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L'économie circulaire comme solution

La plaidoirie de Dalila Boudjemaâ

Le déchet est devenu, aujourd'hui, un enjeu économique.

Dans un entretien accordé à notre confrère El Moudjahid, la ministre de l'Environnement a plaidé en faveur d'une économie circulaire dans le domaine de la gestion de l'environnement. Il s'agit d'un concept, relativement nouveau, qui a fait son entrée en tant que procédé innovant, en matière de préservation et de protection de l'environnement et de rationalisation des ressources dans le cadre de la politique de développement durable. À l'opposé du modèle linéaire, qui s'illustre par des procédés d'extraction, de fabrication, consommation et de déchets, le modèle circulaire, qui relève de l'économie verte, appelle par ordre de priorité «à la prévention de la production de déchets, notamment par le réemploi des produits et, suivant la hiérarchie des modes de traitement des déchets, à une réutilisation, à un recyclage ou, à défaut, à une valorisation des déchets». Dalila Boudjemaâ, qui se prêtait au jeu des questions-réponses du journaliste, a fait état d'un «projet de loi relative à la gestion, au contrôle et à l'élimination des déchets en cours de transformatin et qui est actuellement au niveau du secrétariat général du gouvernement». Pour la ministre de l'environnement, qui défendait son bilan, il s'agit d'un projet de loi qui «renforce aussi la lutte contre le gaspillage alimentaire». Plus encore, elle affirme que cela relève d'un «véritable projet de société dont l'objectif est de sortir de la société du jetable», arguant du fait qu'il nous «invite à faire évoluer nos habitudes de vie et à inventer de nouveaux modes de production et de consommation plus durables». Le projet «organiser les filières soumises à la responsabilité élargie du producteur: création de nouvelles filières de valorisation, meilleure transparence, nouveaux objectifs structurants concernant la prévention et la gestion des déchets, la réduction progressive des décharges contrôlées et des centres d'enfouissement technique». Tout un programme, avec des objectifs précis impliquant des interdictions et des campagnes de sensibilisation, qui attend d'être mis en application dans les délais impartis. La ministre de l'Environnement a fait état d'un volume de déchets de l'ordre de 34 millions de tonnes, dont 14 millions de déchets ménagers, qui représentent «un enjeu important» quant à leur valorisation «qui prend une dimension croissante», constituant également «une véritable industrie, qu'il faut pousser à l'innovation, pour créer de nouveaux marchés, d'autant plus que les technologies de recyclage et de valorisation existent», martèlera-t-elle. Au cours de cet entretien, Dalila Boudjemaâ mettra en relief les charges onéreuses pour le Trésor public, que représentent «la collecte, le transport et l'enfouissement des déchets». D'où l'indispensable passage à une économie circulaire, qui permettra de passer «des centres coûteux (gestion classique des déchets),en un centre de profit économique, environnemental et social, autrement dit, les déchets seront transformés en ressource». Elle admettra au passage que «les centres d'enfouissement technique, qui étaient destinés uniquement aux déchets ultimes, reçoivent actuellement une masse énorme de déchets en tous genres, sans tri au préalable». Une réalité bien amère qui doit être palliée au plus vite. Abordant le volet relatif à la feuille de route de son département, la ministre décline son plan d'action en cinq grands axes: «sortir du tout-jetable, mieux informer et sensibiliser les consommateurs, lutter contre le gaspillage et mieux produire». Pour elle, la feuille de route «englobe un ensemble de mesures cohérentes, équilibrées et structurantes, des mesures concrètes, afin d'atteindre ces objectifs qui permettront à tous les acteurs d'entrer dans la boucle». Il s'agit de «réduire la consommation de ressources naturelles, réduire de 30% les quantités de déchets non dangereux, admis en décharge en 2024 par rapport à 2019, tendre vers 15% de plastiques recyclés en 2024, réduire les émissions de gaz à effet de serre et enfin créer 70000 emplois supplémentaires». Dans ce cadre, Dalila Boudjemaâ place les collectivités locales, «en charge du service public de gestion des déchets», au sommet de la hiérarchie des priorités, en tant «qu'acteurs clés du dispositif de l'économie circulaire». Pour cela, elle préconise que «des leviers, tels que la fiscalité des déchets d'une part, la tarification et les modalités de la collecte, d'autre part, doivent être activés simultanément pour encourager les collectivités engagées dans cette démarche». Elle explique également que «la feuille de route prévoit de s'appuyer sur de nouvelles filières sous la responsabilité des producteurs et de fixer de nouvelles ambitions aux filières existantes, afin de contribuer à la dynamique d'économie circulaire et au développement de nouvelles filières industrielles». Une batterie de mesures incitatives, visant à encourager les différents acteurs en interaction, est également mise à profit pour faire aboutir cette feuille de route, tels, à titre d'exemple, la sensibilisation des citoyens au tri sélectif et «l'organisation des filières déchets pour la création de microentreprises et start-up, afin de promouvoir les emplois et la richesse», avec à l'appui, une projection de «10000 microentreprises employant environ 70000 personnes, sur cinq années, dans la collecte, la transformation et la valorisation, notamment». La ministre de l'Environnement a également développé d'autres axes, non moins importants touchant à différents aspects de l'application de cette feuille de route.

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