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Romans algériens au présent de Salah Ameziane

Salim Bachi et les autres...

Les éditions Frantz Fanon, dirigées par l’écrivain et journaliste Amar Ingrachen, continuent de surprendre agréablement avec leurs découvertes qui ne cessent d’enrichir un catalogue déjà bien achalandé, à tous points de vue.

Doucement, mais sûrement, cette maison d'édition, pourtant encore jeune, compte désormais, parmi les meilleures que compte le pays. Cette fois-ci, les éditions «Frantz Fanon» proposent à ses nombreux lecteurs «Romans algériens au présent, écrire au tournant des XXe et XXIe siècles», un essai de l'écrivain Salah Ameziane et dont la préface porte la griffe d'une sommité littéraire et non des moindres: Christiane Chaulet Achour.
L'éditeur précise que, désormais, ce livre est disponible dans toutes les bonnes librairies en Algérie et à la commande directement auprès de l'éditeur. Il sera également disponible les 1 et 2 juin à la librairie du Maghreb des livres à l'Hôtel de ville de Paris. «Nous tenons à remercier particulièrement l'auteur pour son investissement intellectuel dans le sens de la restauration de notre mémoire fracturée des années 90, la préfacière pour son soutien et l'Institut français d'Algérie pour son estimable contribution à la réalisation de l'ouvrage», ajoute encore l'éditeur. Selon le texte de la préface signée par Christiane Chaulet Achour, la réflexion engagée dans cet ouvrage est nécessaire à une meilleure connaissance de la littérature algérienne d'aujourd'hui. Le livre analyse l'expérience historico-littéraire post-1989.
Les oeuvres de nombreux écrivains algériens y sont ainsi étudiées, analysées et décortiquées par Salah Ameziane. On peut citer: Nourredine Saadi, Malika Mokeddem, Maïssa Bey, Anouar Benmalek, Salima Ghezali et Salim Bachi. La romancière Maissa Bey souligne de son côté: «Confrontées à un contexte impérieux, les oeuvres étudiées dans ce livre consignent et interrogent l'épreuve du basculement dans la violence au tournant des années 1990 et 2000. Dans une écriture qui réévalue la?vertu de la trace? (voeu d'Assia Djebar), ces textes s'éprouvent à absorber l'événement grâce au filtrage littéraire et à la liberté que peut donner l'alibi de la fiction». Mais, indique-t-on en outre, tout en imprimant une texture romancée au présent, les récits convoquent l'Histoire passée et tissent la trame de cet épilogue tragique, échappant ainsi au piège de l'immédiateté et ses clôtures spéculatives. «Dans un jeu de miroirs constant qui «littérarise» la trajectoire algérienne, les écrivains comblent les béances de la mémoire collective afin de contrarier l'écueil du repli, dépasser le péril de l'amnésie, évacuer les traumatismes subis», est-il ajouté. Le livre est émaillé de citations des auteurs dont les romans sont étudiés. Pour le regretté Nourredine Saadi, il y a des moments où écrire donne des racines à la mémoire». Salima Ghezali estime que le passé pleure en nous jusqu'à ce qu'on l'écrive au présent. Quant aux brillantissime Salim Bachi, il rappelle que si l'histoire antique et l'histoire récente avaient été écrites, nous ne serions pas là à faire face à une violence qui menace d'effacer le conteur et le conte. Pour sa part, Anouar Benmalek, auteur du roman culte.
Les amants désunis, souligne que si l'histoire de l'Algérie reste un matériau romanesque prodigieux, le parcours offert au lecteur déploie un réexamen narré du douloureux cheminement culturel du pays depuis la blessure coloniale.
«Les romanciers convertissent les discontinuités et les fractures vécues en chance d'adaptation, de recouvrement ouvert à l'altérité comme enjeu essentiel.
En exploitant une connaissance subjective du passé, la mémoire cultivée s'avère source de résilience, d'éclairage, voire de résistance - bien que la langue nourricière ne soit pas forcément celle de la mère, concède Malika Mokkedem.
La greffe francophone, comme expérience formatrice, se découvre nourrie, car le roman post-1989 sollicite toute son antériorité et toutes ses filiations dans un inédit investissement intertextuel qui convie les figures tutélaires: Feraoun, Camus, Ouary, Mammeri, Pélégri, Sénac, Haddad, Kateb, Gréki, les Amrouche», analyse l'auteur. Comme on peut le découvrir dans «La Kahéna» de Salim Bachi, les auteurs retenus confirment l'enseignement de Dib comme quoi une identité se vit, elle ne se définit pas, apprend-on encore.
L'éditeur précise que dans le sillage des titres étudiés, l'essai de Salah Améziane, appuyé par un regard théorique et un effort synthétique, apporte un prolongement culturel et une mise en perspective historique à cette production romanesque qui marque une phase majeure dans l'évolution renouvelée de la littérature algérienne contemporaine.

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