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Sérieuse menace sur la paix sociale avec la rareté de l'eau

La «Bombe» H2O

Plus de fuite en avant. Ce dossier brûlant sera sur la table du prochain gouvernement qui devra, en priorité, trouver le moyen de désamorcer la «bombe» H2O avant qu'elle n'explose.

L'Algérie fait face continuellement à la hantise d'une pénurie de l'eau. Mais ces derniers mois, cette angoisse s'est accrue amplement en raison de la rareté exceptionnelle des pluies, cette année, la troisième consécutive qui enregistre un déficit en matière de pluviométrie. Les réserves dans les 80 barrages que compte le pays sont au plus bas et leur apport ne suffira pas à couvrir les besoins annuels de l'Algérie en eau, qui dépassent les 10 milliards de m3. Les coupures opérées avant même le début de l'été éclairent sur le stress hydrique que traverse le pays. Certes, l'Algérie est un pays au climat semi-aride qui ne compte ni grands fleuves ni montagnes enneigées en grand nombre. Elle a été classée, en 2019, par l'organisation World ressources institute, comme 29e pays le plus touché par la sécheresse. Mais malgré cet écueil imposé par la nature, il sera difficile aux autorités de faire admettre aux citoyens le retour à la vie des jerricans ou le réveil à des heures indues pour remplir les bidons... Surtout que ces derniers ont dû attendre une dizaine d'années, sinon plus pour qu'on leur annonce enfin de l'eau H24, au niveau de la capitale et la fin de l'eau saumâtre à Oran. Revenir sur ces acquis, reculer au lieu d'avancer, risque de faire grogner la rue et peut-être même donner naissance à une «révolte de l'eau». C'est dire que l'eau est une question de sécurité nationale et lorsque cette ressource vitale vient à manquer, il y a menace sur la stabilité. Ce dossier brûlant sera sur la table du prochain gouvernement qui devra, en priorité, trouver le moyen de désamorcer la «bombe» H2O avant qu'elle n'explose. Dans ce champ de bataille, il n'est pas du tout indiqué d'être ministre des ressources en eau. Car, ce dernier devra inévitablement porter le fardeau «d'eau»! Et avec le risque d'une sécheresse d'idées et d'initiatives, ce sera encore plus compliqué. Car, il faudra trouver rapidement des palliatifs à cette situation et non pas attendre uniquement que le ciel devienne plus clément. L'Algérie qui a dépensé plus de 55 milliards de dollars depuis l'an2000 dans les programmes tracés dans ce secteur, doit goûter aux fruits de ses efforts. Son dernier plan national de l'eau, présenté en 2019, a été tracé jusqu'à l'horizon 2030 et devait permettre d'élever les capacités de l'Algérie à mobiliser les ressources en eau conventionnelles et non conventionnelles avec un nombre escompté de barrages qui devait atteindre les 120 infrastructures, de grands projets de transferts d'eau du Sud vers les hauts-plateaux, outre les stations de dessalement dont le nombre devait s'élever, avec la réception des quatre prévues à Alger, Béjaïa, Skikda et El tarf, à 15 grandes stations (contre 11 en 2019). Lors de la présentation de ce plan, les experts qui avaient pris part à cette rencontre, assuraient que les ressources en eau disponibles «seront suffisantes pour prémunir le pays contre une crise jusqu'en 2030». Or, ces ressources ne suffisent plus. Se sont-ils trompés ou est-ce les fuites d'eau qui ont faussé tous les calculs? Car, en Algérie, le taux des fuites n'est pas qu'énorme mais grotesque!
Si en 2019, le ministre des ressources en eau de l'époque évoquait des pertes de l'ordre de 35%, en 2020, le DG de l'Algérienne des eaux (ADE) parlait de 50%!
C'est dire que l'Algérie perd la moitié de son eau mobilisée et stockée dans les conduites défectueuses et il s'agit là de milliards de m3. N'est-ce pas scandaleux, surtout si on se rappelle que les autorités ont fait appel à l'entreprise française Suez pendant 16 ans, sans que la situation ne s'améliore d'un iota!
La situation est ce qu'elle est et il faut faire avec. Le prochain gouvernement doit avoir de l'ingéniosité car l'Algérien qui fait face à une double crise sanitaire et économique, ne pourra pas supporter le poids de la pénurie de l'«or bleu».
Et si l'Algérie n'arrive pas à étancher sa soif, faut-il penser alors à importer de l'eau? Aujourd'hui, la situation hydrique délicate implique un traitement radical suivant des stratégies, des politiques et des plans à moyen et long termes, dont la responsabilité de mise en oeuvre incombe à l'Etat. L'heure est grave et ne souffre d'aucune équivoque.

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