ANNABA
Les prix des matériaux de construction flambent
Bien qu´il soit un problème national et que le dossier a été traité par le gouvernement, l´escalade des prix des matériaux de construction continue d´inquiéter les entrepreneurs, à Annaba, en charge de plusieurs projets. Les entrepreneurs tirent la sonnette d´alarme. «Nous ne pouvons garantir l´achèvement dans les délais prévus et dans les conditions actuelles de spéculations effrénées sur ces matériaux» affirment-ils. Ces entrepreneurs sont tenus de livrer, avant la fin de l´année, une partie des 22.000 logements, toutes formules confondues, prévues dans le programme quinquennal.
Des délais qui, au vu des spéculations sur les matériaux de construction, risquent d´en pâtir. Du fait que la demande en logements ne cesse d´augmenter, le quota attribué à la wilaya d´Annaba est loin d´atténuer la crise du logement.
Cette flambée des prix des matériaux de construction serait due, selon les entrepreneurs, aux spéculateurs qui ont investi le processus de vente. Car soutiennent-ils, «le marché ne connaît pas une forte tension». Il y a lieu de souligner que le prix du sac de ciment au marché parallèle est passé de 340 à 560DA, le rond à béton de 450 à 900DA le quintal et le treillis soudé de 600 à 800DA le quintal.
En ce qui concerne le ciment, par exemple et à titre comparatif, le prix du sac sorti d´usine est fixé à 230DA. Cependant, les cimenteries ont leur part de responsabilité dans cette fluctuation des prix. En effet, les cimenteries procèdent à la «vente libre».
Cette vente, somme toute légale, a permis, selon les observateurs, à certains grossistes, toujours sur la brèche, d´acquérir d´énormes quantités de ciment pour constituer un stock. Ce qui a eu pour conséquence de comprimer le marché et de tirer les prix vers le haut. Sans l´intervention de ces spéculateurs, pourvus de cartes professionnelles régulières, qui font feu de tout bois, le marché n´aurait jamais connu ces perturbations si l´on exclut quelques tensions à droite et à gauche, d´autant que la cimenterie de Hdjer Essoud a les capacités de production pour satisfaire un marché normalisé et dont les besoins sont prévisibles sur au moins un semestre. Dès lors que les éléments parasitaires réussissent à le pénétrer et finissent par le contrôler en grande partie, le marché s´emballe et n´obéit à aucune règle économique, à l´exception de celle du gain facile.

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