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ORAN

Ces familles menacées d’expulsion

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Leurs habitations ne sont pas recensées en tant que bidonvilles. Pourtant, ils sont sommés de quitter les lieux.

«J´ai cinq soeurs, nous sommes toutes nées dans ce petit hameau, l´aînée est venue au monde en 1943», a affirmé Belmeliani Fatma-Zohra. Elle ajoute: «On nous menace de nous jeter dans la rue.»
Les responsables locaux de la commune et ceux de la daïra d´Es-Senia mettent la pression ces derniers jours sur les 9 familles vivant dans le douar de Cheklaoua leur signifiant d´évacuer les lieux. Fatma- Zohra poursuit: «Après 70 longues années passées dans la misère et l´indigence, les voilà à s´acharner, malgré notre triste sort, en nous intimant l´ordre de partir dans n´importe quelle direction.»
Le Douar Cheklaoua est, administrativement, baptisé 9 rue Impasse des 4 Chemins. Il fait face aux somptueuses villas du quartier huppé de la Cité Djamel. Mme Belmeliani Fatma Zohra lance du fond d´un couloir: «Je suis née en 1954, nous avons, ma famille et moi, mené ici une vie avec ses hauts et surtout ses bas, rien n´a changé dans ce quartier hormis l´accentuation, ces derniers jours, des menaces des responsables de la baladia décidés à nous expulser.»
Un peu plus loin, Berkat Chafi âgé de 72 ans, s´est laissé emporter par la colère. «J´habite dans ce douar depuis 1968. J´ai été expulsé, sans aucune explication, de mon habitation, héritée de mes parents, sise dans le quartier de Gambetta, cette dernière a été aussitôt attribuée à une tierce personne», a affirmé le vieux Chafi. Et ce dernier de poursuivre: «Nous ne sommes tout de même pas des envahisseurs, y´en a marre de cette hogra». Et de poursuivre: «Encore une fois, ils veulent nous expulser de force de nos maisons qui remontent à plusieurs années d´existence, alors que des solutions existent du fait que nous ne sommes pas des occupants des bidonvilles.» Sur sa lancée il ironise: «A moins qu´ils veuillent, peut-être nous transformer en SDF.» Pour sa part, Mouffok Saâdoune Miloud est écoeuré par ce qu´il a qualifié «des décisions provocantes».
«La solution la plus en vue est de nous vendre ces petits lopins de terrains dans lesquels nous avons survécu durant plus de 50 ans», a-t-il préconisé. Et depuis, des familles, qui croyaient vivre en toute légitimité, ont été surprises par la rapidité des dernières sorties des responsables locaux obsédés par la mise à plat des bidonvilles.
«Nous sommes propriétaires incontestables de ces maisons», a affirmé Mouffok Saâdoune Miloud. Et ce dernier d´ajouter: «Je conserve toutes les factures de l´eau et celles de la Sonelgaz que je règle au dernier centime chaque trimestre», a affirmé le contestataire de la masure. Et Mohamed Belmeliani de lui emboîter le pas: «Le facteur des PTT nous rend visite chaque matin pour nous remettre en main propre nos courriers tandis que notre quartier est lié au réseau téléphonique, alors que d´un autre côté, nous subissons, presqu´au quotidien, de véritables harcèlements des responsables qui mobilisent les éléments de la gendarmerie de la commune d´Es Senia», a martelé Ahmed ajoutant que «les responsables de la commune d´Es-Senia ne veulent rien entendre refusant de nous recevoir, le temps de leur prouver notre existence dans le douar qui remonte à plus de 50 ans et ce, en leur exhibant des preuves à l´appui, toutes les quittances de paiement des factures d´électricité et celles de l´eau». Mieux, en 1979, sur la demande des autorités d´alors, un plan de masse de tout le douar a été établi et cela après qu´un recensement des familles habitant le douar ait été effectué. Bien sûr, ce dernier n´a jamais été pris en compte vu l´instabilité des responsables de l´époque.
En réalité, la démolition des bidonvilles a été décidée au plus haut niveau. Août 2007, lors de sa visite d´inspection et de travail qu´il a rendue à Oran, le président de la République a été catégorique mettant l´accent sur la nécessité d´éradiquer à jamais les bidonvilles. «Il faut se prémunir d´une politique implacable dans la lutte contre les bidonvilles», a-t-il préconisé. «Plus jamais ça», a-t-il lancé alors que le chiffre de 11.000 bidonvilles, qui ont été recensés à travers le territoire de la wilaya d´Oran, lui a été annoncé. Les familles, dont les bidonvilles sont à démolir, sont systématiquement à reloger selon un recensement effectué en 2007.
«Les spécialistes sont passés et pris note sans que nous ne soyons inquiétés de notre délocalisation étant donné que nous sommes dans la légalité», a affirmé Mohamed ajoutant qu´«à leurs différents passages, on nous a informés que nous ne sommes pas concernés par la démolition vu que nos maisons sont en règle et les voilà aujourd´hui, à nous tenir un tout autre discours au moment où nous pensions que l´on s´acheminait vers notre régularisation.»
En fait, les mesures de recasement et de prise en charge des habitants occupant les habitations précaires sont suspendues ces derniers jours, car toute nouvelle opération d´attribution des logements sociaux peut conduire à une véritable explosion sociale.

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