BOUIRA

la ville sera rénovée

Les pouvoirs publics ont initié plusieurs réunions pour expliquer les retombées d’une réhabilitation et d’un réaménagement de l’ancienne ville.

L´élargissement des voies au niveau de l´ancienne ville du chef-lieu de wilaya et la rénovation de l´ancien tissu urbain datant des époques turque et française, sont confrontés à l´opposition des propriétaires des habitations datant de ces deux époques. A chaque tentative d´amélioration de l´image de la capitale de la wilaya, il y a automatiquement une réaction inverse. Si ce n´est pas le sort des occupants locataires qui est mis en exergue par les propriétaires, c´est l´avenir des commerçants, locataires aussi, qui est brandi pour tenter de profiter au maximum de la situation.
Dans certains «haouchs», la vie des citoyens est mise en danger puisque les demeures menacent ruine. Pour tenter de convaincre tout le monde et surtout de satisfaire les convoitises, les pouvoirs publics ont mis en place trois formules.
Dans la première, le propriétaire peut investir et réaliser de nouvelles habitations avec ses moyens propres mais à sa charge le recasement de ses locataires, tous usages confondus.
La seconde formule est un investissement en partenariat avec des promoteurs publics ou privés.
Là aussi les occupants actuels sont à la charge des maîtres d´ouvrage.
La troisième formule consiste à céder le bien à l´Etat qui dédommagera les propriétaires tout en prenant en compte la situation locative des locataires. Si ces propositions ont convaincu certains concernés, il n´en est pas de même pour la majorité. Les lots sont parfois dans l´indivision et restent le bien de plusieurs personnes. A la division des superficies, chaque héritier dispose de quelques mètres carrés qui ne suffiraient pas à ériger une baraque.
Cette situation fait craindre le pire pour les bonnes intentions. Même les promoteurs restent réticents tant que la nature juridique des espaces n´est pas très claire.
Les pouvoirs publics ont initié plusieurs réunions pour expliquer les retombées qui découleront d´une réhabilitation et du réaménagement de l´ancienne ville. En vain, puisque chacun tente de privilégier son intérêt et tirer le maximum d´une action qui reste d´utilité publique.
La menace de recourir à l´expropriation pour utilité publique a même été retenue comme option mais son application tarde à prendre effet.
La vie dans les «haouchs» est indécente. Les humains côtoient les rongeurs, la saleté est au quotidien, les risques d´inondation sont permanents en hiver et ceux d´un incendie catastrophique en été.
Les ordures jonchent les «z´roug» (couloirs d´accès et de sortie). Dehors, c´est la circulation qui en prend un coup. Les rues sont larges d´environ six mètres c´est-à-dire un espace où peuvent se croiser au maximum deux voitures. Les trottoirs dégradés sont si étroits que deux personnes, côte à côte peuvent obstruer tout passage. Comme si ces faits ne suffisaient pas, certains commerçants, pour ne pas dire la majorité et devant l´exiguïté de leurs locaux, sortent leurs produits sur la voie publique défiant toute réglementation.
Même si la volonté des pouvoirs publics reste forte et est bien visible au regard des nombreux chantiers engagés à travers toute la ville, ce désir de rattraper un retard immense sont hélas assujettis à l´accord de ces propriétaires qui, souvent, veulent le beurre et l´argent du beurre. Ceux qui postulent aux diverses formules mettent en avant la nécessité du recasement par l´Etat des actuels occupants.
Pour satisfaire cette demande, la wilaya doit disposer de plusieurs milliers de logements surtout que chaque foyer est divisé en plusieurs familles.
Opter pour cette solution sanctionnera considérablement ceux qui attendent depuis des années le bénéfice d´un toit pour fonder un foyer, un droit constitutionnel.