FUTUR STADE DE TIZI OUZOU

Les vrais chiffres

Les vrais chiffres

Quand on prend des chiffres pour les faire sortir de leur contexte, on devient bien nuisible, car on participe pratiquement à la désinformation. C'est la conclusion d'un constat fait, jeudi dernier, lors d'une virée au stand de l'entreprise algérienne l'Ethb, au Palais des expositions de la Safex (Pins maritimes, Alger) où se déroulent les premiers «États généraux» du sport national. Un état comparatif des projets de ce qui est appelé communément nouveau stade de Tizi Ouzou, en cours de construction, celui d'Allianz Arena en Allemagne et celui de la Juventus de Turin, sont bien incomparables pour la simple raison que les spécificités et contraintes de chacun de ses trois projets sont bien différentes. Ce qui veut dire, en d'autres termes que les médias qui ont critiqué sévèrement le chiffre de 5000 milliards de centimes, coût du nouveau stade de Tizi Ouzou d'une capacité de 50.766 places, annoncé par Mohamed Hattab, ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS), en visite ministérielle le 24 décembre dernier, ont bien manqué de données.

Lecture du tableau comparatif des trois projets
En parcourant les chiffres du tableau comparatif des trois projets (Tizi-Ouzou, Munich, et Turin) exposé au stand de l'Etrhb Haddad au Palais des expositions de la Safex, on remarque ce qui suit:
-la superficie du stade de Tizi Ouzou est de 600.000 m2 et que celle de Turin est de 180.000 m2 alors que celle de l'Allianz Arena est de 171.000m2). Ce qui montre parfaitement que la superficie des deux derniers cités ne constitue même pas le tiers de celle de Tizi Ouzou!
-concernant l'utilisation du béton, pour Tizi Ouzou il s'agit de 240.000 tonnes utilisés alors que à Munich on a utilisé 107.000 tonnes, soit la moitié de Tizi Ouzou. Et à Turin, on a utilisées 40.000 tonnes, mais là, il faut bien rappeler et surtout prendre en considération qu'il s'agissait d'un recyclage des matériaux de l'ancien stade démoli qui a permis donc de réduire le coût d'environ 3 millions d'euros!
- s'agissant de l'utilisation de l'acier, Tizi Ouzou a nécessité 40.000 tonne alors que Munich a utilisé la moitié (20.000 tonnes). Quant à Turin, on a utilisé 6000 tonnes et là, aussi il s'agissait d'un recyclage de l'acier de l'ancien stade démoli.

De la réévaluation
Enfin, et le plus important dans les chiffres, il y a lieu de faire la comparaison des trois projets concernant la différence des coûts: initial et final.Pour Tizi Ouzou le cout initial est de 32 milliards, soit 228 millions d'euros alors que le coût final est de 46 milliards, soit 328 millions d'euros. En d'autres termes on se retrouve avec 30% de réévaluation.
Pour Munich, le cout initial est de 270 millions d'euros alors que le cout final est de 340 millions d'euros, soit une réévaluation de 2%. Quant au coût initial de Turin il est de l'ordre de 105 millions d'euros contre 155 millions d'euros en coût final, soit 33% de réévaluation. De ces comparatifs des coûts, on constate donc que tous les projets, quels qu'ils soient dont ceux qu'on compare cette fois-ci, sont concernés par la réévaluation.

Spécificités et contraintes
Et ce n'est pas terminé en matière de comparaison: car il reste à noter les spécificités et les contraintes qui ne sont pas les mêmes. Pour ce qui est du stade de Tizi Ouzou, il faut savoir d'abord, comme l'a si bien expliqué le responsable du stand de l' Etrhb Haddad, au Palais des expositions de la Safex (Pins maritimes-Alger) qu' «après le lancement du projet, il y a eu la sortie de la nouvelle norme de la FIFA en matière de construction des stades en 2011. Ce qui nous a obligés à réviser tous les paramètres pour être justement aux normes. Il ne faut pas, non plus oublier, surtout le retard dû au problème des expropriations. Il y a eu par la suite, le retard qu'a impliqué la réévaluation puis le retard lié au déplacement des réseaux électriques et bien évidemment celui des intempéries.». «De plus, poursuit notre interlocuteur, maîtrisant parfaitement son sujet, car étant homme de terrain, le stade de Tizi Ouzou est construit sur une colline. Ce qui nécessite le déblayage et le terrassement. A titre d'exemple, le responsable du stand de l' Etrhb Haddad, exposant lors des premiers «États généraux» du sport national au Palais des expositions d'Alger, «il y a eu le déplacement de 1800.000m3 de terre. Soit l'équivalent d'une montagne déplacée pour débrayer le terrain», a-t-il conclu. Ce sont là, les véritables chiffres, spécificités et surtout contraintes qui ont fait retarder l'achèvement de la construction du stade de Tizi Ouzou dont la livraison est prévue à l'issue de ce premier trimestre 2019. A noter qu'enfin il est aussi important de signaler que dans ce nouveau stade de Tizi Ouzou, il s'agit, en fait, d'un terrain dont la superficie totale est de 600.000m2 dans laquelle, on doit retrouver un stade avec gradins contenant 50.000 places; un stade d'athlétisme de 65.000 places; un stade réplique en gazon naturel, un parking avec aménagements extérieurs et VRD de 3600 m2. Et franchement rien qu'en voyant cette maquette de ce futur stade de la région, on se sent déjà si fier d'un tel véritable joyau.