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À mains nues, la bagarre!

Lorsque deux jeunes ont été pris en pleine rixe dans la rue, le procureur pouvait ajouter le trouble à l’ordre public...

Miloud. M. et Chaàbi. M. deux jeunes de 25 et 23 ans, voisins de la même artère, qui, comble de désespoir, s'appelle, tenez-vous bien, «avenue de la Paix», en sont venus aux mains, nous allions écrire, pour rien.
Les deux bonshommes font dans le commerce informel, cette pratique qui fait gagner beaucoup de dinars et pas que...
Le vendredi matin, au marché, les deux jeunes amis, entourés des voisins de quartier, discutent doucement avant que l'un d'eux n'élève le ton. En général, lorsque le ton monte, la tension suit, les nerfs lâchent et l'irréparable survient, contre toute attente.
Les coups de poing succèdent aux coups de tête et aux coups de pied!
La bagarre qui s'ensuit ameutera des curieux qui ont dû oublier, comme les deux bagarreurs, que vendredi, est un jour saint et sain. Pour le service d'ordre qui est en pleine action, une bagarre le vendredi ou le mardi, c'est du pareil au même. Juridiquement, c'est un trouble à l'ordre public, fait prévu et puni par l'article 422 bis. (loi n° 82-04 du 13 février 1982): «Sont punis d'une amende de 100 à 1 000 DA et peuvent l'être, en outre, de l'emprisonnement pendant 10 jours au plus, les auteurs et complices de rixes, de voies de fait ou violences légères et ceux qui jettent, volontairement, des corps durs ou des immondices sur quelqu'un. Sont punis des même peines ceux qui troublent la tranquillité des habitants par bruits, tapages, attroupement nocturnes et utilisation d'appareils sonores ou encombrent, par des jeux collectifs ou tout autre moyen, des lieux publics ou destinés au passage public.»
À cela, les flics accourus ramasser tout ce beau monde et ramener le calme perturbé par cet incident. Evidemment, là aussi, les coups et blessures vont droit sur l'article 264 (loi n°06-23 du 20 novembre 2006).
Les deux inculpés sentent la poudre noire de l'impitoyable loi qui va plutôt rapprocher les deux gus que les éloigner.
Le magistrat, est, ce matin, enclin au pardon en voyant les têtes des jeunes et sympathiques inculpés. «Vous n'avez rien à dire devant le tribunal?»
Une question qui vaut son pesant de circonstances atténuantes pour peu que Miloud et Chaàbi échangent leurs excuses! Et effectivement, ce qu'attendait tout ce beau monde, arriva. «Monsieur le juge, je présente mes excuses à Miloud à qui j'ai porté atteinte gratuitement, ainsi qu'à la justice que j'ai dérangée. Je demande pardon à la mémoire de la défunte mère de Miloud que j'ai insultée! Satan était là et on n'y pouvait rien... C'est alors que le président, muet jusque-là, interrompit l'inculpé: «Vous venez de nommer un troisième inculpé qui n'est pas ici. «Satan? Où est - il? Qu'on le ramène, qu'on l'écoute et qu'on l'inculpe à son tour!» ironise le juge, comme s'il tenait à dégeler l'atmosphère, si lourde, que l'on croirait que le pesant verdict venait d'être donné, lu et l'audience enfin levée! Puis ce sera au tour de Chaàbi de s'amender: «Moi aussi, je joins ma voix à celle de mon frère Miloud pour m'excuser des désagréments causés à tout le monde! Cela ne se répètera plus, je le jure, monsieur le président!»
Le juge qui ne cessait de prendre note, invita le procureur à requérir, ensuite après avoir noté les 6 mois fermes, appela les deux conseils à plaider la cause.
Les avocats furent aussi brefs que leurs clients, prenant en compte la réconciliation.
Le dernier mot prononcé par les deux gus, le juge transcrivit sur le siège le verdict, les six mois assortis du sursis, avant d'avertir les désormais inculpés, mais libres!

De Quoi j'me Mêle

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