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AJAX AMSTERDAM

Les marcheurs Blanc et Rouge

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Les marcheurs Blanc et Rouge

Le frisson continue. Un frisson d'excitation pour l'Ajax et ses supporters, mais un frisson de peur pour ceux qui sont amenés à croiser leur route en demi-finale, puis éventuellement, en finale.

La qualification de l'Ajax aura marqué les quarts de finale de cette édition de la Ligue des champions (2-1, aller 1-1). Par l'adversaire éliminé, déjà, puisque la Juventus pensait avoir mis les moyens nécessaires en s'offrant Ronaldo pour aller décrocher le titre européen suprême, 23 ans après le dernier. Mais surtout, fondamentalement, elle aura marqué ces quarts et cette Ligue des champions par le jeu. Par son jeu. Par ce jeu vif, tranchant et virevoltant déployé à chaque match. Par cette façon de jouer non pas pour ne pas prendre de but ou conserver un résultat, mais pour tourner le couteau dans la plaie le plus souvent possible. Par ce pressing de tous les instants. Par cette volonté d'évoluer le plus loin possible de son camp pour envahir celui de l'opposant. Par cette faculté à être sur tous les deuxièmes ballons, à s'arracher sur chaque perte de balle. Par cette propension à réparer chaque petite erreur commise ou à profiter d'une erreur de l'adversaire pour en faire une occasion franche. Par cette façon de construire toutes ses actions, dans tous les registres: contres, attaques placées, dans les grandes largeurs, les diagonales assassines et les petits espaces, dans un mélange de simplicité et de technique. Par cette débauche d'énergie qui donne l'impression qu'il y a toujours plus de joueurs devant le porteur du ballon que derrière, qu'ils sont mille face à onze. Qu'il y a toujours plus de solutions que de problèmes. Par cet alliage de joueurs qui confirment, qui se révèlent ou se relèvent. Par cette sensation que ces mecs sont de plus en plus forts, de plus en plus efficaces, de plus en plus redoutables au fil des rencontres. Qu'ils se trouvent de plus en plus facilement, de plus en plus vite, et qu'ils se régénèrent pour inventer de nouvelles choses chaque milieu de semaine. Rien ne semble actuellement pouvoir arrêter cette vague venue du Nord de l'Europe, ces Marcheurs Blanc et Rouge - qui jouent parfois en noir, certes - qui défient les grandes familles du continent: deux nuls face au Bayern en poule avant d'éliminer le Real Madrid, triple tenant du titre, en huitièmes et d'abattre le géant de Turin en quarts de finale.
La comparaison est d'actualité: si les Marcheurs blancs de Game Of Thrones attaquent Winterfell et Port-Real comme les coéquipiers de Zyech, De Jong et De Ligt, le Trône de fer ne devrait pas leur échapper à la fin de la saison 8. Cet Ajax est peut-être la meilleure chose qui pouvait arriver à cette compétition, à cette Ligue des champions que d'aucuns veulent réformer, au détriment d'équipes comme... l'Ajax. Tout comme de nombreux fans de la série issue des bouquins de George R.R. Martin verraient dans une victoire finale des morts-vivants une bonne leçon d'humilité administrée à toutes ces grandes familles aussi arrogantes et machiavéliques qu'ambitieuses qui se disputent le pouvoir depuis trop longtemps avec leurs fortunes démentielles.
Dès lors, les futurs adversaires de cet Ajax sont prévenus: il ne reste que trois coups d'envoi tout au plus pour trouver leur point faible et l'arme secrète pour les battre avant qu'ils ne s'emparent du trophée le plus convoité de la saison. Et comme les dragons et les épées en acier valyrien n'existent que dans les sagas d'heroïc fantasy, ça fait déjà quelques options de moins sur la table...

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