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Face à la crise économique, au bouillonnement social et aux risques sécuritaires

Le remède de la présidentielle

L’important, ce n’est pas ce que racontent les uns et les autres, mais ce qui doit sortir de cette période de crise.

L’Instance nationale de dialogue et de médiation remettra, sous peu, les conclusions du dialogue qu’elle a conduit, au président de l’Etat. Ce ne sera pas, à proprement parler, le top départ de la campagne électorale pour le scrutin présidentiel, mais il est admis que les acteurs politiques ne seront certainement pas sourds à l’argumentaire des membres du panel, lesquels ont fourni un travail tout à fait acceptable, susceptible de constituer une base de travail on ne peut plus sérieuse à l’effet de garantir une élection propre et crédible.
Indépendamment des polémiques et autres prises de positions partisanes et idéologiques, il est tout à fait clair que l’Instance de Karim Younès a finalement accompli sa mission, en dehors de toute ingérence de quelque partie qu’elle soit. A bien suivre le déroulement du dialogue, de l’appel aux personnalités nationales au premier jour de la prise de fonction, jusqu’à la conclusion du dialogue, en passant par les rencontres-marathons, on ne peut objectivement pas parler d’une intrusion caractérisée dans le travail du panel. Les quelques formations politiques qui ont décliné l’invitation, l’ont fait pour des raisons politiques qui leur sont propres. Ils ne peuvent pas se targuer, pour autant, de représenter les Algériens.
Le refus du dialogue n’est donc pas un élément dominant de la scène nationale. La classe politique et le mouvement associatif ont globalement répondu à l’appel du dialogue, quoi qu’en disent certains activistes qui, à l’image de tous les extrêmes, ne représentent qu’une petite minorité du spectre politique et social du pays. De fait, l’option de la présidentielle n’est pas forcément battue en brèche, mais continue à être considérée comme la plus réalisable, compte tenu des circonstances qui sont celles de l’Algérie d’aujourd’hui.
On peut toujours «travailler» certaines déclarations pour leur faire dire des choses qui peuvent paraître contradictoires, voire en recul sur des positions de principe, il n’en demeure pas moins que seuls les faits comptent. Sur le sujet, les Algériens retiennent que la promesse de Karim Younès a été tenue, au sens où il a rencontré la quasi-totalité des acteurs politiques. Le rapport que le panel a produit a été transmis à tous et il n’y est fait mention d’aucune «clause de confidentialité». Le débat est public, tellement public d’ailleurs, que l’on sent beaucoup de spontanéité.
Cela pour ce qui concerne la partie «politique» de la démarche de sortie de crise. Concernant la position de l’ANP sur la question, force est de constater qu’il existe dans la démarche de l’institution militaire une grande constance. A ce propos, laissons donc de côté les polémiques et les «phrases sorties de leur contexte». Que retient-on des multiples sorties du chef d’état-major ? La réponse est claire comme de l’eau de roche : l’armée ne veut ni le pouvoir ni régenter la sphère politique. Elle se cantonne à sa stricte mission, celle de défendre le caractère républicain de l’Etat, veiller à la bonne marche des institutions et sauvegarder la légalité constitutionnelle.
Peut-on critiquer une institution militaire qui cherche à remettre le pays sur les rails et se mettre à la disposition du futur président ? C’est la promesse de l’armée, la seule que les Algériens doivent clairement entendre. Et la réponse à l’interrogation est évidemment «non». Il restera aux politiques de faire leur travail. Si l’armée a pour elle la force de l’argumentaire, concernant la situation difficile que traverse le pays, les politiques ont, pour eux, des institutions démocratiques à faire éclore et un Etat de droit à édifier. Cela pour dire que l’élection présidentielle n’est pas la panacée, mais le début de la solution, en ce sens que le prochain chef de l’Etat aura à mettre en place un nouveau système, sous l’œil vigilant d’une scène politique et sociale très attentive. Qu’on se le dise, une bonne fois pour toutes, l’important, ce n’est pas ce que racontent les uns et les autres, mais ce qui doit sortir de cette période de crise. En cela, les défenseurs de la présidentielle n’ont pas tort, à condition bien entendu de considérer cela comme la première marche d’un escalier qui devra déboucher sur la nouvelle République que les Algériens dans la rue, dans leurs foyers et dans leurs lieux de travail appellent de leurs vœux. Quant aux partisans du processus constituant, qu’ils sachent donc que l’important n’est pas dans une élection, fusse-t-elle celle d’une Assemblée constituante. Le débat ne doit pas être purement théorique. Des millions d’Algériens attendent depuis plusieurs mois une véritable issue à la crise institutionnelle. Et tous savent que la présidentielle est la clé. 

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