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Décédé en Novembre 1968

Zerrouki Allaoua, le rossignol immortel

Dans la Kabylie d’antan, champs rimaient avec flûtes. Et c’est cet instrument légendaire qui sera son premier amour musical.

Le nom de Zerrouki Allaoua résonne toujours fort quand il s'agit d'évoquer la chanson kabyle dans toute sa splendeur. En effet, il s'agit de l'une des icônes de la chanson algérienne d'expression amazighe. L'une de ses plus sublimes et des plus puissantes voix également. Et interprète hors pair. Qualifié de rossignol pour sa voix inimitable, Zerrouki Allaoua n'avait que cinquante-trois ans quand il nous a quittés en novembre 1968. Son parcours artistique a été donc écourté. Mais ce qu'il avait déjà produit, bien que relativement maigre sur le plan quantitatif (trente chansons) est d'une valeur artistique inestimable, le classant dans la cour des grands chanteurs algériens de manière générale et kabyle particulièrement. Le berceau natal de ce géant est un village appelé Amalou, situé dans la localité de Seddouk dans la wilaya de Béjaïa. À l'époque, la vie quotidienne dans les villages n'avait rien de semblable à celle menée, aujourd'hui, où les enfants ont droit à l'école et sont épargnés de toutes les tâches ardues et ingrates. Zerrouki Allaoua, enfant, écumait les champs. Et il était évident que son talent d'artiste étant inné, c'est dans ses escapades juvéniles quotidiennes qu'il l'exprimera d'abord.
Dans la Kabylie d'antan, champs rimaient avec flûtes. Et c'est cet instrument légendaire qui sera le premier amour musical de Zerrouki Allaoua qui le titilla pendant des années. Mais la vie d'enfant et d'adolescent telle que menée à l'époque devait inéluctablement avoir une fin. Zerrouki Allaoua prend le chemin du chef-lieu de la wilaya de Béjaïa pour y travailler. C'est dans cette ville que sa voix de ténor est découverte et fit sensation. Des conseils et des orientations lui furent donnés et parmi les personnes l'ayant encouragé, il y avait un certain Cheikh Sadek Abdjaoui. Ce dernier a été tout simplement émerveillé en l'écoutant chanter. Il le mit sur les rails comme il avait l'habitude de le faire avec tous les jeunes talents de l'époque. Dans la ville de Béjaïia, Zerrouki Allaoua eut de la chance car il fut bien entouré par des artistes de talent qui lui prêtèrent main forte. Au milieu des années 40, il s'envola vers la France où sa carrière connut un virage décisif avec la sortie de son premier disque en 1948. Zerrouki Allaoua fit une entrée tonitruante dans le monde artistique en interprétant, en langue arabe «Ya lahbab, el youm kiffah», qui, comme son titre l'indique, est un chant révolutionnaire et un hymne à la mère patrie.
Dans le même opus, on retrouve la célèbbre chanson, en kabyle, intitulée «Tilifoun, sonni sonni». L'artiste y décrit les conditions de travail des émigrés, notamment dans les mines. Il s'agit d'une chanson autobiographique où le chanteur dépeint sa propre expérience. D'ailleurs, le thème de l'exil et de ses répercussions dévastatrices occupera l'essentiel de l'oeuvre artistique de Zerrouki Allaoua. Un thème qui se croise avec d'autres qui lui sont proches comme la séparation d'avec ceux qu'on aime, la nostalgie, etc. Zerrouki Allaoua a aussi chanté sur l'amour. Concernant la scène, il s'est produit une seule fois avant l'indépendance, en Algérie. C'était en 1959 à la salle «Ibn Khaldoun» d'Alger. Après l'indépendance, il a animé une tournée qui l'a mené un peu partout dans le pays. Parmi les chansons fétiches de Zerrouki Allaoua, on peut citer: «Tskhilek a ttir», «El Babour», ««A tasekkourt», «Zhar Oulahc», «Dachou iguerbah»... Zerrouki Allaoua fit un accident de la circulation grave l'ayant impacté négativement pour le restant de ses jours. Il se rendait vers Avignon pour y animer un gala et était accompagné de Dahmane El Harrachi, l'un des artistes qui lui était le plus proche.
C'est ce même Dahmane El Harrachi, un autre géant, qu'on voit sur une célèbre vidéo muni de son banjo dans un orchestre lors d'une des prestations magistrales de Zerrouki Allaoua. C'était à une époque où la modestie et la fraternité étaient des qualités qui ne souffraient d'aucune équivoque dans le monde artistique. L'écrivain Rachid Mokhtari revisite ce maitre dans un livre qu'il a intitulé «Slimane Azem, Zerrouki Allaoua chantent Si Mohand Ou Mhand, les Isefra dans la chanson kabyle de l'exil».

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