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Sortie de crise politique

Benflis plaide pour «un mandat de transition»

«La mise en place d’une constituante aggravera la situation actuelle (…) et partant fera perdurer la crise.»

Dans une contribution publiée jeudi par le quotidien El Khabar, le président du parti Talaïe El-Hourriyet, Ali Benflis, a défendu l’option d’«un mandat présidentiel de transition». Il a estimé que «la tenue de l’élection présidentielle constituait la voie la moins longue, la moins coûteuse et la moins risquée pour la stabilité et la pérennité de l’Etat national pour sortir de la crise politique que traverse le pays».
«L’évolution des évènements a dépassé la polémique autour des solutions, constitutionnelle et politique, en imposant leur conciliation, avec la poursuite des appels pour la mise en place d’une Assemblée constituante et la convocation d’une élection présidentielle, à travers un mandat présidentiel de transition», a-t-il écrit. Aux yeux du candidat malheureux des présidentielles de 2004 et 2014 «si toutes les conditions sont réunies pour sa réussite, cette élection peut représenter une solution pour la sortie de crise, estimant, néanmoins, que la mise en place d’une Assemblée constituante aggravera la situation actuelle sur les plans politique, institutionnel et constitutionnel, et partant fera perdurer la crise».
«L’option de la présidentielle n’est pas remise en cause et pourrait favoriser le règlement de la crise, en quelques mois, pour se consacrer, dans l’immédiat, aux grands défis que le pays doit relever à court terme», a-t-il fait observer. Pressé d’aller aux urnes, il a poursuivi qu’«en optant pour la constituante, nous devrions attendre plusieurs années, alors que le pays nécessite une solution rapide avant qu’il ne soit trop tard, soit avant l’aggravation des crises politique, économique et sociale». «Comparée à la constituante, la présidentielle demeure la voie la plus efficace pour épargner au pays les problèmes induits par la crise actuelle et son éventuelle aggravation », a-t-il réitéré. Il a appuyé que « l’option de la constituante est certes présentée sous un aspect démocratique, mais renferme en réalité une série de contraintes et de divisions pouvant compromettre la pérennité de l’Etat national».
«La difficulté de former une instance présidentielle chargée de convoquer cette constituante pour l’élaboration d’une Constitution avant la présidentielle, le fait que l’organisation de l’élection pour la constituante pourrait prendre des années», sont autant de «difficultés» pouvant entraver cette option selon l’ex-chef du gouvernement.
Parmi ces obstacles, il a cité, en outre, «la difficulté de voir émerger une majorité politique au sein de l’Assemblée constituante et partant la difficulté de choisir un Premier ministre et convenir sur la composition du gouvernement, en sus des différends qui peuvent naître autour de l’élaboration de la Constituante, des différends pouvant donner lieu à un conflit de légitimité avec des dangers aux répercussions imprévisibles». Pour lui, «le désaccord autour de l’Assemblée constituante et la présidentielle en tant qu’issue de la crise est une question d’ordre des priorités et le choix du cadre le plus approprié pour leur réalisation». Il a ajouté, dans ce cadre, que «l’élection présidentielle permet d’agencer ces priorités et le mandat présidentiel de transition fournit le cadre approprié pour concrétiser ces priorités sur le terrain».
«Le traitement de cette crise exceptionnelle qui entame son sixième mois exige un effort important, partant du fait que cette crise s’est développée, pris de multiples dimensions…», a-t-il affirmé. Pour lui «la polémique autour de la terminologie, des concepts (…) s’est vu accorder un temps plus important que celui consacré à l’essence de la crise…».

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