BLIDA
Où sont les promesses de Barkat?
Le secteur du lait est en crise à Blida comme ailleurs. Les déclarations du ministre de l´Agriculture, il y a quelques années, relatives à l´autosuffisance de notre pays en matière de lait à partir de 2007 et à la réduction de l´importation à coups de milliards de la poudre de lait ne sont pas pour aujourd´hui.
En effet, l´Algérie continue d´importer cette poudre à 5000 dollars la tonne, alors que plusieurs éleveurs ont «rendu le tablier» à la suite de leur faillite et en l´absence d´assistance en leur faveur. La politique officielle de notre pays quant à l´encouragement de la production locale du lait afin de créer de l´emploi et surtout minimiser les dépenses faramineuses relatives à l´importation de la poudre, et dont le prix ne cesse d´augmenter au niveau des places boursières mondiales, n´est qu´un slogan à la recherche de sa concrétisation. En ce sens, l´association des producteurs de lait de la wilaya de Blida, à travers ses 500 adhérents, n´a pas cessé de tirer la sonnette d´alarme sur le sort incertain des éleveurs face à la flambée des prix de l´aliment et des aides insignifiantes de l´Etat.
«Le prix du son, à titre d´exemple, peut atteindre 2000DA le quintal, alors qu´il ne dépassait pas les 800DA, il y a quelques années. Une augmentation importante alors que la prime de production allouée aux éleveurs est toujours la même, soit 7DA pour le litre», dira M.Abed Abdellah, éleveur et président de l´association en question. Notre interlocuteur, qui déplore, au nom des éleveurs, la cherté de l´aliment (son, maïs, soja...) ajoute que l´épineux problème est lié aux lenteurs concernant les virements de la Crma de la prime de production. Il a évoqué aussi «l´handicapante» TVA calculée sur les dépenses d´acquisition des vaches et de l´aliment et qui constitue une charge insupportable pour l´éleveur, ce qui freine le développement de ce genre d´investissement.«Nous demandons l´exonération de cette taxe ainsi que l´implication de l´assurance pour que les éleveurs soient remboursés lorsque les vaches sont atteintes de la brucellose et ou la tuberculose», rétorqua M.Abed, qui est également le représentant de la région centre au niveau de l´Association nationale des éleveurs.
Il s´est demandé également quelle était l´utilité des assurances si elles ne prennent pas en considération ces deux maladies, ô combien fatales pour les vaches et surtout pour les éleveurs. L´association demande l´augmentation de la prime de production de 7 à 33DA afin de pouvoir «tenir le coup» et faire face aux nombreux aléas du métier. Un nombre important d´éleveurs avaient contracté des crédits bancaires pour le démarrage de leur activité tout en hypothéquant leurs biens. Le métier d´éleveur risque de disparaître un jour si le montant de la prime stagne et que les prix de l´aliment ne baissent pas.
«Le ministre nous a promis une augmentation de la prime après le mois du Ramadhan, et jusqu´à l´heure actuelle, pas de concret», nous informa M.Abed qui marque, toutefois, son optimisme sur une éventuelle aide. Une chose est sûre, les éleveurs «liquident» leurs bovins à des prix symboliques aux abattoirs et la production laitière locale est loin d´embrasser le seuil de l´autosuffisance, du moment que les «barons» de la poudre sont toujours là.

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