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Le cadre de vie en dégradation ostentatoire et continue

Y a-t-il des présidents d'APC à Alger?

Les Algériens ont tendance à renvoyer tous leurs maux et vicissitudes au «régime» et au «système».

Une question sans réponse, qui se pose d'elle-même pour celui qui visite la capitale du pays, ces jours-ci. Rien n'indique au visiteur de la ville d'Alger, qu'il est dans la capitale de l'un des plus grands et prospères pays d'Afrique, et probablement même d'Europe. Ces dernières années, placés en mode révolution, les Algériens ont tendance à renvoyer tous leurs maux et vicissitudes au «régime» au «système», sans rien admettre. Une manière très facile et très réconfortante de se dédouaner de toutes responsabilités et rejeter, par la même, une quelconque influence ou rôle citoyen à jouer dans ce contexte. Du coup, la situation se dégrade à vue d'oeil, au détriment de la communauté, confrontée à d'innombrables difficultés quotidiennes. Ce qui renforce ce sentiment général de dégoût, de laisser-aller ambiant et d'injustice sociale...

Insalubrité et incivisme dans les ensembles de vie
Un constat malheureux et désolant qui renvoie à la responsabilité, tant des responsables et des élus locaux que des citoyens eux-mêmes versés dans l'indifférence et la complicité, parfois même. La première question qui nous vient à l'esprit en ces temps de crises, c'est «où est passée la conscience de ces Algériens (citoyens ordinaires, responsables et élus locaux), face à la dégradation ostentatoire et perpétuelle de leur cadre de vie?». Ni notre héritage civilisationnel séculaire ni notre religion et encore moins notre éducation en tant qu'Algériens fiers de leurs pays, ne nous dictent une telle passivité à l'égard de ce qui nous entoure, et ce qui régit notre quotidien.
Il y a quelques années révolues, on se rappelle ces périodes où presque en symbiose, on entamait nos opérations de lifting et de réhabilitation de nos maisons et de leurs devantures, comprenant peinture, ravalement de façades, nettoyages publics grandeur nature, à travers des opérations de volontariat citoyen organisées régulièrement dans les quartiers et cités des grandes villes. «Nous sommes connus par notre propreté et notre amour des choses salubres et la bonne hygiène...
Dans le temps ya wlidi, dans la majorité des villes, nous avions des artères et des trottoirs propres... Même les bus, mon fils, étaient des endroits propres, calmes, respectables et sécurisés... Les chauffeurs et receveurs vêtus tout en bleu et noir, ne vous parlent que pour vous renseigner... pas comme aujourd'hui. Le monde a bougrement changé, chez nous. Ailleurs, c'est toujours de mieux en mieux», note non sans grande amertume une vieille dame, rencontrée au sortir d'un immeuble, qui regrette l'Algérois d'antan. Remarquant l'appareil photo et les prises effectuées aux alentours de son immeuble, elle devinera vite qu'elle est en face d'un journaliste. Elle ne manquera pas de nous interroger sur le sujet, objet de ces prises de photos. Sitôt mise au parfum, elle ne s'arrêtera pas de fustiger les uns et les autres, mettant les habitants et les élus locaux dans le même panier. «En majorité, les gens sont devenus très sales. Et les responsables communaux n'ont plus peur comme avant... Ils font ce qu'ils veulent», s'insurgera-t-elle.

