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Décolonisation du Sahara occidental

Le diplomate qui a assommé Bourita

Reçu, mardi dernier, par le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Mahamat Moussa Faki, à Addis-Abeba, le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Sidati, a longuement abordé avec lui la situation au Sahara occidental occupé et le rôle que l'UA peut jouer dans l'achèvement du processus de décolonisation. C'est ce qu'a indiqué, dans un tweet, Moussa Faki, lui-même. Des précisions rapportées par l'agence de presse sahraouie SPS, il ressort que les discussions entre Faki et Sidati ont inventorié les champs d'action de l'UA pour appliquer les «différentes décisions des instances politiques liées à la question du Sahara occidental, et ce conformément au «rôle historique, politique, moral et juridique de l'organisation panafricaine pour faire avancer le processus de décolonisation» de la dernière colonie en Afrique. Les deux parties ont ainsi procédé à l'examen de la situation qui prévaut actuellement au Sahara occidental, avec la guerre imposée par l'agression marocaine du 20 novembre 2020 de manifestants pacifiques sahraouis à El Guerguerat et la rupture du cessez-le-feu par Rabat. C'est en gage de l'initiative africaine adoptée par l'ONU que ledit cessez-le-feu avait été signé entre le Front Polisario et le royaume du Maroc en 1991 sous la condition explicite d'un référendum d'autodétermination du peuple sahraoui. Sidati a assuré à son interlocuteur que la RASD «restera fidèle à ses obligations envers l'organisation continentale», dès lors que «la responsabilité de l'UA en tant que partenaire des Nations unies dans les efforts visant à instaurer une paix durable et juste fondée sur l'exercice par le peuple sahraoui de son droit inaliénable à l'autodétermination et à l'indépendance» est engagée. Il lui a, en outre, demandé d' «accorder une attention particulière à la situation des droits de l'homme dans les territoires sahraouis occupés par le Maroc», a rapporté SPS.
Décidément, le sort s'acharne sur le pauvre Nasser Bourita qui ne sait plus où donner de la tête et qui voit toutes ses manoeuvres, des plus grossières aux plus sournoises, finir en queue de boudin. Lors du récent Sommet de l'UA, il avait mis en branle la diplomatie marocaine, forte d'une délégation de 46 «diplomates chevronnés» pour parvenir à ses fins. Les objectifs étaient multiples: assurer l'entrée de l'entité sioniste comme membre observateur de l'UA, avec présence de sa délégation aux travaux du sommet en cours, entériner la Déclaration de Tanger pour l'exclusion de la RASD, membre fondateur, et, cerise sur le tagine, obtenir la vice-présidence de l'UA pour l'exercice 2023-2024. Hélas, trois fois hélas! Aucun de ces «nobles» calculs, pourtant confortés par l'adhésion enthousiaste d'une vingtaine de supporters traditionnels du Makhzen, ne se sont concrétisés. Sur la route pavée des «bonnes intentions» marocaines, un diplomate d'une toute autre trempe que le MAE marocain, rompu à ce genre de défis par une longue et remarquable carrière, a répliqué au coup par coup, comme dans un jeu d'échecs au bout duquel le roi est mis à nu! L'épisode ubuesque de l'expulsion de la représentante sioniste du Sommet de l'UA, sommé par ce diplomate autrement plus conséquent dans toutes les batailles, de choisir entre la légalité et le clash, aurait dû suffire pour faire comprendre à Bourita qu'il est loin, très loin, de correspondre aux défis qui s'accumulent, depuis Pegasus à la corruption du Parlement européen, et qui n'ont sans doute pas fini d'éclabousser le Makhzen, muré dans une douloureuse incompréhension qui n'a d'égale que l'ombre controversée d'un parapluie sioniste.

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