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La totale au tribunal

Un avocat qui a très bien préparé son dossier dans une affaire où son client s’était embourbé dans un 3ème délit, se doit de sauter l’obstacle, le jour J.

Oui, sauter l'obstacle, car la première infraction était l'excès de vitesse, fait prévu et puni par l'article du Code pénal. Vient ensuite la «conduite en état d'ivresse», et enfin le dur, regrettable et impardonnable délit, de rébellion contre les forces de l'ordre dans l'accomplissement de leur mission! Mais pour le magistrat, il n'a pas d'ordre à suivre, ni à respecter, pour ce qui est du passage des trois délits. Alors, le juge s'octroie le droit d'aller vers n'importe quel délit, puisqu'aucun lien ne les lie: «Inculpé, vous venez de nous apprendre que trois bambins vous attendaient à la maison, et que vous ne voudriez pas les laisser seuls, à la rue, aux différentes déviations, et autres tralalas catastrophiques! Alors, dites-nous franchement, ce que vous auriez pensé si vous aviez heurté et tué, dans votre état d'excès de vitesse et d'ébriété, un père de famille, comme vous?»
L'homme, déjà dans ses petits souliers, s'est fait encore plus petit.
Le détenu était dans de mauvais draps! Il cherchera longtemps des excuses à pondre, mais, cela ne venait pas! Lors de son interpellation, Abdelghani. G. s'était rebellé contre les motards de la gendarmerie qui venaient de l'arrêter pour excès de vitesse et «conduite en état d'ivresse» sur l'autoroute Est-Ouest, au niveau de Bou-Ismaïl (Tipaza).
Le président était visiblement en forme ce jour-là, pour entendre, l'inculpé, qui était franchement dans ses petits souliers, après avoir dessaoulé en taule quelques jours, pour avoir été surpris au volant de sa cylindrée, avec un taux d'alcoolémie conséquent, fâcheux et à la limite embêtant, car ce n'est pas évident de traîner une aussi grosse inculpation de «conduite en état d'ivresse», alors qu'en réalité, il était beaucoup plus victime qu'inculpé! Oui! En réalité, mais devant les gendarmes qui l'ont interpellé, il sentait le vin rouge à cent mètres! Pourtant, les motards étaient à la poursuite de l'automobiliste qui lui était rentré dedans!
La surprise était de taille après l'immobilisation de l'automobiliste coupable de la collision, mais sobre, contrairement au pauvre Ouadhah. F. qui s'est retrouvé coincé, malgré son statut de victime! Victime jusqu'au moment où Abdelghani. G. s'accrocha avec les deux motards qui venaient de lui signifier son état d'ivresse.
L'alcool aidant, il s'enfoncera dans le délit en
proférant des menaces,
en direction des militaires «verts», et refusera même de leur remettre ses papiers! Il a fallu le renfort des occupants d'une voiture la gendarmerie en ronde normale dans la région, pour calmer le «Tarzan» du moment. «Alors, non seulement, vous êtes derrière le décès d'une personne, mais encore vous prenez la fuite, pour ensuite être pris en flagrant délit, et enfin, vous vous rebellez contre des gendarmes, qui étaient en train de faire leur travail! N'est-ce pas un peu trop?» annonce calmement le juge, plutôt serein. L'inculpé ne dira mot.
La réponse viendra du conseil, qui, au cours de sa brève intervention, remettra le cours de l'histoire dans son «lit». «M. le président, le noyau de l'affaire est un malheureux et regrettable accident de la circulation. Alors, restons dans le contexte de l'accident, qui est dû à la négligence, certes de mon client, mais, l'état d'ivresse n'y était pour rien. C'est plutôt la victime, (qu'elle repose en paix), qui venait en sens interdit, et elle n'était pas en état d'ébriété! Il s'agit d'un délit où la responsabilité est entièrement partagée. Nous sommes donc loin des prétentions du procureur.
Quant à la rébellion d'Abdelghani, il est inutile d'en rajouter, car nous connaissons fort bien le provocateur comportement de certains membres des services de sécurité, et j'arrête ici, pour laisser toute l'appréciation du tribunal autour de cette affaire.»
Le juge s'est amusé durant quelques secondes, alors que la victime, e-même, s'attendait à des lamentations en direction du tribunal. «Allons-y! Commençons par la collision due à l'état de fuite d'Abdelghani, qui n'en revenait pas de cette fâcheuse situation et s'attendait peut-être à ce que les magistrats fassent preuve d'indulgence. C'est méconnaître les us et coutumes des juridictions, pardon de certains magistrats qui ont commencé leur carrière par des bévues monumentales, et souvent, jamais redressées!
Le magistrat s'accrochait beaucoup plus à l'état d'ivresse, qu'à l'état de fuite, pourtant un farouche délit que nos juges combattent sévèrement, avec toute la vigueur de la loi! Mais, avec tout ce sombre tableau, il y a le verdict à prononcer.
Le président a depuis longtemps jugé nécessaire d'attendre la mise en examen, pour se décider!

De Quoi j'me Mêle

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