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CONSTANTINE

Les clandestins écument la cité

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Ils sont de plus en plus nombreux et surtout de plus en plus dangereux.

D´une ville de transit à une destination finale, Constantine est devenue, ces dernières années, le lieu de prédilection des clandestins. Ils atteignent la ville depuis le Niger, le Mali et la Mauritanie, de façon illégale, souvent avec de faux papiers grâce à des réseaux de passeurs, qui activent souvent au profit des groupes terroristes de ce qu´on appelle le Gspc.
Ils sont de plus en plus nombreux et surtout de plus en plus dangereux. Plusieurs cas d´agressions ont été signalés par les citoyens. Ils se montrent rarement le jour, mais à partir de 17 heures ils commencent à écumer la ville.
Malgré les mesures en vigueur de l´Etat pour l´endiguer, le phénomène perdure. Constantine n´est pas la seule wilaya qui souffre des affres de l´immigration clandestine. La capitale de l´Est n´est qu´un exemple qui reflète ce qui se passe dans d´autres wilayas. Selon une étude publiée récemment, le choix de l´Algérie est essentiellement motivé par le facteur «géographique». Les grands pourvoyeurs de clandestins optent pour l´Algérie pour plusieurs motifs. Il y a d´abord la proximité avec l´Afrique subsaharienne. L´Algérie est également une grande porte maritime pour accéder à l´Europe, dans le cas où les conditions le permettent. La situation politique dans les pays d´origine des immigrants est souvent la cause qui les pousse à aller sous d´autres cieux. Et il va sans dire que l´Algérie est l´un des rares pays dans le monde à traiter convenablement ce dossier.
Si les statistiques de 2008 n´ont pas encore été établies, il n´en demeure pas moins qu´elle sont aussi importantes que celles de l´année dernière. En effet, en 2007, on a comptabilisé 1550 affaires, impliquant l´arrestation de pas moins de 6988 étrangers de différentes nationalités. Ils sont même impliqués dans divers trafics, entre autres, celui de billets de banque en euros ou en dinars algériens, de stupéfiants, de drogue ainsi que des cas d´arnaque. Même les clandestins des pays du Maghreb y figurent, particulièrement le Maroc dont les ressortissants qui représentent 8% des arrestations depuis 1996. Via le Sénégal, les candidats à l´immigration clandestine suivent un itinéraire le long des frontières avec l´Algérie et c´est là qu´ils sont pris en charge par des passeurs qui vont les guider jusqu´à Aïn Guezzam ou Tamanrasset.
D´autres, notamment ceux en provenance du Mali sont guidés jusqu´à Tinzaouatine, ensuite Tamanrasset. En passant par Aïn Salah ou Ghardaïa, ils se dispersent dans différentes villes du nord du pays. Un grand nombre décide, par la suite, de s´installer en Algérie.
Les retombées sont lourdes de conséquences. D´abord, on a relevé l´ampleur dans tous les genres de trafics. Le plus grand danger, avaient constaté les services de la Gendarmerie nationale, c´est le trafic d´armes, du fait de la proximité du pays avec le Sahel. Le renforcement des mesures de sécurité au niveau des frontières n´a pas pour autant dissuadé les candidats dont le profil n´est pas encore tout à fait cerné, ce qui rend la tâche plus ardue. Le véritable dilemme pour les services de sécurité, ce sont les réseaux de passeurs. Ils touchent entre 400.000 et 800.000DA par groupe de huit à dix clandestins. Le renforcement du dispositif juridique doit être pris en considération, avec l´application de sévères sanctions contre les passeurs.

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