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La Terre va mal

Très attendue par les peuples conscients des enjeux du changement climatique, la COP 27 s'est achevée dimanche, dans une atmosphère de grande frustration. C'est la plus longue de toutes les COP, et c'est aussi la plus décevante par rapport aux attentes affichées à son ouverture, le 6 novembre dernier, à Charm el-Cheikh, en Égypte. «Ça n'a pas été facile» mais «nous avons finalement rempli notre mission», a assuré son président, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, les pays africains ayant obtenu un fonds pour soulager les souffrances des peuples les plus affectés par les changements climatiques alors même qu'ils ne contribuent en rien aux causes du phénomène. La COP27 a approuvé la création de ce fonds en vue de financer les dégâts climatiques subis par les pays «particulièrement vulnérables». Cela n'a pas été du goût des principaux pollueurs, qui ont freiné de toute leur force, et la question reste posée de savoir dans quelle proportion ce fonds sera effectivement utile. Quant à l'enjeu majeur de la réduction des gaz à effet de serre, les discussions n'ont abouti à rien, sinon de vagues promesses, tandis que les conséquences dévastatrices se multiplient partout dans la planète, au Pakistan comme au Nigeria, où les inondations ont été meurtrières.
Les participants ont fini par adopter, au prix de multiples acrobaties et de nombreux compromis, une Déclaration finale qui appelle à une réduction «rapide» des émissions de gaz mais elle ne comporte aucun engagement marquant par rapport à la COP précédente, à Glasgow, en Écosse. Le SG de l'ONU, Antonio Guterres, n'a pas fait mystère de son amertume en concluant que la COP 27 n'a pas répondu aux exigences de la situation. Les tractations ont été si difficiles que le calendrier en a été bousculé et la COP 27 elle-même a failli tourner court, tant le texte sur l'aide aux pays pauvres aura été contesté par les plus riches. Elles ont consacré l'impasse pour ce qui est de l'objectif le plus ambitieux de l'accord de Paris. Le réchauffement «devrait être contenu» à hauteur de 1,5°C, est-il affirmé dans la Déclaration de la COP 27 mais c'est plus un voeu pieux qu'un véritable programme. Les engagements pris ne permettent nullement de tenir cet objectif ni de contenir la courbe du réchauffement à 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle. Même concrétisés, ils ne freineront pas la trajectoire de plus de 2,4°C en 2100, voire celle, désastreuse, de 2,8°C, au rythme actuel des émissions. Quand on considère les récentes catastrophes, entre sécheresses, incendies et inondations gigantesques, on mesure à quel point la Terre est en danger.

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