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Un Etat social otage de la bureaucratie

La séance des réponses aux interpellations des députés permet d'estimer la grande disponibilité de l'Exécutif à renforcer autant que faire se peut la solidarité nationale. Benadberrahmane était donc forcément à l'aise sur le terrain des subventions, de l'allocation chômage et du logement social, notamment. Il a défendu un projet de loi de finances, disons-le, très à «gauche», pour utiliser l'expression consacrée sous d'autres cieux pour qualifier un positionnement politique proche des couches populaires et de la classe moyenne. La reconduction des transferts sociaux, les pincettes que prend l'Exécutif sur la redistribution des subventions et la volonté de rendre opérationnelle le plus tôt possible l'allocation chômage, constituent autant de balises qui éclairent d'une lumière socialisante la démarche de l'Exécutif. Très largement inspiré de la déclaration du 1er novembre 1954, la fonction sociale de l'Etat aura toujours été un principe immuable du fonctionnement du pays. Cette orientation à «gauche» est d'autant plus évidente qu'au moment où il fallait faire très attention aux dépenses publiques, en 2014, lors de l'effondrement du marché pétrolier, l'Exécutif n'a pas touché à l'ambitieux programme de réalisation de millions de logements et encore moins au soutien des prix des produits de première nécessité. En 2017, lorsque le Fonds de régulation des recettes s'est tari, l'Etat a pris le risque d'une planche à billets de plus de 6 000 milliards de dinars plutôt que d'opter pour une politique de grande rigueur budgétaire, comme le recommandaient d'ailleurs les experts du FMI et quelques économistes nationaux. La raison de ce qui pouvait être associé à une attitude aventuriste de l'Exécutif était on ne peut plus claire et répondait à la déclaration du 1er novembre qui insiste sur le bien-être du citoyen comme principal objectif de l'Etat algérien indépendant. Dans ce cadre, la mission des gouvernants est en même temps simple et très compliquée. Et pour cause, si l'essence de l'action politique est identifiée sans aucune nuance, l'atteindre et s'y maintenir relève de l'exploit quotidien, notamment lorsque les voyants économique et financiers virent au rouge. Cela pour dire qu'autant Benabderrahmane était à l'aide pour répondre aux députés sur la détermination de l'Etat de ne laisser aucun Algérien sur le bord de la route, autant son gouvernement devra trouver des solutions autres que la rigueur pour passer le cap difficile du moment et relancer efficacement la machine économique. Il reste que l'Exécutif est, pour l'exercice 2022, sauvé par le gong, en ce sens que la hausse des prix de l'or noir l'éloigne d'entrevoir des réponses non conventionnelles à la crise. Mais cette aubaine est loin d'être pérenne. D'où le casse-tête de l'Etat qui devra trouver des solutions hors des sentiers battus tracés par le FMI. Cela dit, au regard du formidable potentiel de l'Algérie, tant en matière industrielle qu'en ressources naturelles, le succès d'une relance, sans plan de rigueur, est très largement à la portée du gouvernement. Cela, ses experts le savent parfaitement et connaissent le moyen d'y parvenir. Il suffit de tordre le cou à la bureaucratie qui paralyse tout dans le pays. Cela passe par une série d'actions nécessaires identifiées, mais très mal mises en oeuvre. On peut en énumérer des dizaines. L'ensemble des départements ministériels en a conscience, mais peu passent à l'action.

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