11ES JEUX SPORTIFS ARABES
Les étudiants, le karaté et le MJS
Pas facile de faire du sport quand des décisions ne sont pas appliquées sur le terrain.
Le sport algérien est voué aux histoires de «bricolage» mais surtout de bureaucratie dont il ne semble pas en sortir. Disons qu´elles lui vont comme un gant pour une main et l´un ne va pas sans les autres. A l´occasion de ces Jeux sportifs arabes, nous avons pu mesurer combien ces histoires peuvent nuire au fonctionnement de ce sport qui focalise, sur lui l´attention de la sphère publique en dépit de ses résultats en dents de scie sur le terrain. Ces Jeux se déroulent, ainsi, en période scolaire et universitaire et on devine que cela n´a pas du être facile pour les Fédérations sportives algériennes d´avoir tous les athlètes qu´elles souhaitaient.
Normalement, il existe des textes qui permettent à des sportifs de s´absenter de leurs cours pour une période donnée pour pouvoir prendre part à une compétition internationale. A leur retour de celle-ci, ils ont des cours spéciaux pour rattraper leur retard et en cas d´examen, ils passent une session spéciale. Ces textes ne sont pas le fait du prince. Il s´agit de documents ayant l´accord des ministres de la Jeunesse et des Sports, celui de l´Education nationale et celui de l´Enseignement supérieur.
| L´Algérie décroche 8 médailles dont 3 en or |
L´Algérie a décroché, samedi, lors de la dernière journée des 11es Jeux sportifs arabes organisés en Egypte, trois médailles d´or, deux en argent et trois en bronze en athlétisme et au badminton. |
Malgré cela, il est des proviseurs de lycée et des directeurs de certaines facultés à refuser ce qu´ils considèrent comme un privilège inacceptable.
On peut les comprendre. Ils ont un programme à faire respecter et des étudiants à placer sur un pied d´égalité. Seulement s´ils sont en désaccord avec cette situation, il ne tient qu´à eux de le dire clairement, à haute et intelligible voix, mais pas dans les dédales de couloirs ou dans certains bureaux des universités dont ils dépendent. Il est vrai que les études universitaires, c´est quelque chose de sérieux et un champion doit les suivre sans bénéficier d´un coup de pouce par rapport à ces camarades de promotion. Mais s´agissant de sport, la réglementation prévoit une prise en charge spécifique à propos de laquelle les proviseurs de lycée et les directeurs d´études de certaines facultés doivent se prononcer ou se taire une fois pour toute.
Le drame c´est que nous avons appris qu´un institut sous tutelle du MJS, qui doit, donc, être le premier à respecter les directives de ce dernier, est celui qui cause le plus de soucis aux étudiants sportifs. Il s´agit de l´ISTS au sujet duquel des étudiants qui participent aux 11es Jeux sportifs arabes nous ont dit qu´il faisait tout pour les bloquer. «Le problème ne vient pas du directeur de l´Institut, M.Guemar, nous a dit une athlète. Au contraire celui-ci est le seul à nous comprendre et fait son possible pour nous aider. Malheureusement, il est mal épaulé et ce sont ses adjoints, et à son insu, qui nous créent des problèmes. On ne peut plus continuer de la sorte».
Une autre forme de «bricolage» nous a été révélée par les responsables du karaté présents au caire. Voila une discipline qui détient un arrêté ministériel concernant une salle fédérale située à Oued Roumane dans la proche banlieue d´Alger et qui ne peut servir parce que l´arrêté en question n´a aucune valeur juridique.
C´est bon de donner quelque chose à quelqu´un, le tout est de s´assurer qu´on peut le faire. Selon les découpages que nous avons pu faire, la salle en question appartiendrait à l´APC du coin et le MJS, du temps du précédent ministre, ne pouvait pas donner quelque chose qui ne lui appartenait pas.
En tout cas, APC ou MJS, la Fédération de karaté est toujours sans salle. On passera sur des histoires de tapis qu´on a enlevé à cette fédération alors qu´elle prépare les athlètes de l´équipe nationale (la loi sur le sport indique que l´Etat est là pour aider et soutenir les équipes nationales) pour parler de la manière peu orthodoxe dont sont gérées les participations de nos équipes nationales à l´étranger. Celles des cadets et des juniors de karaté devaient prendre part aux derniers Mondiaux qui s´étaient déroulés à Istanbul.
Selon les responsables de cette fédération, le MJS leur aurait demandé d´enlever des athlètes de la liste pour n´envoyer que quatre par sexe, soit huit en tout. A quoi cela sert-il d´envoyer que quatre athlètes alors que la compétition par équipes en exige cinq? Nous serions, dans ce cas, partis en Turquie pour rien.
Une belle leçon pour que ceci ne se reproduise pas. Mais sait-on retenir les leçons dans le sport algérien? Cela est loin d´être une évidence.

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