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L'AMA ET LES DONNÉES DU LABO DE MOSCOU

Faisceau d'indices et "terra incognita"

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9 000 échantillons ont été prélevés auprès des sportifs russes9 000 échantillons ont été prélevés auprès des sportifs russes

Avec les données des contrôles récupérées dans l'ancien laboratoire de Moscou, l'Agence mondiale antidopage (AMA) espère construire des dossiers disciplinaires solides contre des sportifs russes.

Mais le chemin est encore long et plein d'embûches. Après les premières révélations sur le dopage dans l'athlétisme russe, le rapport en deux tomes du juriste canadien Richard McLaren (en juillet puis décembre 2016) a dévoilé un système de dopage institutionnel entre 2011 et 2015, ayant pu bénéficier à plus d'un millier de sportifs. Selon ce rapport, réalisé sous l'égide de l'AMA, des échantillons ont été truqués aux Jeux olympiques d'hiver de Sotchi-2014 et le ministère russe des Sports intervenait pour «blanchir» des contrôles positifs au laboratoire de Moscou. L'équipe McLaren a pu compter sur le témoignage de l'ancien directeur du labo, Grigory Rodchenkov, exilé aux Etats-Unis, et d'échanges de courriels attestant des intrusions du ministère dans le processus des contrôles. Le scandale a conduit aux sanctions de l'AMA contre l'Agence russe antidopage, la Rusada. Depuis novembre 2015, le drapeau et l'hymne russes sont bannis des compétitions internationales d'athlétisme, tout comme ils l'ont été aux Jeux d'hiver de Pyeongchang dans toutes les disciplines cette fois, en 2018. Dans les deux cas, des Russes ont toutefois pu concourir sous la bannière neutre. Mais à de rares exceptions, les fédérations internationales n'ont ouvert aucune procédure disciplinaire contre des sportifs, en l'absence de la «reine des preuves», les échantillons d'urine, qui sont restés au laboratoire ou ont été détruits. Pour les JO-2014, le Comité international olympique (CIO) a pu compter sur les flacons qu'il a conservés... sauf que certains ont pu être truqués. Résultat: sur 43 sportifs sanctionnés par des retraits de médailles et disqualifications à vie, le Tribunal arbitral du sport (TAS), l'organe disciplinaire suprême, a annulé 28 décisions pour manque de preuves. Depuis les rapports McLaren, les enquêteurs de l'AMA ont récupéré une autre pièce du puzzle, le Système de gestion de l'information des laboratoires («le LIMS»), une base de données qui recense les contrôles du labo de Moscou entre 2012 et 2015, soit plus de 63.000 échantillons. Or, d'après l'AMA, «plus de 9000 échantillons prélevés auprès des sportifs russes ont produit un résultat positif à la procédure d'analyse initiale», mais ont été enregistrés comme négatifs. Ce chiffre est à prendre avec beaucoup de précautions. «Environ la moitié» résulte de substances autorisées hors compétition, comme le cannabis, ou non prohibées à l'époque, comme le meldonium, expliquait en novembre à l'AFP le directeur des enquêtes et investigations de l'AMA, Günter Younger. L'AMA dispose d'un inventaire des échantillons préservés dans l'ancien laboratoire et compte demander à la Russie les flacons qu'elle juge nécessaires pour les analyser d'ici au 30 juin. Enfin, les informations, si elles ne permettent pas d'ouvrir des dossiers disciplinaires, peuvent nourrir des contrôles ciblés. Un sportif identifié qui échapperait à une sanction serait forcément dans le collimateur

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