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Bruxelles observe un black-out total sur le carnage des migrants à Mélilla

Le silence complice de l'UE

Deux jours après le massacre de 37 migrants d'origine africaine dans l'enclave espagnole de Melilla, au nord du Maroc, Bruxelles opère un black-out total sur ce carnage. Qui ne dit mot consent.

La posture du silence sied très mal à une Union européenne pourtant très regardante sur la question des droits de l'homme surtout quand il s'agit de ses voisins du sud de la Méditerranée. Ni les images de ce carnage extrêmement choquantes, ni la répression féroce par les forces de sécurité marocaines et l'usage disproportionné de la force qui s'apparentent à de véritables exécutions sommaires n'ont fait frémir l'UE. Dans d'autres circonstances, loin d'être aussi graves et tragiques, Bruxelles a réagi avec une frappant rapidité. Pour une brouille diplomatique, pourtant bilatérale, entre l'Algérie et l'Espagne, l'UE est sortie de sa réserve pour voler au secours de Madrid Pourquoi cette politique du deux poids, deux mesures? La réponse coule de sources. Il s'agit d'une collusion d'intérêts entre le Vieux Continent et certains pays d'Afrique à l'image du Maroc. Le Royaume chérifien fait partie en effet de ces gardes-chiourmes de l'Europe face aux migrants. Pour endiguer le flux migratoire des subsahariens, l'Europe a délégué le contrôle de ses frontières en subventionnant grassement ces pays du pourtour méditerranéen. Voilà donc qui explique clairement le silence européen sur le carnage de Melilla. Les événements tragiques de vendredi dernier, mettent en relief la violation systématique des droits humains de la part d'un Etat qui a choisi, d'une part, d'instrumentaliser l'épouvantail de la submersion migratoire à des fins de chantage politique et d'autre part, de jouer le rôle de gendarme -contre espèces sonnantes et trébuchantes- dans le cadre de l'externalisation de la gestion des frontières extérieures de l'UE. On est loin du prétendu rôle exemplaire théâtralisé lors de la tenue du sommet à Marrakech du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. Ce pacte a été adopté lors d'une conférence intergouvernementale sur la migration à Marrakech, au Maroc, le 10 décembre 2018. Le vernis de la pseudo «approche humanitaire dans la gestion des problèmes de la migration» a craqué.
Les instances internationales et plus précisément le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés ne doivent-elles pas diligenter des enquêtes indépendantes pour déterminer les responsabilités et faire la lumière sur ces événements tragiques? «Prétendu ´´champion´´ de la migration au sein de l'Union africaine et accueillant sur son territoire le siège de l'Observatoire africain de la migration, ce pays nous rappelle par son approche purement prosélyte et zélatrice le magistère fictif qu'il prétend assumer a la tête du comité Al-Qods.
Les Européens sont convaincus qu'il est difficile même avec des murs, des barrières d'empêcher le mouvement des personnes dès qu'ils et elles en ont besoin. De plus, les 26 Etats de l'UE ne s'entendent pas entre eux. Ils ne suivent pas tous les recommandations et le programme de la Commission européenne. Que faire? Comment agir face «au péril africain»? Il reste le volet sous-traitance et la dimension externe de la politique migratoire pour mettre d'accord tous les pays de l'UE. Joignant l'acte à la parole, le Fonds fiduciaire d'urgence de l'Union européenne pour l'Afrique a été créé en 2015.
Un pactole de 4,9 milliards d'euros ont été débloqués au cours des cinq années suivantes, dont un cinquième à destination des pays d'Afrique du Nord pour leur permettre de gérer eux-mêmes la crise migratoire. « C'est une initiative humanitaire tournée vers l'aide au développement et la lutte contre le trafic d'êtres humains», jurent les promoteurs de ce projet. Mais pour ce jouer de qui? Ce programme vise surtout à encourager un contrôle plus strict des flux migratoires et à financer les opérations d'arrestation de migrants, qu'elles soient menées par des groupes militaires ou des agents de police des frontières. Dans les faits, cela revient à déplacer la frontière de l'Union au nord du continent africain et à en sous-traiter la surveillance, parfois aussi à soutenir des agences d'État répressives. Ainsi agit la vieille Europe avec ses voisins du Sud dont elle ne veut plus de ressources humaines: elle veut ses ressources énergiques et minières.

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