d’instaurer un Etat de siège et de limoger Ahmed Gaïd Salah. Ces révélations de la dernière minute vont venir appuyer les informations qui circulaient, en ce moment-là, sur la tenue de réunions secrètes entre les ex-chefs du DRS, le frère du président et d’autres parties visant à déstabiliser le commandement de l’ANP et le pays. Le timing ne pouvait donc être mieux choisi. D’ailleurs, Saïd Bouteflika, Toufik et Tartag vont être arrêtés dans les jours qui suivent l’apparition de ce témoignage. Pour montrer sa bonne «foi», Nezzar va faire mieux. Il va confirmer ses dires devant le Tribunal militaire de Blida d’où il en ressortira libre. A-t-il sauvé sa peau et celle de son fils pour autant ? Non et il le comprendra très vite en voyant que l’enquête ouverte sur la société SLC allait finir par emporter son fils Lotfi et l’atteindre. Lotfi Nezzar aurait transféré illégalement 200 millions de dollars en Espagne. Il devra donc s’expliquer sur ces transferts, mais aussi expliquer d’où vient l’argent. Mais il n’y a pas que cette affaire qui pèse sur la famille Nezzar. Il y a également les 300 milliards de centimes que le général a obtenu en 2001 et qu’il n’a jamais remboursés et la parcelle de 20 ha de Bouchaoui. Faut-il aussi rappeler que l’ancien ministre de la Défense a fait l’objet de multiples plaintes déposées pour crimes contre l’humanité devant des juridictions étrangères. Il avait même été arrêté pendant 36 heures en Suisse avant d’être relâché à la suite de l’intervention de l’Etat algérien qui l’avait, en 2001, également, exfiltré de France par avion spécial. Pour toutes ces casseroles qu’il traîne, l’ancien homme fort du pays a fui, il y a plusieurs semaines, en Espagne. Son fils l’a rejoint quelque temps après laissant des dizaines de travailleurs de SLC dans le désarroi. Une fin de vie inattendue pour celui qui soufflait le chaud et le froid à une époque de l’histoire du pays. Ce qui a amené, cet homme de 81 ans, cloué sur un lit d’hôpital, à déverser toute sa haine et sa colère, à travers des tweets fielleux où il a même révélé avoir des « informations crédibles… sur un projet d’arrestation arbitraire, immotivé et inique» qui l’empêchent de rentrer en Algérie. Hier, il n’a pas manqué de réagir au mandat d’arrêt qui a été lancé contre sa personne en accusant «la mafia politico-financière» ! En Espagne, Nezzar n’est pas à l’abri d’une demande d’extradition vers l’Algérie ou peut-être même vers la Suisse où le Tribunal pénal fédéral (TPF) a ordonné, en juin 2018, la réouverture de son dossier. Nezzar n’est pas sans le savoir. Fatigué de fuir depuis plus d’une vingtaine d’années la justice, il s’est peut-être décidé à affronter son destin. 

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