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Docteur Merouane Messekher, membre de l'initiative d'aide internationale à l'Algérie, à L'Expression

«La solidarité des Algériens est incroyable»

Merouane est interne dans le service de pneumologie du CHU de Toulouse en France. Le 20 juillet dernier, premier jour de l'Aïd El Adha, il n'a pas la tête à faire la fête car on lui apprend que la situation sanitaire en Algérie se dégrade à la faveur de la propagation du variant Delta. Ce jeune homme de 30 ans décide alors de lancer un appel international aux dons. Le but étant de récolter un peu d'argent afin d'acheter quelques concentrateurs d'oxygène en Algérie. Mais l'appel devient vite «viral». La solidarité de la diaspora n'a pas de limites. Il est relayé par de nombreuses personnalités nationales et internationales à l'image de l'actrice Leïla Bekhti, le footballeur français Franck Ribéry ou encore DJ Snake. En quelques jours, les compteurs explosent. Plus de 600 000 euros sont récoltés afin d'aider l'Algérie à respirer...

L'Expression: Bonjour docteur. Vous êtes sorti de l'anonymat à la suite de l'initiative que vous avez lancée, le 20 juillet dernier, pour la récolte de dons en faveur des malades atteints de la Covid-19 en Algérie. Comment vous est venue l'idée?
Docteur Merouane Messekher: D'abord, il faut préciser que je ne suis pas le seul initiateur de cette campagne de récolte de dons. Elle a été lancée avec le collectif algerian Médical Network (AMN), dont je fais partie, en partenariat avec les associations ECAF et Ashifa. Une action du même genre (action urgence Algérie Covid-19, Ndlr) avait été initiée lors de la première vague du coronavirus en Algérie. Elle a permis d'acheter divers équipements pour lutter contre cette pandémie. Lorsque l'on a vu ce qui se passait en Tunisie, on s'est dit que la situation serait bientôt tout aussi dramatique, alors on s'est lancé. Le collectif a alors relancé l'initiative afin d'acquérir du matériel d'oxygénothérapie (Cpap, masques haute concentration, débitmètres, dédoubleurs....) ainsi que des concentrateurs pour répondre au manque d'oxygène. J'ai publié une vidéo sur Facebook pour faire la promotion de l'initiative. C'est cette vidéo qui a fait le «buzz».

Plus de 600000 euros ont été récoltés. Vous vous attendiez à une telle réponse solidaire?
Il n'y a aucun doute sur le fait que la solidarité est une vertu bien ancrée dans les moeurs de la société algérienne. Mais pour être franc avec vous, je ne m'attendais pas à une telle somme. L'objectif initial était de récolter 50000 euros. Mais je me disais que obtenant 2500 ou 5000 euros, ce serait déjà ça. Cela permettrait d'acquérir quelques concentrateurs qui pourraient sauver des vies. Au final, nous avons réussi à ramasser près de 650000 euros offerts par 192000 donateurs.
C'est impressionnant! Quand je vois la cagnotte que l'on a réussi à récolter en quelques jours, je ne peux que me sentir fier d'appartenir à ce peuple toujours prêt à aider son prochain dans les difficultés.

Comment expliquer-vous un tel succès?
Un véritable élan de solidarité a entouré cet appel que j'ai lancé le 20 juillet dernier, à travers ma page facebook. Un ami, Ahmed Aït Issad, photographe, avait fait un superbe montage vidéo qui nous permit de lancer l'appel aux dons. Un autre ami réalisateur, Yan Kous, qui a créé un incroyable groupe d'entraide a partagé cette vidéo avant de me mettre en contact avec plusieurs célébrités algériennes qui ont participé à fond à cette aventure. Ils ont partagé cet appel sur les réseaux sociaux le rendant très vite «viral». Il y a eu aussi les médecins et membres des associations qui ont joué sur leurs réseaux pour relayer autant que possible la cagnotte. La machine s'est alors emballée pour arriver à cet incroyable élan de solidarité. Je tiens à remercier tout ce beau monde pour ce qu'il a fait, ainsi que les généreux donateurs ou ceux qui ont participé à sa vulgarisation en partageant le lien de la cagnotte.

Revenons à la situation sanitaire en Algérie. Comment pensez-vous que l'on puisse freiner la «course folle» du variant Delta?
En France, on connaît aussi une recrudescence de la pandémie à cause du variant Delta. Car, la spécificité de ce «mutant» fait qu'il soit beaucoup plus contagieux que les autres variants. Ce qui augmente logiquement la courbe des contaminations. Néanmoins, contrairement à l'Algérie, le nombre de cas graves n'est pas aussi important que lors des trois premières vagues. Il y a toujours moins d'hospitalisations et moins de patients admis en soins intensifs. Cela est dû au fort taux de vaccination en France. En Algérie, d'après le retour que j'ai de la part des collègues sur le terrain, la situation est catastrophique. Je le dis et je le redis, la vaccination est la seule solution à même de permettre de freiner cette troisième vague et réduire le nombre de cas graves et de décès. Comme ils l'ont fait avec leur incroyable élan de solidarité, en Algérie et à l'étranger, ils doivent «lutter» main dans la main contre ce virus. Cela en allant se faire vacciner en masse tout en continuant à respecter les gestes d'hygiène et de distanciation sociale. C'est un intérêt individuel et global, arrêtons d'écouter tout ce qui se dit sur les réseaux sociaux. Le vaccin est la solution...

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