UNITÉ TEXTILE DE AÏN EL-HAMMAM
Vente aux enchères d’un logement d’astreinte
Les travailleuses de l’unité textile de Aïn El-Hammam ont constitué une délégation qui s’est rapprochée de notre bureau de Tizi Ouzou. Ces syndicalistes disent ne pas comprendre «ce qui est visé» par la procédure de la vente aux enchères d’un logement d’astreinte, sis au sein de l’unité, et interpellent leur direction à ce propos.
Les travailleuses de l´unité textile de Aïn El-Hammam montent au créneau. Chargées par le personnel de contacter la presse et ce faisant, dénoncer la procédure de vente aux enchères d´un logement d´astreinte, les «déléguées» font montre d´une «volonté à toute épreuve», et se disent décidées à empêcher cette vente, ou alors à mieux comprendre le pourquoi de cette démarche. Pour elles, «il y a trois logements d´astreinte appartenant à l´unité, et nous voulons savoir la raison qui a poussé la direction à vendre aux enchères, l´un de ces logements. Quant à nous, nous préférons que le patrimoine de l´unité ne soit pas touché...».
Sise à Aïn Hichem, dans la commune de Aïn Yahia, près de Aïn El-Hammam, l´unité textile, qui a ouvert ses portes en 1989-90, emploie quelque 180 personnes dont 156 femmes. Autant dire que dans cette région montagneuse, l´unité textile représente pour toutes ces familles «une bouée de sauvetage à préserver, notamment en ces temps difficiles.» Selon les déléguées, «le temps du pain noir est, nous semble-t-il, derrière nous, avec un plan de charge de près de 11 milliards de centimes...». Il fut un temps, pas très lointain, disent-elles, où «nous avions attendus des mois pour être payées, en ce temps-là, on n´évoquait nullement la vente d´une partie du patrimoine de l´unité. Aujourd´hui, que nous émergeons, voilà que l´on parle de vendre un logement...». Les travailleuses semblent décidées à empêcher cette cession. Elles ont ainsi provoqué une réunion du conseil de section syndicale le 3 novembre qui a décidé d´interpeller le secrétaire général de l´UGTA sur ce problème.
Lors d´une autre assemblée générale, il a été clairement décidé «de proposer à qui de droit, l´annulation de la vente».
Les travailleuses ont ensuite pensé à une grève générale illimitée, mais la raison a fini par l´emporter. Devant le plan de charge conséquent, les travailleuses, qui ont en tête les difficultés passées de l´unité, ont écarté la suggestion, «du moins pour l´instant» précisent les déléguées.
Récemment, le secrétaire général de la section a remis sa démission en parlant de «harcèlement des élus syndicaux, d´impossibilité de l´action syndicale, et évoque également, la mise en congé d´office d´un membre actif du syndicat».
Malgré toute cette brouille, née de la décision de céder un logement sur les trois de l´unité, les travailleuses et notamment les ouvrières se disent «déterminées à sauver cette unité qui représente tout pour nous». Il est vrai, qu´à Aïn El-Hammam, l´unité textile est la seule à employer autant de personnes, participant ainsi à un certain «équilibre» économique. On souhaite seulement que cette belle unanimité à faire vivre l´entreprise, ne faiblisse jamais.

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