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2024-2029: quel leader pour notre pays?

L'objectivité et le bien commun dictent de ne pas limiter la dimension majeure d'un candidat présidentiable à des diplômes.

En bonne logique, l'élection de septembre 2024 donne lieu à des programmes visant à amender la réalité du pays dont le diagnostic aura identifié les avaries. Ce sont donc des chemins qui mènent vers une destination correspondant à l'aspiration des Algériens au progrès. Ces programmes comporteront-ils, comme de coutume, un foisonnement de visées et de promesses séduisantes? Ou bien se limiteront-ils à des options judicieusement sélectionnées en raison de l'improbabilité de réaliser davantage, ainsi que de contraintes budgétaires qui empêchent de décider à volonté? L'expérience des campagnes passées montre qu'un programme électoral diffus, qui couvre tous les champs de la vie collective et qui prétend résoudre en bloc la totalité des problèmes, manque de crédibilité et suscite peu d'intérêt chez les citoyens qui savent que la plupart des engagements ne seront pas tenus du fait de la brièveté temporelle relative des mandats électoraux. De plus, «les stratégies doivent se voir affecter un objectif précis et éviter la recherche de la satisfaction d'intérêts multiples qui finissent toujours par échouer ou arbitrer en faveur du plus facile à atteindre» (R. Rivaton, 2016).
Ceci est d'autant plus évident que l'histoire accélère son cours et bouscule les routines et les logiques d'hier, obligeant, en l'occurrence, les candidats concernés à rationaliser davantage leurs approches en étant précis et en prenant comme point de départ non pas des buts vagues, mais des faits réels. Quels sont-ils? C'est d'abord l'état d'esprit ambiant qui peut porter au pessimisme. Toutefois, l'anxiété qu'il reflète correspond à une crise de croissance passagère qui permet aux Algériens d'envisager l'avenir de leur pays avec d'autant plus d'optimisme que l'arrivée des nouvelles générations induira fatalement les conditions d'une embellie graduelle.
De même, notre pays, à l'instar des pays nouvellement indépendants, a réussi à tenir debout malgré de graves crises, grâce à l'omnipotence de l'État et à l'exaltation du sentiment national à travers une idéologie qui glorifie l'unité, ainsi qu'à une centralisation du pouvoir visant à pallier les périls de la diversité géographique, tribale, linguistique et autre.
Dans ce cadre, l'administration, l'école, l'islam et l'armée ont été, et demeurent, des instruments essentiels de la cohésion nationale. Enfin, l'autre fait réel est que l'étape quinquennale 2024-2029 est de nature à procurer des motifs de hardiesse au pays parce qu'elle clôture ce qui est qualifié économiquement de «décennie de la dernière chance» (cf. A. Lamiri, 2013). Une Algérie magnifique et puissante pourrait dès lors en jaillir si ses structures venaient à se ressaisir et à vaincre les notions archaïques et les méthodes périmées qui entravent une pétulance collective compatible avec le monde nouveau qui s'échafaude sous nos yeux.
D'où le rôle fondamental d'un leadership de circonstance durant cette étape. Un tel leadership est d'autant plus «indispensable qu'il faut prendre des décisions, gagner la confiance, tenir des promesses, proposer une voie qui mène à l'avant (...) Sans leadership, les institutions vont à la dérive et les nations risquent (...) de finir par courir à la catastrophe» (H. Kissinger, 2023). En l'occurrence, le leader qui sortira des urnes aura à mouvoir un peuple jeune avec des méthodes novatrices. Il aura à exciter à la fois le coeur et l'intelligence des Algériens, en les éveillant à l'essentiel et en s'élevant au-dessus de la politique machinale et nombrilique des partis. Devant la nouvelle physionomie du monde, il aura à réformer et à faire renaître la superbe union nationale scellée par la Révolution. Il aura à assurer l'organisation, l'ordre et la méthode dans une société affranchie des abstractions qui divisent les hommes et qui tendra ses énergies vers la création tous azimuts.
Ledit leader aura aussi à analyser les problèmes nationaux dans leurs rapports avec les problèmes internationaux en raison de l'interdépendance commerciale, économique et financière des nations.
Usant d'une autorité éducative, il inculquera aux citoyens l'idée que le but de la politique extérieure d'un Etat est principalement d'acquérir des ressources et des parts de marché, de protéger ses droits et d'accroître sa puissance, tandis que celui de sa politique intérieure est de fédérer les intelligences dans le cadre d'une vision commune afin de produire pour consommer et exporter.
Au final, c'est sur sa capacité à organiser et à gérer; à convaincre et à motiver; à faire adhérer et à mobiliser; à diffuser la confiance et le sens du collectif, à guider et à entraîner pour améliorer le présent, à anticiper et à prépare l'avenir que le prochain leader de l'Algérie pourra créer une atmosphère propice au redressement moral, économique et d'image du pays.
A ce propos, l'objectivité et le bien commun dictent de ne pas limiter la dimension majeure d'un candidat présidentiable à des diplômes.
Car, comme partout ailleurs, elle équivaut souvent au couronnement d'une longue carrière de gestionnaire, c'est-à-dire à une expérience indispensable dans les structures de l'État, ponctuée par des mises à l'épreuve au cours de traversées du désert. Aussi les Algériens, qui vouent un grand respect à la fonction présidentielle, ne s'imaginent-ils pas confier leur sort au hasard de l'inexpérience. 

*Membre du Conseil de la nation

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