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Des sanctions «très dures» contre un Mali déjà asphyxié

Goodluck, Bamako

Comme prévu, au terme de son quatrième sommet à Accra (Ghana), consacré à la situation au Mali, la Communauté des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) n'a pas fait dans la dentelle. De nouvelles sanctions qu'elle a qualifiées elle-même de «très dures» ont été prises, dont la fermeture des frontières des pays membres avec le Mali, placé sous un strict embargo, le gel de ses avoirs auprès de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO). Ainsi, la réponse est-elle donnée au «non-respect» du calendrier arrêté en août 2020, lors du putsch qui a écarté l'ancien président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) pour des élections fin février prochain, ramenant les civils au pouvoir. Commentant la dernière proposition des autorités de la transition malienne qui ont ramené de cinq à quatre ans la période nécessaire pour la tenue de ces élections, un haut responsable ghanéen de la Cédéao l'a qualifiée de «rigolade», peu après la fin de la réunion à huis clos qui a limité les échanges avec le Mali aux produits de première nécessité, selon le communiqué dont l'Expression a obtenu une copie. Non content de ces mesures, les chefs d'Etat et de gouvernement de cet espace sous-régional ont convenu de supprimer les aides financières destinées à Bamako, le rappel de leurs ambassadeurs au Mali et, pour finir, ils ont entériné les décisions prises par le sommet de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) intervenu la veille. Clairement, toutes ces sanctions vont beaucoup plus loin que celles déjà arrêtées en août 2020 et partiellement aggravées au fur et à mesure des missions de «bons offices» menées par le représentant spécial de la Cédéao, l'ancien président du Nigeria, Jonathan Goodluck, auprès des dirigeants de la transition malienne. Apparemment, le fait que le Mali soit le pays le plus affecté, dans toute la région sahélienne, par la profonde crise sécuritaire qui entrave les efforts de développements n'a pas pesé dans la balance alors même que les sanctions précédentes, intervenant en pleine pandémie de nouveau coronavirus, avaient été «très durement» ressenties dans ce pays enclavé et parmi les plus pauvres du monde. Les véritables raisons, on s'en doute, n'ont nullement trait au fait que «la junte n'a pas tenu ses engagements de rendre le pouvoir aux civils sous 18 mois», avec la tenue d'élections en février 2022. Pas plus que n'ont été pris en considération ses arguments quant à l'incapacité d'organiser une présidentielle et des législatives au moment où le terrorisme sévit d'une manière exponentielle et nourrit d'autres formes de violences auxquelles le pays a beaucoup de mal à faire face. La vraie raison, et sans doute la plus conséquente, résulte du choix des autorités de la transition de répondre aux appels de la population, lasse de payer un lourd tribut aux groupes terroristes et aux factions mafieuses, en scellant un partenariat sécuritaire avec «les Russes», dans une rupture inavouée avec le système post-colonial de la Cédéao... 

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