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Docteur Amar Rekhila, spécialiste en droit constitutionnel, à L’Expression

«Le taux de participation est positif»

Dans l'optique d'apporter une première lecture sur les résultats des élections locales, et donner des éclairages sur leur importance dans l'évolution et le parachèvement du processus électoral, le docteur Amar Rekhila, spécialiste en droit constitutionnel et ancien membre du Conseil constitutionnel, revient dans cet entretien sur le déroulement des élections locales, et sur la signification du taux de participation, et le positionnement des différentes formations politiques.

L'Expression: Comment interprétez-vous les résultats provisoires des élections locales?
Docteur Amar Rekhila: Le taux de participation était prévisible et attendu, et représente une amélioration par rapport au taux de participation des législatives. Nous passons de 23% à 35% c'est un résultat satisfaisant pour les élections locales dans la mesure où le rendez-vous des locales attire toujours plus de monde. Il faut le dire, ce taux reflète la réalité du terrain, contrairement au passé, où les résultats étaient gonflés et ne représentaient aucunement la voix du peuple. Cela étant, nous nous attendions à un taux plus élevé, tenant compte du nombre élevé des listes électorales, et la présence en masse de l'élément jeune. C'est ce qui aurait dû instaurer une forte concurrence et tirer le taux de participation vers le haut. Mais il apparaît clairement que le phénomène de refus, et l'éloignement des urnes subsistent encore en force. Et ce pour des raisons politiques, économiques, sociales et surtout en rapport avec la vie quotidienne du citoyen. Cependant, il est indéniable que ces élections et le courage de l'Autorité indépendante des élections à annoncer ces résultats, confirment que le discours politique n'a pas encore l'écho et l‘impact escompté sur la rue, et la classe politique se trouve encore dans un état de sommeil, car le rôle des partis politique est justement de mobilier des listes et des candidats à la hauteur des attentes des citoyens. Par ailleurs, ce qui a été hautement positif, c'est le débat issu du travail de proximité, et le rapprochement avec le citoyen. Il reste à travailler sur la réforme et la révision du Code communal et de wilaya.

Comment voyez-vous le positionnement des formations politiques sur les nouvelles assemblées?
Selon les échos que j'ai reçus, il apparaît que les anciens partis qu'on appelait «ceux du pouvoir», en l'occurrence le FLN et le RND, semblent avoir toujours leur influence,, mais ne détiennent plus la majorité au niveau national. Ils n'ont plus cette force qu'ils avaient au niveau des APC. Alors qu'ils avaient le monopole total sur les opérations, ils ont perdu du terrain, mais ils demeurent en avance par rapport aux autres formations, et ceci s'explique par le fait qu'ils gardent leurs automatismes, leur expérience, et leurs structures d'organisation. Et ce en plus du fait qu'ils sont présents à tous les niveaux de l‘administration locale. C'est pour cela que nous pensons que le changement doit s'opérer progressivement. Concernant les partis islamistes, il est clair qu'ils vont avoir leur part de la scène politique, mais ils restent figés dans le discours émotionnel, et ne peuvent résister à l'évolution de la pensée politique et à la critique en Algérie.Par ailleurs, ce qui est réellement positif, c'est le recul de la pensée régionaliste et tribale, qui ont marqué ces élections et qui acte incontestablement d'un changement sociopolitique qui touche le pays profond. Il s'agit pour l'heure de préserver ces acquis.

Comment évaluez-vous la participation des jeunes universitaires à ce rendez-vous électoral?
On peut comprendre à travers cette expérience, que malgré la forte participation des jeunes diplômés et universitaires, leur manque d'expérience, et l'absence des bilans des élus sortants, ont fait que l'action des jeunes se noie dans une campagne électorale où les concurrents étaient rodés à cette opération. À cela s'ajoute, la faiblesse des programmes et de leur adéquation avec la réalité du terrain et de la conjoncture. Car il faut dire qu'il y a une réelle misère et un taux de pauvreté qui ne peut être cerné uniquement dans les 900 communes évoquées par le président de la République. Il y a des communes qui n'ont aucune ressource de développement et qui doivent à ce titre s'appuyer sur le principe du jumelage et de la solidarité entre les communes pour vivre. Cela dit, le point le plus positif de ces élections est sans conteste l'émergence des universitaires, car il y avait une réelle absence dans certaines communes qui, aujourd'hui, accueillent des listes d'universitaires. C'est le retour de la compétence, de l'élite sur le terrain, que nous considérons comme un acquis considérable.

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