CHAMPIONNAT À BLANC
Les présidents et techniciens divisés
C’est une histoire très vieille qui vient d’être remise au goût du jour.
Le fameux dossier du championnat à blanc ne fait pas vraiment l´unanimité au sein de la grande famille footballistique algérienne. En effet, ce dossier était l´objet d´une rencontre-débat hier matin au forum de la Radio algérienne (Chaîne I) entre certains présidents de clubs, à l´instar de Mourad Lahlou du NAHD et Malik Attia de l´OMR, un technicien en la personne de Noureddine Saâdi et bien sûr nos confrères. A première vue, cette idée fait l´unanimité, comme l´attestent les déclarations des présidents de clubs. «Personnellement, je suis entièrement d´accord pour un championnat à blanc qui ne sera que bénéfique pour le développement du football algérien» a précisé le président du NAHD, Mourad Lahlou.
Des propos fortement appuyés par son homologue de l´OM Ruisseau, Malik Attia: «A mon avis, c´est une excellente idée pour faire bouger les choses car avec un tel niveau, on n´a rien à espérer même d´ici à 10 ans» a-t-il ajouté.
De son côté, Noureddine Saâdi estime que le championnat à blanc est loin d´être une bonne idée: «Sincèrement, c´est une très mauvaise idée d´autant plus, qu´aucun programme précis n´a été préparé pour faire face à cette nouvelle situation.» Le président de la JS Kabylie, Moh Chérif Hannachi, dont l´intervention datait de vendredi dernier et qui avait été enregistrée, pense, quant à lui, qu´avant d´évoquer cette idée de championnat à blanc, il faut tout d´abord penser à la compétition internationale, que ce soit celle des clubs ou celle des différentes équipes nationales. Il est même allé plus loin en déclarant textuellement: «C´est tout simplement du n´importe quoi. A-t-on pensé aux compétitions internationales des clubs ou des équipes nationales?» a-t-il précisé avant d´ajouter «d´ailleurs, je demande à tous ceux qui sont derrière cette idée de nous donner les solutions adéquates pour régler les contrats des joueurs».
Noureddine Sâadi a estimé que l´on «se trompait de priorité. A mon avis c´est une erreur de penser en premier aux équipes nationales. Celles-ci doivent intervenir en dernier, une fois que les conditions de remise sur les rails du football aient été garanties. Notre football n´a plus de niveau. Des joueurs perçoivent jusqu´à 90% de leur prime de signature avant que le championnat ne débute. Comment voulez-vous les motiver après ça?».
Mourad Lahlou a de son côté, argumenté la défense du projet par le fait que «cela va permettre aux clubs de se pencher sur la formation et se détourner des recrutements faramineux. L´équipe nationale n´est plus formée de joueurs locaux. Cela prouve qu´il y a eu faillite dans la formation. Seul un championnat à blanc pourra solutionner ce genre de problème.» Quant à Malek Attia, il n´a pas hésité à dire «que le championnat algérien était le plus faible en Afrique et dans le monde arabe», préconisant, même, un arrêt total de cette compétition «pour repartir sur des bases plus saines.»
Toutes ces déclarations démontrent que l´idée du championnat à blanc risque de faire l´objet d´une grande polémique entre tous les acteurs du football algérien en général.

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