VIOLENCE DANS NOS STADES

Le mal absolu

Triste constat aux conséquences dramatiques
Triste constat aux conséquences dramatiques

La passion engendre malheureusement des débordements invraisemblables. Chaque fin de championnat apporte son lot de prétendues magouilles déchaînant l'ire des équipes lésées.

La violence dans notre football est malheureusement devenue monnaie courante. Elle concerne le stade mais aussi les réseaux sociaux.
La Fédération algérienne de football a organisé à la fin de l'automne un symposium sur le renouveau du football algérien. L'un des ateliers intitulé «Moralisation du football et lutte contre la violence» avait accouché de 18 recommandations. Trois mois plus tard, rien n'a bougé et chaque semaine apporte son lot d'informations affligeantes.
La recommandation numéro 10 avait fait sourire les observateurs: «Ressortir des tiroirs les recommandations issues des précédentes assises sur le football national et mesurer la possibilité ou non de les appliquer».
Le constat est clair! Les recommandations sur ce sujet existent et ne sont pas appliquées. Pourquoi? Les discours d'intention sont pourtant légion, mais personne n'est arrivé à améliorer la situation. Certains imaginent même que les violences dans le football permettent à une jeunesse avide de sensations fortes de se défouler. D'autres pensent qu'elles expriment le désarroi social de cette même jeunesse. Après tout, il est plus facile de contenir la violence aux alentours d'un stade que dans plusieurs quartiers de la ville sur une longue période. On n'ose croire à cela. Ce qui est sûr, c'est que le football est l'opium du peuple!
La passion engendre malheureusement des débordements invraisemblables. Chaque fin de championnat apporte son lot de prétendues magouilles déchaînant l'ire des équipes lésées. En 2008, la relégation du grand club de l'Ouest, le MCO, avait donné lieu à de violentes émeutes causant un mort, des blessés et des dégâts innombrables. Aujourd'hui, le MCO est second du championnat mais qui se souvient de ce jeune policier tué? Les acteurs du football, dirigeants, entraîneurs, arbitres, joueurs et supporters devraient longuement méditer cette histoire. En 2008 la relégation d'un club cause un mort, 10 ans plus tard ce même club est deuxième du championnat. C'est le sport et pour apprécier les victoires, il faut savoir perdre!
Des morts dans le football, il y en a eu même sur les terrains. Personne n'oublie la mort du jeune Camerounais Albert Ebossé en plein été 2014. Et pourtant cette année encore, des projectiles de toutes sortes pleuvent depuis les tribunes. Récemment, c'est l'entraîneur de la JSM Skikda qui a reçu des projectiles lors du déplacement à Bordj Bou Arréridj. La commission de discipline avait infligé un match à huis clos au CABBA.
La situation n'est plus tenable. Âmes sensibles s'abstenir. Une autre recommandation avait surpris ceux qui ne connaissent pas les rouages de nos clubs. Le symposium recommande «d'épurer» les composantes défaillantes des directions de clubs. Il est donc connu que des fauteurs de troubles ont pignon sur rue au sein de la famille football. Il faut donc commencer par là. Quel intérêt suprême conduit-il à manipuler des jeunes en déshérence? Il est vrai que le football brasse beaucoup d'argent mais la raison doit triompher. Il faudra beaucoup d'intelligence et de volonté pour en finir avec ce mal qui gangrène le football. Il faudra, dans tous les cas, beaucoup plus qu'une charte qui est bonne à prendre. En attendant, on prie pour qu'aucun accident n'arrive alors que l'on amorce la dernière ligne droite du championnat.