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Les législatives anticipées transforment la France en poudrière

L'extrême droite allume la mèche

Il y a dans l'attitude des relais médiatiques de Marine Le Pen une volonté assumée de provoquer le chaos.

Le séisme politique provoqué par la décision du président Macron de dissoudre l'Assemblée nationale française n'a pas fini de secouer les différentes familles politiques de l'Hexagone.
Les alliances, les contre-alliances et les tensions perceptibles au niveau des états-majors amènent l'opinion française à subir de plein fouet cette agitation politicienne via les médias. Ces derniers diffusent les répliques du «séisme ravageur», comme le qualifient les observateurs de la scène française, dans le corps social. L'effet amplificateur des réseaux sociaux est quasi instantané. Et pour cause, les propos «chocs» des vainqueurs des élections européennes, à la suite du discours présidentiel, ont vite fait le tour de la Toile, suscitant une grande inquiétude dans les milieux sociaux, notamment au sein de la jeunesse. Ainsi, des lycéens ont occupé la rue dans plusieurs villes françaises. Ils ont scandé des slogans contre l'extrême droite. Dans certains cas, il a fallu l'intervention des forces de l'ordre pour disperser des rassemblements hostiles au RN. Ces manifestations improvisées iront en s'amplifiant, à mesure que les dirigeants de l'extrême droite s'expriment sur leurs intentions, soulignent les observateurs de la scène française. Les Le Pen et consorts, qui sont déjà en campagne pour conquérir le Palais Bourbon, usent déjà d'un lexique ouvertement raciste pour mobiliser leur électorat. L'abrogation des accords algéro-français de 1968, la non-délivrance des visas, dépossession des Algériens de l'émigration de leurs biens en France et d'autres menaces du même acabit sur les allocations familiales, les logements sociaux et autres aides de l'Etat fusent déjà dans les bouches de nombreux responsables du RN, relayés par radios, télévision et réseaux sociaux. Le racisme décomplexé est poussé à une limite à peine imaginable, il y a de cela quelques jours. Ainsi, une chroniqueuse d'une radio française, Radio Montée Carlo, a affirmé prévoir des manifestations de rue pour contester le discours de l'extrême droite. Elle préconise «la répression policière de toute manifestation politique» antiraciste pour faire régner l'ordre en France».
Le propos n'est pas isolé, puisque des journalistes autoproclamés et des animateurs d'émission, à la base comiques, s'y mettent. Tout ce beau monde stigmatise les étrangers et, souvent, plus partiellement, les Algériens. Il y a dans l'attitude des relais médiatiques de Marine Le Pen une volonté assumée de provoquer les Franco-Algériens. Leur dessein paraît on ne peut plus clair: conduire une campagne électorale dans un climat de guerre civile, histoire de terroriser les Français et faire en sorte que le débat ne concerne que l'émigration et la prétendue insécurité dont elle serait à l'origine. Cette stratégie a de grandes chances de fonctionner au regard de la violence inouïe des propos que tiennent Marion Maréchal, Eric Zemmour et Eric Ciotti, pour ne citer que les têtes de pont du fascisme tricolore.
Que les banlieues s'enflamment n'est qu'une question de temps. Les policiers racistes sont, disons-le, encouragés par le discours extrémiste et pourraient décider d'appliquer leur propre loi.
Un incident est vite arrivé, et les conséquences, tout le monde en France et ailleurs, les connaît. Un chaos social, en pleine campagne électorale, jusqu'à déboucher sur un état d'urgence n'est pas à exclure, tellement la pression exercée par le clan Le Pen est grande. Et lorsqu'on constate qu'en deux jours cette pression a connu un pic insoupçonnable, l'on imagine ce qu'il adviendra de la rue française entre le 30 juin et le 8 juillet prochains.
Le pays de Charles de Gaulle et de Jacques Chirac, emblématiques présidents de la Ve République, s'achemine directement vers une situation inédite et fortement dangereuse.
La faute pourrait évidemment incomber à Macron qui a dissous l'Assemblée française dans un contexte, pour le moins, explosif. Mais cela n'absout pas l'extrême droite de sa responsabilité historique dans ce qui se prépare pour ce pays dont on disait, il n'y a pas si longtemps, qu'il était né d'une idée de liberté, d'égalité et de fraternité.
Comme leurs aînés colonialistes aux siècles derniers et leurs pères antisémites qui ont participé à la déportation des juifs, ils disent aujourd'hui l'intention de «purifier» leur pays, alors qu'en réalité ils vont le «pourrir».

De Quoi j'me Mêle

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