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Un interrogatoire de pro

En audience publique, le juge est serein. Il sait ce qu’il doit faire, car avec ses 17 ans de pupitre, ce magistrat est bien dans sa peau, un vrai professionnel ! « C’est simple» commence, en prenant soin de bien articuler, d’emblée le juge, très à l’aise, devant une salle d’audience quasi vide, pour cause de «Covid-19». «Cela se voit, très bien, aussi, que vous trois, n’avez jamais fait l’objet de diffamation, sinon vous auriez fait l’économie d’un procès à dérangements !» Le président ne perd pas de temps et pose lentement, sa première question au premier inculpé de diffamation, relative aux relations de Hedia et Mansour, le chauffeur malheureusement, absent. Il aurait mieux éclairé le tribunal !
«Inculpé, Abdelhamid, que savez-vous de la supposée relation entre Hédia et Mansour ? Et s’il vous plaît, répondez à la seule question sans vouloir trop broder, autour. Faites gagner du temps aux personnes qui attendent leur tour !»
—- Tout ce que je sais, c’est le moment où le chauffeur garait le véhicule à 600m de l’immeuble, d’où sortait les jeudis après-midi, ma voisine, Hédia. C’est tout ce que j’ai vu … et … je …
—- Non ! coupe le juge. Vous ne répondez pas à ma question ! Ce que vous venez de dire n’a rien à voir avec la relation ! Avez-vous vu les deux personnes concernées, bras dessus-bras dessous, oui ou non ?» rugit, sans prendre la mouche, le président.
—- Non, je n’ai rien vu d’autre. Je le jure sur la …
—- Bon, ça va, ça va, le tribunal a très bien compris ce que vous avez en tête. Il ne vous posera plus aucune autre question. À vous, Bachir !!
—- Oui, monsieur le juge, j’ai déjà raconté aux policiers et au procureur que tous les jeudis soirs, Mansour Z. garait l’auto, attendait un moment, puis nous voyions Hédia sortir du bâtiment et monter dans la voiture qui démarrait aussitôt vers une destination inconnue. C’est tout.
—-Et où voyez-vous du mal à ça ? Est-ce une faute ou un délit pour la jeune fille, que de monter avec un collègue ?», crache le magistrat, sans montrer le moindre signe d’énervement, car, bon sang, quel mal y a-t-il pour un chauffeur d’une entreprise à attendre une employée devant son domicile, la prendre à bord et filer ? Il n’y a que les mauvaises langues pour répondre à une telle question ! Le président écoute son étonnante réponse: « Je n’ai jamais dit à quiconque qu’elle était de mauvaises mœurs . . . Ni quelque chose qui puisse la mettre dans tous ses états . . .
—- Alors, pourquoi êtes-vous ici ? Pour conduite en état d’ivresse, peut-être ?» L’inculpé ne dit mot. Il baisse la tête, signe évident que le stress et la trouille le gagnaient.
Le juge appelle alors le dernier inculpé, Dalil T. ! Il a les bras ballants, raide, mal en point. Il ne semble pas prêt à dire la vérité. Le président l’aide un peu: «Vous étiez ensemble réunis ; quel a été votre rôle ?
—-Je peux vous annoncer que j’aimais cette voisine et qu’elle refusait tout contact . . . Elle m’a humilié en quelque sorte !
—-Alors, vous avez juré de la détruire en mêlant vos deux voisins à votre machination, n’est-ce pas ? » Le juge lève la tête en direction du procureur. Ce dernier se lève et requiert, détendu : «Voilà où nous en sommes en 2020 !
Une jeune fille de famille propre, refuse de répondre à vos avances diaboliques et vous voilà en train de la diffamer ! C’est tout simplement insensé que de passer son temps à évoquer en termes salissants les voisins !».

De Quoi j'me Mêle

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