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Le secteur des transports durement touché

Un violent coup d'arrêt

Air Algérie traverse donc une sévère zone de turbulence, mais tout autant, le transport maritime s'est pris une vague scélérate.

Il n'aura fallu que quelques semaines pour le coronavirus, apparu fin 2019 en Chine, pour faire le tour du monde. Ce dernier, même si cela paraît caricatural, voyage dans les poumons, la bouche, les mains ou même sur les vêtements, valises, et les différentes surfaces des colis... Pour tenter de contrôler la pandémie générée par cet ennemi invisible, il fallait imposer l'isolement. Avions, bateaux, TGV et bien d'autres moyens ont tous été suspendus. L'Algérie, qui a opté pour le tout-sanitaire, garde ses frontières aériennes, maritimes et terrestres, fermées depuis plus de 8 mois. Les avions d'Air Algérie ne volent donc plus et ses bateaux ne prennent plus le large. En dehors des vols spéciaux, des opérations de rapatriement et du transport de marchandises, tout est à l'arrêt! Un arrêt qui fait engendrer aux compagnies nationales de transport un manque à gagner de centaines de milliards de DA. À Air Algérie, ce montant atteindrait les 90 milliards de DA d'ici à la fin de l'année. Et même si la compagnie s'est lancée dans une opération drastique de réduction des coûts, elle ne peut échapper aux charges incompressibles, à savoir la maintenance des avions, la location des sièges, les charges des fournisseurs et prestataires et évidemment les salaires. Concernant les salaires justement, direction et syndicats enchaînent les rencontres, ces derniers jours, pour tenter de trouver une solution. La direction propose une baisse des salaires pouvant atteindre 40% pour sauvegarder les emplois, mais les syndicats ne sont pas d'accord. Or, à ce rythme et si les frontières ne rouvrent pas rapidement ou que l'Etat n'injecte pas des fonds dans les caisses d'Air Algérie, la compagnie ne pourra plus, très prochainement, assurer les salaires. Certaines rumeurs ont fait état de l'acquisition par l'aéroport d'Alger de caméras thermiques mais aussi des équipements pour effectuer des tests de Covid-19 sur place. Des indices d'une reprise proche de l'activité qui semble aujourd'hui s'éloigner avec la hausse vertigineuse des contaminations qui ont dépassé les 1000 cas quotidiennement.
Air Algérie traverse donc une sévère zone de turbulence, mais tout autant, le transport maritime s'est pris une vague scélérate, un mur d'eau dont la longueur d'onde est encore difficilement perceptible. Le Groupe de transport maritime (Gatma) a annoncé, en avril dernier déjà, avoir perdu 50% de son chiffre d'affaires. Hormis les dessertes de rapatriement de ressortissants algériens opérées par l'Entreprise nationale de transport maritime de voyageurs (Entmv), filiale du Groupe Gatma, la flotte nationale de transport de voyageurs, composée de trois navires, est à l'arrêt.
Le transport routier de marchandises a, lui aussi, été rattrapé par la crise du Covid-19 qui a provoqué un écroulement des volumes transportés. Le constat est tout aussi dramatique pour les bus, métros, tramways. L'Entreprise du métro d'Alger (EMA) est dans le même cas qu'Air Algérie puisque ce moyen reste pour l'heure «confiné». Le tramway a, certes, repris de l'activité, mais en raison des mesures de prévention, le pourcentage de remplissage des locomotives a baissé de près de 60%. On évalue les pertes des deux entreprises à des centaines de milliards DA. C'est aussi le cas de la Société nationale des transports ferroviaires (Sntf), qui en mai dernier avait enregistré environ 1 milliard de dinars de pertes en raison de la suspension de ses trains. La valeur de la perte n'a pas cessé d'augmenter chaque jour depuis cette date. C'est dire qu'avec le coronavirus, les compagnies de transport font face, de manière soudaine et imprévue, à leur plus grand défi. En parallèle à ce coup porté à un poumon de l'économie nationale, il y a d'autres conséquences engendrées par la suspension des liaisons comme les pénuries de médicaments, le blocage des étudiants ou encore l'éloignement forcé en plein drames familiaux. C'est d'ailleurs ce qui a amené certaines voix à appeler à la réouverture des frontières considérant que l'isolement du pays n'avait que trop duré. Mais cette question ne peut être décidée au pied levé. Prise par les plus hautes autorités du pays pour éviter à l'Algérie, une situation de chaos, elle ne sera révisée qu'une fois l'épidémie entièrement endiguée ou du moins, totalement maîtrisée. Le Comité scientifique de suivi de l'épidémie aura son mot à dire en premier et pour l'heure, ses experts continuent de pointer régulièrement les dangers des cas importés. En fait, si l'Algérie a réussi à «dompter» le virus, de l'aveu même des organisations onusiennes, cela a été en grande partie grâce à sa décision courageuse de s'isoler et de fermer ses frontières, malgré la crise financière. Le pays ne peut prendre aujourd'hui le risque de mettre en péril les efforts fournis depuis plus de 8 mois en décidant de s'ouvrir à nouveau au monde extérieur sans avoir les assurances qu'il faut. Mais l'acquisition très prochainement du vaccin contre le virus, va sonner, à ne pas en douter, l'heure de la grande délivrance. 

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