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Les perturbateurs du «vendredire» !

Depuis quatorze vendredis, des millions d’Algériens sortent dire leur ras-le-bol du système, alors que des jeunes sont...

Les magistrats de la première chambre correctionnelle d’Alger avaient un dossier relatif aux débordements du Hirak et concernant de regrettables opérations de racket, de vols et diverses agressions physiques, surtout à l’encontre des femmes.
Les policiers font leur travail et remettent les jeunes à la décriée justice qu’on accable de tous les maux. Jugés au tribunal de Sidi M’hamed-Alger, les auteurs des attaques contre les paisibles citoyens furent châtiés selon leurs actes. Comme la loi le permet, il y eut appel contre certains verdicts estimés lourds et embêtants. C’est pourquoi, ils montent d’Alger-Centre vers le Ruisseau où ils seront rejugés par le flegmatique, mais rigoureux juge de la cour. Abdenour Amrani est, en effet, rigoureux, mais courageux et juste. Ses conseillers, eux, sont là, veillant à ce que tout soit bien fait et régulier. Il est quinze heures et quelques minutes lorsque la greffière appelle à la barre les prévenus qui sont dans un état second, 17 Ramadhan, correspondant au 22 mai 2019. Les onze prévenus détenus s’installent dans le box des accusés sous le regard vigilant des agents de police.
Le principal inculpé se met de suite à raconter comment a commencé l’aventure ou si vous voulez, la mésaventure du vendredi ; il dit d’emblée à voix basse comme si quelqu’un jouait au voyeur :
«La fête avait débuté depuis longtemps déjà. Il ne se passait rien ! A part les chants, danses et autres slogans quand tout à coup, les coups commencèrent à pleuvoir, alors que c’était une marche pacifique. »
L’appel des prévenus se fait sans problème aucun, à part l’absence de trois prévenus libres. Ils auraient commis des dépassements sur les forces de l’ordre, troubles à l’ordre public, faits prévus et punis par les articles 407, 442 et 148 du Code pénal.
La première chambre correctionnelle d’Alger s’installe avec comme président Abdenour Amrani, et les conseillers Hadj Mihoub et Fouzia Saïm.
Le siège du ministère public est occupé par le discret Kamel Yessaâd qui saura répondre aux jeunes avocats qui ont plaidé avec une rage sans pareil qui a fait dire à l’un d’entre eux que « la France était un modèle en matière de justice et des droits de l’homme. » La réplique des magistrats ne se fit pas attendre et ils s’interrogeront si notre pays était donc « répressif » !
Les inculpés, par ailleurs très jeunes s’expriment bien. Visiblement, ils sont conscients des faits qu’ils ont ou n’ont jamais commis. Dans la salle d’audience, des mamans donnent la nette impression qu’elles étaient là pour rentrer chez elles, le fiston à la main.
Un inculpé évoque la torture que les policiers ont pratiquée à son encontre. Il n’a pas parlé d’autres copains malmenés. Un autre détenu jure qu’il n’a pas levé la main sur le flic. Bizarrement, ils s’expriment calmement, sans gestes inutiles, sans crier, sans menaces, sans s’emporter, surtout que le président, fidèle à sa démarche, a fait que l’interrogatoire ne soit pas le motif de rébellion. C’était un interrogatoire de classe, civilisé, court, pas lourd ni agaçant. Une question, à la rigueur deux, puis retour au box. L’atmosphère est bon enfant.
Les flics, eux sont disséminés un peu partout dans la salle où règne une ambiance impeccable. Kamel Yessaâd, lui, se contente de réclamer les demandes du parquet de Sidi M’hamed-Alger.
Après le traditionnel prononcé du dernier mot, le juge annonce la mise en examen de l’affaire qui, vue de près, ne semble pas en être une !

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