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Rejeté par le Hirak, les partis, le panel et confronté à une grave crise financière

Un gouvernement «encerclé»

Il faut reconnaître que Noureddine Bedoui aura toutes les peines du monde à retourner la situation en sa faveur.

La rentrée sociale s’annonce explosive. L’Exécutif est incontestablement sur une poudrière. Vit-il pour autant ses derniers moments ? Vu la pression qui est exercée pour provoquer son départ, ses jours sont en principe comptés. Rejeté par le mouvement de contestation populaire qui le perçoit comme un des derniers symboles hérités du système incarné par l’ex-président de la République, par la classe politique qui a fait de sa démission un préalable à l’organisation de l’élection présidentielle pour sortir de la crise politique provoquée par la démission de l’ancien chef de l’Etat, confronté à une crise financière dévastatrice qui risque de s’exacerber avec la situation précaire des travailleurs des entreprises dont les patrons sont sous les verrous, le gouvernement se retrouve dans un chaudron. Des milliers d’emplois sont menacés par cette situation inédite alors que les salaires des travailleurs n’ont pas été versés depuis plusieurs mois. Les comptes de leurs sociétés ont été bloqués suite à l’emprisonnement de leurs DG pour corruption. Le gouvernement a promis de nommer des administrateurs pour débloquer la situation qui bute vraisemblablement sur sa faisabilité. En témoigne la lettre adressée par les chauffeurs de bus de l’entreprise Tahkout au Premier ministre. Dans cette missive rendue publique, hier, ils indiquent qu’ils risquent de ne pas assurer le transport, quotidien, de plus d’un million d’étudiants, faute de ne pouvoir faire face à certaines charges : carburant, assurance… La rentrée universitaire s’annonce très chaude et les étudiants qui constituent un des fers de lance du Hirak vont, dans ce cas-là, monter, incontestablement en puissance. Des ingrédients qui portent en eux de la nitroglycérine. D’autant plus que la situation économique du pays n’est guère reluisante. Et ce n’est certainement pas le niveau actuel du prix du baril, moins de 60 dollars, qui risque de déblayer un terrain particulièrement miné. L’économie nationale continue d’être portée par ses exportations d’hydrocarbures qui lui assurent l’essentiel de ses revenus en devises. Les réserves de changes fondent comme neige au soleil, moins de 73 milliards de dollars. Les importations avec plus de 40 milliards de dollars constituent une saignée pour le pays alors que les exportations hors hydrocarbures peinent à atteindre les 3 milliards de dollars. Une conjoncture qui l’a plongé dans une crise financière aux relents dévastateurs. Le déficit commercial s’est creusé, les revenus pétroliers se sont amenuisés avec la baisse des cours de l’or noir, annonciateurs de lendemains qui déchantent. La rentrée sociale ne se présente pas sous les meilleurs auspices. Elle court le risque d’être exacerbée par des mouvements de protestation directement liés au pouvoir d’achat laminé par une flambée des prix généralisée. Les salaires n’ont pratiquement pas été augmentés depuis les fameuses revalorisations de 2008. Il faut ajouter à cela un mouvement de protestation exceptionnel qui a promis de revenir plus fort que jamais et d’occuper la rue tous les vendredis comme c’est le cas depuis le 22 février jusqu’à la satisfaction de ses revendications : faire tomber le gouvernement en priorité. Il faut reconnaître que le patron de l’Exécutif, qui ne joue pas sur du velours, aura toutes les peines du monde à retourner la situation en sa faveur. Cela relèverait pratiquement du miracle ! La mission est impossible. Ses ministres ne sont pas maîtres du jeu. Ils sont chassés par des citoyens en colère à chacune de leurs visites, de travail, à travers le territoire national. Cette impopularité qui a compromis dés le départ leur mission a provoqué une fracture irréversible entre les Algériens et le gouvernement. Ebranlé par le limogeage spectaculaire de l’ex-ministre de la Justice et la démission de la ministre de la Culture, suite au drame provoqué par la bousculade qui a fait cinq morts lors du concert du chanteur Soolking, en l’espace de moins d’un mois il a fait étalage de toute sa fragilité.
Le gouvernement de Noureddine Bedoui a les pieds et les poings liés. La rentrée sociale porte en elle les sirènes de sa «reddition». Verdict dans quelques jours…

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