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Vols aux quatre vents

La juge était entrée le matin très tôt, en ce jeudi 23 mars 2023, avec le souci de bien commencer le 1er jour du mois sacré de Ramadhan 1444. Elle était sereine, car elle n’a pas dû veiller…

Il est rare de débuter nos chroniques par l'absence de faits qui nous intéressent. Mais, il avait bien fallu saluer «Sidna Ramadhan» à notre manière.
La magistrate s'installa, tout comme le procureur et la greffière, dont le visage ne promettait guère une totale maîtrise de la journée de jeûne. Il y a comme ça, des jeûneurs, qui annoncent, sans prononcer un seul mot, le «désastre»à venir, question résistance au jeûne. Bon.
Revenons à l'audience du jour qui va nous planter un décor de déjà-vu. Il s'agit de vol. Eh, oui, c'est le seul délit qui prend à n'importe quel jour, une telle dimension que les autres délits semblent mineurs.
La vie ignominieuse de Tarzi. F. homme de peine enrichi, par ses tours de passe-passe, mais fragile jusqu'à être poussé vers
l'article 176 du Code pénal, I.E. «L'association de malfaiteurs», a soudainement basculé.
Ibrahim, Hamadi, Menouar, les dociles acolytes de Tarzi.S. furent amenés à la barre par une faute...Bête».
Ils étaient lucides devant le mal, mais impuissants devant son rejet difficile à effectuer vu l'ampleur du mal précisément.
Les aveux d'Ibrahim et ses rétractations nous introduisirent superbement dans l'obscurité totale où brille, pourtant, innocente et riante, l'amertume doucement salée, et étalée à la barre. Comme d'habitude, elle s'était installée là, derrière cinq grosses piles de dossiers de plus de trente-huit chemises chacune.
Une justice rendue «en gros» qui entre dans le détail et qui atterrit sans aucun doute dans la justice expéditive. Est-il possible de parler d'équité, lorsqu'un juge du siège pénètre dans une salle d'audience, armé jusqu'aux dents de centaines de dossiers, à liquider au plus vite, car ceux qui attendent dans les tiroirs du parquet, sont plus nombreux que ceux qui passent au pénal. «C'est terrible, mais c'est comme cela!», gémit une juge du siège courageuse, certes, mais au bord de l'écroulement, car elle n'a pas le choix: s'appliquer à rendre justice, dans les règles de l'art, ou faire dans le «n'importe comment», juste pour honorer les statistiques.
Et pour ne pas changer, cette grande dame de la justice veut avoir sous ses yeux tous les éléments du dossier pour entreprendre la marche dans la recherche de la vérité.
Le vol, fait prévu et puni par l'article 350 du Code pénal. qui dispose le chapitre III de la Section 1 / Vols et extorsions.
Article 350 (loi n° 06 -23 du 26 décembre 2006) alinéas «un et deux»: «Quiconque soustrait frauduleusement une chose qui ne lui appartient pas est coupable de vol et puni d'un emprisonnement d' un (1) an à (5) ans et d' une amende de 100000 DA à 500000 DA.
La même peine est applicable à la soustraction frauduleuse d'eau, de gaz et d'électricité...»
Au fin fond de cette minuscule et inhospitalière salle d'audience du tribunal, dont ´´l'exécutant´´ devrait rougir pour avoir monté une aussi moche bâtisse, Madame la présidente de la section du pénal du mardi invite prestement l'inculpé principal à aller de suite droit aux faits: ´´Alors, que s'est-il passé le 29 du mois passé?´´ demande, la mine délivrée du stress de la noire journée du mardi de janvier 2023, la juge.
L'inculpé Amor. R. s'est avéré être un piètre récidiviste en matière de vol, puisque, cet inculpé en est à son 2ème forfait, en l'occurrence le vol d'un véhicule en stationnement, laissé par un émigré qui venait d'arriver par bateau, et se dirigeant vers le café du quartier, siroter un thé du bled.
Le 1er forfait s'était limité en un vol de... moto de gros cylindre!
Pour cette fois, malheureusement, le temps de la consommation, et au retour, Ismaïl. F. ne trouva pas son auto, volatilisée comme par enchantement, au milieu d'une animation, propre à tous les quartiers populaires de la ville. Il se dirigea directement à la sûreté urbaine du lieu du vol, pour y déposer plainte, surtout qu'il devait retourner au pays d'accueil, rejoindre son boulot, qu'il occupe depuis près de vingt - cinq ans. Alors, inculpé, allez-vous enfin reconnaître le vol et qu'on en finisse? Vous aviez refusé de vous mettre à table devant la police judiciaire, qui a eu vent de la revente du véhicule volé huit jours auparavant.
À qui l'aviez-vous cédé? Répondez dans votre intérêt et celui de la victime qui ne méritait pas un tel accueil dans son pays. Le long silence de l'inculpé était en quelque sorte, l'aveu.
La juge prit la décision qu'il fallait: frapper fort l'auteur du vol, et le condamner à une peine de cinq ans d'emprisonnement ferme, et d'une amende aussi ferme.

De Quoi j'me Mêle

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