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Venezuela

«Contacts» et négociations tous azimuts pour résoudre la crise

Négociateurs de l’ombre, «divisions internes» et «calculs» : les «contacts» entre Washington et des membres du gouvernement de Nicolas Maduro sont opaques et les sujets abordés globalement inconnus, mais ils montrent que la crise vénézuélienne est entrée dans une phase de négociations tous azimuts.»Toutes les parties — le gouvernement Maduuro, l’administration Trump et l’opposition menée par Juan Guaido — se dirigeent vers un accord pour mettre fin à la crise et avancer vers une transition», résume Michael Shifter, président du Dialogue inter-américain, un centre de réflexion basé à Washington. Mais ces négociations ne se limitent pas au dialogue entrepris depuis le mois de mai entre le gouvernement vénézuélien et l’opposition. Mardi, le président américain a révélé que des «contacts» «à très haut niveau» existaient entre Washington et «plusieurs représentants du Venezuela». En revanche, motus sur l’identité des protagonistes. Son homologue Nicolas Maduro, qui nourrit une haine tenace à l’égard de Donald Trump, s’est alors empressé de «confirmer» que ces contacts existaient «depuis des mois» et qu’ils se déroulaient avec son «autorisation expresse». Un dialogue aurait-il vu le jour entre l’administration Trump et le régime de M. Maduro qu’elle ne cesse de dénoncer ? Le lendemain, le faucon John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, a mis les choses au point. Il a expliqué que les négociateurs vénézuéliens avaient pris langue avec Washington «dans le dos de Maduro» et qu’ils «ne parlent que de son départ et d’élections libres». Autrement dit, deux revendications... du chef de file de l’opposition Juan Guaido, qui tente de chasser Nicolas Maduro du pouvoir depuis janvier. Alors, qui, au sein du camp Maduro, parle à l’administration Trump? Selon plusieurs médias, il s’agirait du président de l’Assemblée constituante et incontournable du système chaviste, Diosdado Cabello. Il n’a ni confirmé ni infirmé. Washington, s’est-il écrié, «pense pouvoir nous diviser avec des ragots». Mais, selon Michael Shifter, «il y a des divisions internes au sein des gouvernements de Trump et de Maduro». «Certaines factions, qui se livrent bataille pour le pouvoir, envoient des messages souvent contradictoires «, ajoute-t-il. Les états-Unis ne cessent de renforcer leurs sanctions économiques et leur pression pour pousser Nicolas Maduro vers la sortie. Mais Juan Guaido, depuis qu’il s’est autoproclamé président par intérim et a été reconnu comme tel par une cinquantaine de pays dont les états-Unis, n’est toujours pas parvenu au palais de Miraflores. Des négociations entre l’opposition et le gouvernement ont lieu depuis le mois de mai sous l’égide de la Norvège, mais le 7 août, Nicolas Maduro a suspendu la participation de son camp lorsque l’administration Trump a annoncé de nouvelles sanctions contre Caracas. Ce dialogue pourrait reprendre la semaine prochaine, selon une source au sein de l’opposition. Et d’après un député de l’opposition, les émissaires du gouvernement sont prêts à accepter une présidentielle anticipée «en échange de la levée des sanctions. Mais les Etats-Unis ne vont pas accepter tant que Maduro sera au pouvoir». «Maduro n’a plus d’argent», explique Luis Salamanca. Et le haut-commandement militaire, pilier du système politique vénézuélien, «fait ses calculs». Ce qui frappe, c’est aussi que l’administration Trump a directement repris la main dans les négociations, suggérant en filigrane que sa confiance dans la capacité de Juan Guaido à chasser Nicolas Maduro s’amenuise.

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