Tizi Ouzou se drape de vert
La joie laisse place aux pronostics. Chacun s’adonne à ses probabilités pour mesurer les chances des Fennecs.
La joie n´a pas attendu la fin de la rencontre pour se montrer sur les visages. La satisfaction est apparue à un quart d´heure du début du match. Les camarades de Bouguerra ont montré des dispositions à vaincre l´adversaire qui n´était autre que les Three Lions de la Couronne britannique. «J´étais sûr que ce n´était pas l´équipe qui a perdu face à la Slovénie. C´était l´entraîneur et sa tactique», commentait Ali, à vingt minutes de jeu. A la mi-temps, les rues et les places des villages étaient encore vides. Les regroupements se formaient devant les écrans. L´on s´éloignait un peu pour fumer une cigarette, pour respirer, et pour s´échanger des commentaires par téléphone.
«La machine anglaise est grippée. Il y avait beaucoup de grains qui s´appelaient Bougherra, Halliche, Antar Yahia et bien d´autres», ricanait Madjid. Les Verts entameront une seconde mi-temps au même rythme. Les actions de Matmour, les récupérations de Lacen et les arrêts fabuleux des défenseurs étaient applaudis comme des buts dans les filets adverses.
On entendait des cris à des kilomètres. Dans les dernières minutes, le pressing conduit par Gérard était grand. Scotchés devant leur écran, les gens retenaient leur souffle. Le score pouvait changer à chaque seconde. Les Verts ne désarmaient pas, une victoire était plus que possible. «Le nul est synonyme d´une victoire sur l´arrogance des Anglais», fulminait un autre supporter qui n´en pouvait plus.
Le sifflet de l´arbitre retentit au milieu du son des vuvuzelas. Les cafés se vidèrent en quelques instants. Dehors, c´était déjà la fête. Les rues étaient noires de monde. Tous fêtaient l´exploit. Les cortèges se formaient au milieu des passants. Les drapeaux verts et rouge réapparaissaient.
Dans la ville, la fête a duré jusque tard dans la nuit. Les klaxons, les youyous fusaient de toutes parts. La matinée d´hier, c´était encore la joie. Il y avait la grande fête. Le moral était au plus haut. Les chansons composées à la gloire des Verts retentissaient de tous les disquaires.
Les objets de couleur verte, les drapeaux, les maillots étaient étalés à tous les coins de rue. C´était aussi une occasion pour mettre la musique à fond. Les discussions étaient focalisées sur l´exploit de la veille. Un seul sujet: la qualification est encore possible. Tout le monde s´essayait au jeu des probabilités. Une seule finalité: il faut battre les Etats-Unis. «Avec une équipe pareille, la victoire est possible», pronostiquait Lhocine, serveur dans un café de la ville. «Je n´ai peur que des fautes tactiques. Il faut laisser les garçons jouer comme ils savent bien le faire», rétorquait son camarade Achour.

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