ELLE RETROUVE LES VERTS CINQ ANS PLUS TARD

La Gambie n'est pas un foudre de guerre

Du pain sur la planche pour Tom Saintfiet
Du pain sur la planche pour Tom Saintfiet

Le nouveau sélectionneur de l'équipe gambienne, le Belge Tom Saintfiets, se trouve dans une situation plus difficile que celle du sélectionneur des Verts, Djamel Belmadi, pour le match d'aujourd'hui.

D'abord, la Gambie a été battue lors de la première journée de ce groupe disputée en juin 2017 en déplacement face au Bénin (1-0). Ce qui veut dire qu'aujourd'hui les Scorpions n'ont pas droit à l'erreur devant cette sélection algérienne, qualifiée de «favorite» par le sélectionneur de la Gambie lui-même. Ensuite, il faut rappeler que Saintfiet n'a été nommé à la tête de la sélection gambienne qu'au mois de juillet dernier. Ce qui veut dire qu'il est novice dans l'environnement gambien et ne connaît pas la mentalité des joueurs locaux. Ceci explique justement le fait qu'il a convoqué une majorité de joueurs évoluant à l'étranger comme c'est le cas pour le sélectionneur des Verts. Enfin, il y a lieu de noter que le sélectionneur des Scorpions compte plusieurs joueurs absents et non des moindres, puisqu'il s'agit des cadres. A la question de savoir qu'est-ce qui a changé dans la sélection depuis son arrivée en juillet, Sainfiet répond avec incertitude: «Je ne peux pas vous répondre à cette question. Moi, j'ai une certaine expérience en Afrique. J'ai essayé de mettre en place une stratégie de travail en voulant donner leur chance aux meilleurs footballeurs locaux, mais le problème qui se pose ici, c'est que le championnat n'a pas encore débuté, contrairement à l'Algérie. Je rencontre des difficultés, mais j'essaye tout de même de faire de mon mieux pour bien préparer ce match face à l'Algérie.» Sur ses objectifs avec la Gambie, Saintfiet précise que «j'ai signé un contrat de neuf mois avec la fédération et mon objectif principal est de qualifier la Gambie à la phase finale de la CAN. Cela fait longtemps que la Gambie n'a pas remporté de matchs officiels. On va donc tenter de faire quelque chose». Et bien sûr cela débuterait par l'Algérie comme premier adversaire. Le coach de la Gambie a convoqué 17 joueurs évoluant à l'étranger, mais il se trouve que trois des «cadres» de la sélection n'ont pas répondu à la convocation du nouvel entraîneur gambien. Il s'agit du défenseur Omar Colley qui évolue au Sampdoria de Gênes en Italie, de l'attaquant Modou Barrow qui, lui, joue en Angleterre au Reading et enfin du milieu de terrain Hamza Barry qui joue à Hajduk Split en Croatie. En se trouvant devant le fait accompli, Saintfiet déclare: «Nous avons trois grands absents. Ces derniers ont évoqué des raisons personnelles quant à leur absence. Eh bien on fera avec, d'ailleurs je les ai déjà remplacés par deux éléments qui évoluent en Asie et un chez nous dans le championnat local». Il est important de savoir que la sélection gambienne se trouve au 172e rang du classement FIFA. Ce qui veut dire qu'elle est considérée comme faisant partie des toutes petites nations du football mondial. La sélection gambienne n'a jamais pris part à une phase finale de coupe d'Afrique des nations. Pis encore, elle n'a pas gagné le moindre match officiel durant les cinq dernières années. Il faut remonter au 7 septembre 2013 pour trouver trace d'une victoire de la Gambie, face à la Tanzanie (2-0) dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2014. Voilà une autre raison qui met les Scorpions au pied du mur pour tenter de gagner un premier match majeur, surtout devant le favori de ce groupe D, l'Algérie. Justement à propos de l'Algérie, le sélectionneur de la Gambie déclare: «J'ai suivi les derniers matchs de l'équipe d'Algérie et j'ai constaté qu'il y a beaucoup de changements. L'équipe d'Algérie a régressé en matière de résultats et ce n'est pas un secret, mais elle possède du potentiel. Il y a de bons joueurs dans cette équipe. Je vais demander à mes joueurs d'être vigilants sur le terrain et ne pas trop laisser d'espaces.» Il ajoutera: «Les Algériens doivent gagner pour sortir de la mauvaise passe qu'ils traversent. De notre côté, nous devons renouer avec la victoire en match officiel. En cas d'un match nul, nous serons contents, alors qu'en cas de victoire ça serait un vrai miracle.» Saintfiel note, au passage, que «jusque-là, que ce soit les joueurs, le peuple gambien, tout le monde pense qu'on joue les éliminatoires d'une CAN mais sans avoir la moindre chance pour se qualifier. Je veux changer ça et qu'ils se disent qu'avec du coeur et les qualités qu'on a, on peut réussir beaucoup de choses. C'est mon 6e pays africain, et je connais bien la mentalité de ces pays. Dans ce continent, ce ne sont pas toujours les noms qui sortent victorieux, mais surtout le coeur et la discipline dans le jeu et quand ça marche on peut rêver. Des pays comme le Botswana et la Guinée Bissau ont réussi à le faire, pourquoi pas la Gambie?».