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L'échec des élections, un objectif des «résidus du système» et des radicaux du Hirak

Quand les extrêmes se rejoignent

Par divers moyens, les tenants du système finissant travaillent à consacrer la rupture entre l'Exécutif et la société.

Avec la reprise des manifestations du Mouvement populaire, la rue redevient un théâtre d'expression politique de la société. Il reste, néanmoins, que les seules marches ne constituent pas un programme politique et encore moins une stratégie de prise de pouvoir par les authentiques représentants du peuple. Les dizaines de milliers d'Algériens qui ont battu le pavé à l'occasion du 2e anniversaire du Mouvement populaire et qui pourraient récidiver pour les prochains vendredis ne se donnent actuellement aucun autre moyen de contraindre le système finissant à partir.
Au regard des slogans qui n'ont pas du tout évolué entre 2019 et 2021, la périodicité hebdomadaire des manifestations et l'absence de toute structuration, il n'y a pas de raison d'entrevoir une autre évolution du rapport de force entre le pouvoir et la société. Chacun campe sur sa position et l'on voit mal le premier céder au plan «imaginé» par certains animateurs du Mouvement populaire qui consiste à mettre à plat l'Etat algérien pour en reconstruire un nouveau. Outre que cette approche est dangereuse pour la pérennité de la nation et ouvre la «boîte de Pandore», le mode choisi par les Algériens pour exprimer leur refus du système en place n'est pas de nature à provoquer un «choc historique», comparable à celui du 2 avril 2019 qui a vu la démission de l'ancien président de la République. Le pays n'est pas dans la même posture et de plus en plus de citoyens, même parmi les manifestants, n'adoptent pas cette solution.
Il reste deux autres options pour aboutir à la chute du système telle que revendiquée par certains leaders du Hirak. La désobéissance civile en est une. Mais les Algériens ont clairement montré leur aversion à pareille démarche et n'ont suivi aucun appel de cette nature. La seconde option consiste à mobiliser l'ensemble des Algériens, comme aux premiers jours du Mouvement populaire, pour surveiller, contrôler, voire encadrer les élections législatives et locales. Cette solution n'est pas évoquée au sein du Hirak et à chaque fois que l'un de ses animateurs la propose, il se voit vilipendé par les milieux radicaux jusqu'à son expulsion pure et simple de toutes les marches hebdomadaires. L'intolérance est invoquée par certains, mais ne faut-il pas s'interroger plus sérieusement sur ces «excommunions» du Hirak qui empêchent tout débat démocratique? La question est d'autant plus pertinente qu'on assiste en face, du côté des «résidus du système», à une volonté de saborder le prochain rendez-vous électoral pour maintenir leur domination sur les institutions élues de la République. Le système finissant qui se bat crânement pour sa survie, gagnerait à un large boycott du prochain scrutin législatif. Par divers moyens et grâce au contrôle, même partiel, qu'ils exercent sur certaines instances, les tenants dudit système travaillent à consacrer la rupture entre l'Exécutif et la société. Les exemples de pareilles pratiques sont nombreuses. Des excès de zèle de certains fonctionnaires, des abus à l'encontre de citoyens, jusqu'à l'insulte proférée à l'encontre de manifestants et des vérifications de papiers intempestives pendant les marches, sont autant de signaux, s'ils ne sont pas dénoncés et condamnés par l'autorité compétente, amènent à entrevoir une volonté de certaines parties difficiles à identifier, de saper les efforts du président de la République qui aspire à injecter du sang neuf dans les Assemblées nationale et locales. Lequel sang neuf est précisément présent au sein du Mouvement populaire. L'objectif de ces forces est d'écarter ces nouvelles énergies du champ politique, les laisser sur le terrain de la contestation de rue et, grâce au «réservoir électoral», dont disposent les forces «résiduelles» du système, ils seront garantis de placer une majorité de leurs hommes et femmes dans les institutions de la République. Sans vouloir étiqueter telle ou telle autre formation politique, l'on sait que les partis majoritaires de l'ancienne APN sont déjà sur les starting-blocks. Ils participeront avec leurs électeurs respectifs. Un fort taux d'abstention équivaut à leur victoire certaine. Le risque de revoir une APN aux mêmes couleurs que la précédente est de mise. Les jeunes et moins jeunes boycotteurs poursuivront leurs marches hebdomadaires, mais les institutions demeureront aux mains des «résidus du système». Lequel système se régénérera et dans quelques années, après que le Hirak se sera estompé, l'Algérie aura fait un tour à 360°. Tout cela parce que toute voix sincère et honnête appelant à une participation populaire massive aux prochaines législatives est étouffée dans l'oeuf.

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