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Zakaria Hadji, promoteur événementiel, à L'Expression

«Il faut encourager les entreprises privées...»

Promoteur d'événementiel dans le secteur du spectacle et du divertissement en Algérie, (Blackout festival, nblaâkawti etc., Ndlr) Zakarya Hadji tire la sonnette d'alarme quant à cette situation alarmante qui prévaut aujourd'hui, jetant ainsi les nombreux acteurs qui gravitent autour de cette profession en pâture, sans aucune source de revenu et ce, depuis de nombreux mois. Il en appelle ainsi aux hautes les responsables compétentes dans ce domaine afin de s'en charger tout en apportant ses doléances et propositions en vue d'améliorer la situation de ce secteur actuellement moribond...

L'Expression: Vous avez poussé un coup de gueule récemment, sur les réseaux sociaux. Pourriez-vous nous dire de quoi ça parle et pourquoi?
Zakaria Hadji: Laissez-moi d'abord vous dire que ce n'est pas un coup de gueule en bonne et due forme, mais j'ai plutôt mis en clair la situation de plusieurs personnes et acteurs du secteur culturel en Algérie, d'une manière diplomatique, technique et démocratique, nous ne sommes pas des personnes rudes, mais parfois il faut tirer la sonnette d'alarme, car nous nous sentons aussi responsables d'être restés silencieux pendant assez longtemps. Pour revenir à votre question, on va dire que ça parle de la situation actuelle du secteur culturel et de divertissement en Algérie, pas uniquement en période de Covid-19, mais de manière générale puisqu'il faut admettre que la situation est ambiguë depuis plusieurs années maintenant.

En tant que responsable dans l'événementiel culturel, quelle est aujourd'hui, votre sentiment et l'état des lieux de votre situation après plusieurs mois d'arrêt de travail?
Avant de parler de tout aspect financier, il faut prendre en considération l'aspect moral, nous avons choisi ce métier même si nous connaissions les difficultés que ça allait engendrer, pour des objectifs précis, notamment éduquer le citoyen pour le divertissement, utiliser l'arrivée des artistes étrangers pour faire le marketing régional de notre zone, ce qui, à la base, est un plus pour un pays qui aspire à développer son secteur touristique, et tout ça, est un plus aussi bien dans l'aspect sociologique qu'économique, mais rester à l'arrêt durant une longue période, dans un silence total, nous pousse à douter de la bonne volonté des personnes responsables de ce secteur.

En tant qu'organisateur du premier grand festival international dédié à la musique électronique, à savoir le Blackout festival, est-ce ce que votre manque à gagner est énorme?
Il faut souligner que le blackout festival n'est pas un festival ou un événement qui rend ses organisateurs riches, cet événement est une vision et philosophie avant tout, nous avons un public fan de ce genre musical, nous avons des talents à qui on veut ouvrir une scène professionnelle afin qu'ils puissent aussi bien se mettre en avant et acquérir de l'expérience en grand public. Nous existons depuis 8 ans avec plus de 50 éditions à notre actif, mais il faut souligner que les sponsors se font de plus en plus rares, nous réalisons nos éditions avec un sponsor, et souvent sans, donc pour dire que le manque à gagner est énorme, c'est faux, mais comme je vous l'ai dit précédemment, nous vivons de passion avant tout, et faire cette pause après sans relâche est juste décevant.

Vous avez relevé l'autre jour l'absence de travail des autres acteurs qui gravitent autour des métiers des arts du spectacle. Un mot-là-dessus?
C'est peut-être le volet le plus important de mon «statut» sur les réseaux sociaux, nous avons tendance à nous concentrer sur le producteur de spectacle et les artistes, mais nous oublions qu'un événement c'est une centaine de personnes qui nourrissent leurs familles à travers leurs métiers, aujourd'hui nous devons parler des agents de sécurité, des techniciens du son, light et VJ, des serveurs, des chefs du projet et de tout l'écosystème de l'évènementiel, parce que je pense que la symbiose de tous ces métiers fait la réussite ou l'échec des événements et, malheureusement, si la situation perdure, beaucoup se verront changer de métier et dans quelques années on se retrouvera à importer des métiers qui, à la base, étaient formés en Algérie, d'ailleurs comme c'est le cas pour beaucoup de métiers actuellement.

L'Onda a envoyé des «aides financières» à quelques artistes qui lui sont affiliés. Qu'en est-il de votre cas?
Pour être honnête avec vous, je ne me considère plus artiste depuis quelques temps et je n'ai jamais été affilié à l'Onda ou une autre institution, donc je pense que le mieux est de poser la question aux artistes qui ont reçu des dons de cette entité.

Quelles sont vos doléances justement, quant à l'amélioration du secteur culturel et, notamment celui des arts du spectacle en Algérie?
Je pense sincèrement que la pause due à la pandémie doit nous aider à remettre le train sur de bons rails, à commencer par instaurer un climat de confiance entre les promoteurs de spectacles privés et les institutions étatiques.
Il faut aussi encourager les entreprises privées, à utiliser ces événements pour se promouvoir ou faire leurs campagnes à travers des événements privés, afin que le consommateur n'ait pas de retombées sur le prix d'accès qui pourrait toucher à son pouvoir d'achat, sachant que les concerts et autres activités de divertissement sont importants pour le train de vie de n'importe quel citoyen, afin qu'il puisse se ressourcer durant le week-end. Il y a aussi, un travail économique à réaliser, les institutions étatiques doivent comprendre que depuis quelques années en l'absence des sponsors, les prix de location sont considérablement élevés (enfin, pour nous c'est le cas) et cela n'encourage pas les promoteurs à faire une multitude d'événements, et la plupart s'arrêtent à un seul événement annuel et, ainsi, on voit la cadence du spectacle freiner d'année en année.
Pour finir, les événements grands publics se planifient généralement de 9 à 12 mois à l'avance, donc nous avons besoin de visibilité constante afin que nous puissions définir les dates des événements, ainsi avoir une marge d'avance pour boucler l'arrivée des artistes étrangers et locaux et éviter tout faux pas, parce que dans les circonstances actuelles, un faux pas est synonyme de déficit, et aucun promoteur de spectacle ne peut supporter plusieurs déficits à la fois, surtout quand il n'y a pas d'encouragement et d'encadrement des institutions concernées.

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