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Les dynasties libyennes

Comme prévu, le chef du gouvernement parallèle, mis en place à Benghazi par la Chambre des députés en 2021, Fathi Bachagha, a été «suspendu» par la même instance que dirige Aguila Saleh. Non seulement, cet exécutif n'est pas parvenu à déloger le gouvernement validé par l'ONU et dirigé par Abdelhamid Dbeiba mais le deal qui le sous-tendait a fini par céder. La raison du litige entre Bachagha et les fils du maréchal Khalifa Haftar concerne l'octroi de quelque 600 millions de dollars, une dotation que Bachagha a refusé de signer au point de s'attirer les foudres du clan Haftar. Non contents d'avoir mis fin au peu reluisant parcours de l'ancien ministre de l'Intérieur du gouvernement d'union que conduisait Fayez al Serraj, les députés du Parlement de Tobrouk mais officiant à Benghazi ont, aussi, ouvert «une enquête» à son encontre, au terme d'une réunion à huis clos. Aucune explication quant à l'objet de cette enquête n'a été formulée, sinon que le «ministre des Finances Oussama Hamad a été chargé de gérer les affaires de la Primature», dans l'attente des conclusions. Puissant homme d'affaires de Misrata, Fathi Bachagha avait tout tenté pour remplacer Fayez al Serraj mais, face aux vents contraires, il a choisi, en mars 2022, de conclure un pacte risqué avec Haftar et son homme lige, persuadé que «son» gouvernement finirait par s'installer à Tripoli, au prix de durs combats qui ont causé d'importants dégâts dans la capitale. La suite, on la connaît. Reparti ventre à terre à Syrte, il a eu bien du mal à garder son statut de poids lourd de l'Ouest libyen, se voyant reprocher par ses alliés de circonstance de n'avoir pas mené à bien la «réconciliation nationale». Et la médiation onusienne, dira-t-on? Le travail de Abdulay Bathily, pour aussi méritoire qu'il soit, n'est pas de tout repos. L'envoyé spécial du SG de l'ONU court, sans cesse, entre les factions armées, les partis et la société civile, avec comme obsession d'arracher une base constitutionnelle posée comme condition première d'une tenue des élections générales. Or, on voit clairement que tout ce beau monde n'en a que faire, le statu quo assurant de belles années de profit et de carrière consommée. Seul le peuple libyen appelle de ses voeux ces élections dont la présidentielle, tant il est convaincu que la sortie de crise passe par le choix d'une personnalité consensuelle, investie des prérogatives nécessaires pour mettre fin à la confusion. Or, la dynastie Haftar est bien ancrée à l'Est et d'autres, moins évidentes, se construisent, avec l'appui des ingérences étrangères. Ainsi, la démarche de Bathily risque de finir comme celle de sesprédécesseurs.

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