Des routes décapées attendent revêtement depuis plus d'une année
Il est loin ce temps où les camions étaient interdits de circulation au sein du tissu urbain de la capitale, en période diurne. Pis encore, des engins et des semi-remorques immenses avec containers arpentent les grands axes, et même les rues de la capitales sans aucun souci. Des riverains ont même vécu des situations totalement ubuesques, bloqués dans leurs véhicules, par des camions embourbés dans des ruelles, à quelques mètres de leurs domiciles. Cela se passe dans la capitale du pays. Ce n'est qu'un détail parmi tant d'autres, qui fâchent quotidiennement les citoyens. Une petite virée dans les différentes communes de la ville d'Alger, dévoile l'ampleur du chantier, en suspens dans la capitale algérienne. Elles sont plusieurs communes à vivre les mêmes situations, mais on ne citera que deux d'entre elles, pour des raisons évidentes. Il s‘agit de Bir Khadem et Kouba, qui nous semblent plus touchées par ce laisser-aller et ce laxisme criminel. C'est ahurissant. Les usagers des réseaux routiers de ces deux espaces urbains, n'en finissent plus de vivre le calvaire. D'abord, par la dégradation avancée et visible du réseau routier. Ensuite, par les congestions dues, en grande partie, à cet état du réseau routier. Aux vergers, pour ne citer que ce vaste quartier de la ville de Bir Khadem, c'est la catastrophe. Des rues et ruelles se trouvent depuis plus de deux années, voire même plus, dans un état de délabrement inqualifiable. Indigne d'une capitale comme Alger. Des axes routiers entiers ont été décapés, depuis plus d'une année, dans le cadre d'un programme de réhabilitation du réseau routier. Cependant, jusqu'à aujourd'hui, aucune opération de revêtement ou pose de tapis n'est visible. «Cela fait plus de huit mois et demi, peut-être même plus, qu'ils ont procédé à ces travaux de décapage de ces routes... Ils ne sont plus revenus depuis», nous confie un citoyen visiblement très remonté contre cette situation. À Kouba, c'est le même décor, avec des axes routiers défoncés, comprenant des nids-de-poules et des imperfections néfastes pour l'état des véhicules, qui les empruntent quotidiennement. Il s'agit des artères de Ben Omar, les frères Hamia, Vieux Kouba, Jolie Vue, etc. Il s'agit d'un grand décalage entre les grands investissements sectoriels consentis dans le cadre des programmes sectoriels et l'état des lieux d'une grande majorité des communes. L'état a investi de gros moyens et budgets dans la réalisation d'ouvrages d'art, de bretelles, de rocades, de trémies pour décongestionner et moderniser les réseaux routiers existants. Face à cela, les opérations de réfections communales et wilayales restent insignifiantes et négligables. La maintenance et la réhabilitation des voies de circulation et de servitudes accusent de graves carences, livrant le réseau routier à une dégradation sans précédent.

Des bus rouillés dans la capitale, une honte et un scandale
Cela sans compter ces ralentisseurs sauvages et non normalisés, l'absence de parkings, etc. Ajoutons à cette situation, l'incivisme des habitants de ces quartiers, les travaux de devantures de magasins, l'agression des trottoirs et de la voie publique, etc. Avec un réseau routier de 1 547 km constitié de routes communales, 286 km de routes de wilaya, 547 km de routes nationales et 280 km de voie express, la capitale est la première ville dans le pays, en la matière. Avec un parc roulant de 1,7 million de véhicules, selon l'Office national de la statistique (ONS), Alger vit de plein fouet les affres des embouteillages. Selon une étude de l'Ecole polytechnique d'Alger, «plus de 500000 voitures sont, quotidiennement, prises en moyenne dans deux heures d'embouteillage. Elles perdent l'équivalent de 500000 litres d'essence ou, encore plus grave en termes de pollution, de diesel. Ces émissions vont stagner dans l'atmosphère, causant au passage avec les autres gaz d'échappement des maladies (asthme, bronchite, allergies)». Plus d'une centaine de points noirs sont recensés sur le réseau routier de la capitale. Mais le plus important à ce niveau, ce n'est pas tant ces détails, au demeurant, qui peuvent être résolus et pris en charge dans le cadre de programmes sectoriels. Ce sont plutôt ces engins de la mort, ces bus rouillés et sales qui circulent dans le tissu urbain en toute quiétude. Des tas de ferraille sillonnant les principales avenues et artères commerçantes de la capitale. Si les responsables du transport, les patrons des bus et les usagers avaient une once de fierté et de jalousie pour leur pays, ils auraient refusé que des engins pareils circulent dans le tissu urbain de la capitale du plus important pays d'Afrique. En tant que citoyens de cette ville, et Algériens à part entière, nous considérons qu'il est regrettable que notre capitale, première et principale façade du pays soit gérée de cette manière. Il est malheureux aussi, de constater que les partis politiques, qui évoquent une réforme du Code communal, n'abordent jamais les chapitres relatifs à la démocratie participative ou encore, le renforcement et la réadaptation du dispositif législatif régissant l'organisation de l'espace urbain. Une sorte de retour aux normes civiques d'antan, à travers une charte civique urbaine. 

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