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Congrès de la Soummam du 20 août 1956 et mouvement populaire du 22 février 2019

La jonction de l’Histoire

Sa commémoration offre l’occasion de promouvoir un discours rassembleur qui fait de l’unité de la nation un des édifices de cette Algérie qui reste à construire.

La date du 20 août symbolise un double anniversaire. Celui de l’insurrection du Nord- Constantinois en 1955 et du congrès de la Soummam en 1956. Elle portera cette année l’empreinte d’un Hirak, un mouvement de contestation populaire historique né des marches du 22 février qui se veut l’héritier direct de ceux qui avaient dessiné les contours de l’Algérie indépendante : Abane Ramdane et Larbi Ben M’hidi, « architectes » de cette Algérie dont se réclame la génération d’aujourd’hui et qui a fait le serment de faire aboutir leur projet contrarié. Les étudiants qui marcheront pour le 26e mardi consécutif en feront assurément leur étendard. Un événement qui sera sans doute reproduit grandeur nature lors de la prochaine marche du Hirak, ce vendredi, qui aura à coeur de porter au front la plate-forme de la Soummam, cette flamme révolutionnaire qui l’anime depuis 6 mois. Pour se projeter dans cette Algérie démocratique dont ont rêvé leurs aînés, qui est encore en gestation. Cette Algérie détournée du cours de l’histoire que lui avaient tracé Abane, Ben M’hidi et leurs compagnons de lutte. Et c’est pour reprendre le cours de ce lit qui l’a éloignée des objectifs de justice sociale, de liberté d’expression pour la fourvoyer dans des affaires de corruption, de dilapidation des deniers publics insoupçonnées que les étudiants battront le pavé. Leur détermination, celle du Hirak, sont inoxydables. Leurs victoires retentissantes. Elles ont mis fin au cinquième mandat et obligé l’ex-président de la République à la démission.
La célébration du 20 Août 1956, de celui de la naissance de la plate-forme de la Soummam leur donnera, surtout, l’occasion de promouvoir un discours rassembleur qui fait de l’unité de la nation un des édifices de cette Algérie qui reste à construire pour rendre justice à ceux qui en ont jeté les fondements. A ceux qui ont fait tonner la poudre d’intelligence des maquis.
20 Août 1955 - 20 Août 1956. Deux dates qui symboliseront à elles seules le fabuleux parcours d’une révolution unique dans le monde.
Un parcours tracé par des hommes jeunes à peine sortis de l’adolescence pour un certain nombre d’entre eux. Comme seule l’Algérie sait enfanter.
Des noms vont marquer de manière indélébile ces dates charnières d’une révolution qui convulsait. Elle n’avait pas encore bouclé sa première année. Le Nord- Constantinois, un des berceaux de la révolution, risquait l’asphyxie sous la pression d’un important dispositif militaire français. Il fallait desserrer l’étau. Démontrer à l’ennemi, puis au monde, que l’insurrection du 1er Novembre 1954 n’était pas qu’un feu de paille et prouver la détermination du peuple algérien de se libérer de la domination coloniale française. Zighoud Youcef mènera la contre-offensive le 20 août 1955, il y a 64 ans. L’enfant de Condé Smendou allait s’imposer comme un fin stratège de la lutte armée et un baroudeur sans peur et sans reproche. L’opération qui sera planifiée durant plusieurs mois restera comme un des hauts faits d’armes de la Révolution algérienne. Elle portera l’empreinte d’un de ses plus prestigieux héros, d’une de ses figures les plus attachantes. Une bouffée d’oxygène pour la révolution qui, une année plus tard, jour pour jour, aura un second rendez-vous, et non des moindres, avec l’Histoire. 20 Août 1956. A Ifri Ouzellaguen (wilaya de Béjaïa) se tient le congrès de la Soummam. C’est là que seront dessinés les contours du futur Etat algérien. Deux hommes s’y attellent. Abane Ramdane en sera « l’architecte » alors que Larbi Ben M’hidi présidait la réunion en présence de hauts responsables militaires. Deux hommes, deux héros parmi les plus précieux de la révolution, parmi les plus attachants, qui connaîtront le même sort : ils seront tous les deux assassinés. Ben M’hidi torturé, martyrisé par l’ennemi, Abane par les siens. Deux hommes, une trajectoire : l’amour de l’Algérie jusqu’à en mourir.
Une fin tragique qui a stoppé net un rêve inabouti. Comme pour Kateb et Issiakhem qui ont été les jumeaux de Nedjma, en Larbi Ben M’hidi et Abane Ramdane la révolution algérienne aura tenu les siens. Ils ont un point en commun : ils nous ont légué une Algérie en gestation...Concrétiser leur projet ne reviendrait qu’à leur rendre justice, honorer leur mémoire.

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