BOUIRA

L’hiver sera rude dans les villages

L´objectif des 80% d´alimentation en gaz de ville à atteindre reste un défi réalisable. Il y a deux ans, le taux de branchement était de l´ordre de 36% pour l´ensemble de la wilaya. La volonté des responsables locaux a été clairement affichée quand 11 distributions publiques ont été inscrites et les travaux de raccordement ont débuté. Le bilan, en cette fin d´année 2010, annonce un taux de 48% des foyers raccordés. Sur le terrain, des localités comme Ridane, à l´extrême sud-ouest, Maâmoura, Tagdit, Mesdour sans parler des chefs-lieux de daïra comme M´chedallah, Aïn Bessem...bénéficient de cette source d´énergie qui réduira considérablement les peines des citoyens en ces périodes hivernales très difficiles.
Pas moins de 1400 foyers ont été raccordés ces derniers mois. Le village d´Ouled Lakhal avec 262 foyers, Tagdit avec 637 foyers, Thamourth Ouzemour à l´est avec 82 foyers sont des exemples d´une longue liste qui se prolongera avec le raccordement de Aghbalou, Saharidj et autres villages et villes enclavés. L´effort des pouvoirs publics est indéniable, mais le rythme de travail de certaines entreprises semble freiné. L´hiver qui approche sera difficile et les spéculateurs profiteront de cette situation pour faire subir aux citoyens leur diktat. En effet, la bouteille de butane coûte entre 300 et 400 dinars dans certaines contrées éloignées de la wilaya. En outre, le retard n´est pas seulement l´apanage des entreprises, il est également dû aux réactions de certains citoyens qui s´opposent au passage des canalisations.
Avant de recourir à des procédures coercitives, les responsables font appel à la bonne volonté des élus et des notables qui, parfois, débloquent la situation. Cette culture de «l´opposicisme» reste un facteur important qu´il est temps de combattre. Lors de la session de l´APW au cours de laquelle le dossier énergétique a été passé au crible, la direction des mines a présenté un important programme, mais a émis le désir de voir tout le monde participer à sa réalisation.
Précisons aussi que le coût de raccordement s´élève parfois à plusieurs millions de centimes dans certaines régions comme Maâla, Ahl El Ksar. Ce coût est à la charge de l´Etat avec une participation symbolique des bénéficiaires de l´ordre de 10.000 DA par foyer.
Le caractère épars des foyers, l´éloignement...sont deux autres facteurs qui rendent le travail difficile. Malgré ces divers paramètres, la volonté d´atteindre les 80% d´ici 2014, reste intacte surtout que les moyens financiers sont disponibles.