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Modernisation de l’enseignement des langues

Un projet européen à l’université de Tlemcen

En plus du renforcement des compétences du personnel pédagogique, technique et administratif, le projet vise à développer les compétences linguistiques et interculturelles des étudiants par un enseignement de qualité.

Dans le cadre du processus d’internationalisation et de visibilité des universités algériennes, l’université Abou Bekr Belkaïd de Tlemcen vient de décrocher la coordination d’un projet totalement financé par la Commission européenne. Ce projet de type Erasmus + Cbhe (Capacity building in High Education «(Renforcement des capacités dans l’enseignement supérieur «) est généralement confié à une université européenne reconnue par ses compétences et son excellence et est difficilement confié à une université de la rive Sud. Le projet en question regroupe cinq universités algériennes (U.Ouargla, U.Biskra, U.Guelma, U.Béjaïa et l’Usto) et quatre universités de France, d’Italie, d’Espagne et de Turquie (U. Valenciennes, U.Roma, U.Sapienza, U.Santiago, U.Compostella et celle d’Istanbul). L’université de Tlemcen, partie prenante assurera le management total du projet. Le projet dit [email protected] qui tourne autour de la « modernisation de l’enseignement des langues dans les centres de langues des universités algériennes (Ceil) » a vu le jour grâce à la volonté et l’engagement de certains enseignants de l’université de Tlemcen et des universités partenaires et aussi grâce à la vision et la stratégie de la direction de l’université de Tlemcen. Une réunion du lancement (kick-off meeting) du projet a eu lieu dernièrement au niveau du pôle la Rocade dans la commune de Mansourah.
L’université de Tlemcen compte huit facultés, 38 départements et un institut des sciences appliquées. Elle est fréquentée par 36 997 étudiants encadrés par 1760 enseignants dont 214 hospitalo-universitaires.
Le projet s’inscrit dans la Politique nationale du renforcement de l’enseignement des langues à travers la création dans chaque établissement universitaire d’un centre d’enseignement intensif des langues (Ceil).
Le Centre d’enseignement intensif des langues (Ceil) de Tlemcen étant un centre pilote où toutes les langues, même rares y sont enseignées avec un personnel d’encadrement de rang magistral. Effectivement, dans ce projet, les Ceil se veulent être moteur de renforcement de l’enseignement des langues et du rapprochement interculturel dans le but de soutenir les universités algériennes dans le processus de la modernisation, de l’accessibilité et surtout de l’internationalisation de l’enseignement supérieur. Au départ, les langues choisies pour ce projet sont l’arabe, l’anglais et le français, mais la combinaison pourra être étendue à d’autres langues, puisque le turc, le chinois, l’allemand et l’espagnol y sont enseignés depuis une décennie.
Rapprochement interculturel
En plus du renforcement des compétences du personnel pédagogique, technique et administratif, le projet vise à développer les compétences linguistiques et interculturelles des étudiants par un enseignement de qualité basé sur l'approche intégrée, inclusive, flexible, innovante basée sur les nouvelles techniques d'information et de communication (Ntic).
à Tlemcen où la mobilité internationale a fait ses preuves, on parle de pédagogie interculturelle, qui va s'appuyer sur l'expertise avérée des universités européennes et surtout sur l'échange des bonnes pratiques entre les partenaires du consortium.
Ainsi, [email protected] prévoit la mise en place d'une plate-forme numérique (e-learning) et d'un enseignement à distance et modulable qui va permettre de réduire les contraintes de temps, d'espace et de distance, en aidant les apprenants, toutes catégories confondues, à suivre et achever leurs formations dans de bonnes conditions.
Ainsi, dans le cadre de ce projet totalement financé par l'EU, il va y avoir acquisition d'équipements technologiques, de la formation dans les pays partenaires du personnel académique et administratif et enfin l'échange de bonnes pratiques menant à l'acquisition de savoir-faire en langues étrangères et en techniques de recherche documentaire allant de la prise de notes, à la prise de parole en arabe, en français et/ou en anglais. à Tlemcen, l'espagnol n'est pas le parent pauvre, la langue espagnole est omniprésente avec un département et une formation LMD niveau licence, master, doctorat, formation appuyée
par le Centre culturel espagnol Cervantes d'Oran au même titre que l'Institut français de Tlemcen appuyant le département de langue française, département existant depuis la création du Centre universitaire de Tlemcen en 1974 et assurant les épreuves du Delf et du Dalf, diplôme français exigé par Campus France pour toute candidature à une inscription dans une université française.
L’arabe et le français
Le CCF de Tlemcen active depuis 1966 dans les locaux de l'ex-consulat de France à Tlemcen, rue commandant Djaber, à quelques pas de la célèbre place d'Alger et du Musée des manuscrits et de la calligraphie arabe. Ce dernier rayonne sur toutes les wilayas de la bande frontalière allant de Tlemcen à Tindouf, en passant par les Hauts-Plateaux avec un programme culturel riche et varié et un département de la langue française permettant aux étudiants d'acquérir les techniques de la rédaction française. Selon les responsables du rectorat en charge du projet, Boucherit Kébir, recteur et Megnounif Abdellatif, vice-recteur chargé des relations extérieures, ceci aura pour objectif dans l'immédiat la promotion du plurilinguisme et l'interculturel prônés par la Conférence internationale tenue à Tlemcen en septembre 2002, sous la thématique «pour une politique linguistique internationale fondée sur le plurilinguisme et la paix par les langues».
La conférence de Tlemcen organisée par l'université et la municipalité de la ville de Tlemcen était placée sous le haut patronage du président de la République, de l'Unesco et de la Ligue des Etats arabes avec l'Association «Le Monde bilingue» dont le professeur Jean-Marie Bressand est délégué général en résidence en France, université de Franche-Comté.
«Homme je suis, rien de ce qui est humain ne m'est étranger», disait déjà deux siècles avant notre ère, Térence, cet Africain romanisé, auquel répondra deux millénaires plus tard Albert Camus: «L'unité, ce n'est pas l'écrasement des différences, c'est leur respect.»
Ben Badis, le réformiste disait dans une déclaration dans le journal Echihab du 17 août1926 «Dans ce pays l'Algérie, il y a deux langues fraternelles à l'image de la fraternité et de la nécessaire union de ceux qui les parlent- pour le plus grand bonheur de l'Algérie-ce sont l'arabe et le français. Nous souhaitons que les autorités responsables et les personnalités disposant de moyens matériels et intellectuels puissent coopérer, afin de mettre sur pied un enseignement double franco-arabe, dont les fruits profiteraient à tout le monde. » Ce n'est pas sans fierté, que la capitale des Zianides, riche de son histoire, ouverte à la modernité a accueilli en 2002, cet évènement mondial à finalité politique car aujourd'hui en 2020, les autorités du ministère de l'Enseignement supérieur sont restées attentives aux conclusions des actes de cette rencontre en choisissant l'université de Tlemcen pour une politique linguistique mondiale, fondée sur le plurilinguisme en décrochant la coordination d'un projet européen et c'est une première dans le cadre de son internationalisation.Pour rappel, l'université de Tlemcen est liée à une quarantaine d'universités européennes, moyen-orientales, anglo-américaines et maghrébines par des accords interuniversitaires de coopération bilatérale. L'université reçoit en échange depuis plusieurs années des étudiants internationaux dans le cadre de la mobilité estudiantine
                                                                                                                                                                                                                                                                                                 Rachid BENKHENAFOU

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