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Déstabilisé, envoyé au musée avant l’heure, le vieux parti reste majoritaire aux locales

Le FLN rejaillit de l’urne

Le secrétaire général du parti Abou El Fadl Baâdji, aura toutes les raisons de rouler des mécaniques face à ses adversaires et ce n’est pas que de la fanfaronnade. Les résultats sont là!

Il ne restait plus qu'à jeter une dernière pelletée de sable sur le corps «inanimé» du vieux parti avant de l'enterrer définitivement. Gisant dans une arène politique presque déserte, alors que l'adversaire avait le dos tourné, le FLN ramasse l'épée et se remet d'aplomb avec une incroyable assurance. C'était lui que le tout-puissant Hirak avait cloué au pilori, l'accusant d'avoir cautionné le pillage systématique du pays. Déstabilisé de l'intérieur, vilipendé par ses détracteurs qui l'ont envoyé au musée avant l'heure, le vieux parti n'est pourtant pas mort. Il s'offre une cure de jouvence. Après avoir créé la surprise le 12 juin dernier, en raflant la mise aux législatives anticipées, il réédite le même coup à l'occasion des locales anticipées de ce 27 novembre. Il est arrivé en tête avec 5 978 sièges dont 124 APC à travers 42 wilayas et 471 sièges aux APW à travers 25 wilayas. Que les élections soient truquées ou transparentes, il gagne toujours. Le FLN ne perd que quand il n' y a pas d'élections. Auréolé de deux victoires dans deux scrutins à 5 mois d'intervalle, le secrétaire général du parti Abou El Fadl Baâdji, aura toutes les raisons de rouler des mécaniques face à ses adversaires et ce n'est pas que de la fanfaronnade. Les résultats sont là! Il a réussi à sauver in extremis le parti en le dégageant d'un marécage politique qui allait l'engloutir définitivement. S'il y a pour le FLN un avant et un après 1962, un avant et après 1988, il y a désormais un avant et après Hirak. Souvent, on se trompe dans l'analyse sur ce parti, en lui appliquant des outils méthodologiques d'analyse des autres partis de la scène politique nationale. Or, généralement on oublie que pour des raisons historiques évidentes, la trajectoire du FLN est totalement différente de celles des autres partis. Depuis l'indépendance du pays en 1962, un rôle a été assigné au FLN par les différents dirigeants qui se sont succédé aux affaires. Il était une sorte de courroie de transmission entre l'État et la société et comme cadre légal d'expression des divergences. Son rôle consistait à faire parvenir les demandes des citoyens au système politique et aboutir ainsi à des rapports sereins et pacifiés entre les populations et l'État. Lorsque ces demandes sont satisfaites, c'est tant mieux car les citoyens ont le sentiment de participer à la vie institutionnelle par l'intermédiaire d'élus représentatifs. En revanche, si ces demandes ne sont pas satisafaites, le FLN trinque en s'attirant la foudre du monde .C'est ainsi que ce parti a concentré tous les conflits qui meurtrissent le pays: rivalité civil-militaire, putschs, coups d'Etat scientifiques, redressements et démissions. Sur ce chapitre reconnaissons qu'il mérite, haut la main, l'Oscar des retournements et des rebondissements inattendus. C'est alors que cette formation intrigue, déroute les observateurs.
Il y a quelque chose de troublant au vieux parti à vouloir faire sa révolution à chaque rendez-vous électoral. Ce genre de soulèvement est souvent difficile à gérer car il met en péril la cohésion du parti. À chaque épisode ce n´est rien moins qu´un putsch, légal, contre soi. C´est une émeute en solo. Un tsunami du dedans. Mais ça fait toujours pschitt. Le lendemain des élections, le FLN remet les pieds sur terre le temps d´une halte en attendant une autre bataille interne.
Cependant, il faut se rendre à l'évidence que la victoire du FLN est loin d'être un triomphe. Il reste encore du travail à faire au plan politique pour retrouver une confiance perdue entre les gouvernants et les gouvernés. Ce serait une fatale erreur d'appréciation que de reléguer au second plan la problématique de la participation citoyenne aux élections. Avec un taux de participation estimé à près de 36%, il faut dire qu'on est loin du compte. Le fait que la majorité des Algériens boude le vote et ne croie plus en un changement par les urnes est un très mauvais signe pour la santé démocratique dans notre pays. Se cacher derrière l'argument selon lequel le même phénomène sévit de par le monde où la démocratie elle-même est en crise, n'est pas plus intelligent que la politique de l'autruche.

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