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Obama et «le Far West en Libye»

Dans son livre qui vient de paraître, Obama explique pourquoi le chaos en Libye «a été la pire erreur de sa présidence»…

Confessions. Barack Obama a été le 44ème président des Etats-Unis durant deux mandats de 2009 à 2017. Dans un livre, «La terre promise» qui vient de paraître, il retrace les principaux événements qui ont secoué le monde durant son séjour à la Maison-Blanche. S'il s'attarde plus sur l'élimination de Ben Laden, tel un trophée que l'on brandit, il passe, néanmoins, en revue plusieurs autres conflits internationaux qu'il a eu à gérer comme «le printemps arabe». Il décrit plus en détail le cas de l'Egypte dirigée par Hosni Moubarak beaucoup plus que la Tunisie d'où est parti le mouvement. Mais c'est le cas de la Libye qui lui donne le plus de «regrets». Nous vous en livrons quelques extraits: «Moins d'une semaine après la démission de Moubarak en Égypte, les forces de sécurité de Kadhafi avaient ouvert le feu sur un groupe de civils protestant contre l'arrestation d'un avocat. En quelques jours, le mouvement social s'était répandu et plus d'une centaine de personnes avaient été tuées. Une semaine plus tard, le pays était en situation de rébellion ouverte et les forces antigouvernementales prenaient le contrôle de Benghazi, la deuxième ville du pays. Des diplomates libyens et d'anciens loyalistes, dont l'ambassadeur du pays auprès de l'ONU, ont commencé à faire défection en appelant la communauté internationale à venir en aide au peuple libyen...nous avons rapidement tout mis en oeuvre, hormis le recours à l'armée, pour arrêter Kadhafi. Je l'ai invité à se retirer du pouvoir au motif qu'il n'avait plus aucune légitimité. Nous avons instauré des sanctions économiques, gelé des milliards de dollars en capital appartenant à sa famille et à lui, et, au Conseil de sécurité de l'ONU, mis la Libye sous embargo et porté l'affaire devant la Cour pénale internationale afin que Kadhafi et d'autres soient jugés pour crimes contre l'humanité. Mais il persistait. Selon les prévisions de nos analystes, si ses forces atteignaient Benghazi, elles risquaient de faire des milliers de morts. À peu près au même moment, des ONG et quelques journalistes se sont fait entendre, rapidement rejoints par le Congrès et l'ensemble de la presse, pour exiger que les États-Unis interviennent militairement contre Kadhafi...Pour autant, et malgré mon instinct qui me poussait à sauver les innocents menacés par les tyrans, j'hésitais à ordonner une action militaire en Libye...». C'est alors que «les partisans d'une intervention américaine» parmi ses conseillers, ont insisté sur «l'idée d'une zone d'exclusion aérienne pour maintenir au sol les appareils du régime et ainsi empêcher les bombardements, mesure présentée comme un moyen de sauver le peuple libyen sans risques et sans bavures...Ce qu'ils oubliaient de prendre en compte, c'était que, pour instaurer une zone d'exclusion dans l'espace aérien libyen, nous allions d'abord devoir tirer des missiles sur Tripoli afin de détruire les défenses aériennes du régime - un acte de guerre incontestable contre un pays qui ne représentait aucune menace pour nous. Et, en plus de cela, rien ne nous assurait qu'une zone d'exclusion aérienne aurait un quelconque effet, dans la mesure où Kadhafi se servait de ses troupes terrestres, et non de ses avions, pour attaquer les places fortes de la rébellion... Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy, durement critiqué en France pour avoir soutenu jusqu'au bout le régime de Ben Ali en Tunisie, a soudainement décidé d'embrasser la cause du peuple libyen. Main dans la main avec David Cameron, il a annoncé son intention de proposer sur-le-champ une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU pour autoriser une coalition internationale à établir une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye... J'étais agacé de m'être fait coincer par Sarkozy et Cameron, qui cherchaient en partie à arranger leur image dans leur pays, et je n'éprouvais que du mépris envers l'hypocrisie de la Ligue arabe...» Une fois la résolution adoptée par le Conseil de sécurité le 17 mars 2011 «j'ai publiquement offert une dernière chance à Kadhafi en l'invitant à retirer ses troupes et à respecter le droit du peuple libyen à manifester pacifiquement...Benghazi et les autres zones rebelles commençaient à ressembler au Far West». Pas un mot sur la reconnaissance par la France du Conseil de transition libyen introduit à l'Elysée par BHL. Pas un mot sur l'assassinat De kadhafi. Peut-être en sera-t-il question dans le 2ème tome prévu pour plus tard. Sur l'Algérie durant cette période, Obama a simplement rappelé la levée de l'état d'urgence comme parade contre une éventuelle contamination. L'impression qui se dégage de la lecture de ce livre est que l'auteur a privilégié l'anecdote au dessous des cartes politiques. Pas de quoi fouetter un chat!

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